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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 00:00
Source : dans Le Monde du samedi 27 mai 2000, page 20, est paru un article intitulé : "Ne bourrez pas les enfants de psychotropes !"

Sous la signature de :
Claude Bursztejn, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université Louis-Pasteur de Strasbourg.
Jean-Claude Chanseau, pédopsychiatre et président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent.
Claudine Geissmann-Chambon, pédopsychiatre-psychanalyste et présidente de la Fédération française de psychothérapie psychanalytique de l'enfant et de l'adolescent.
Bernard Golse, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université René-Descartes-Paris-V.
Didier Houzel, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université de Caen.

Voici ci-dessous reproduite la conclusion - édifiante - de cet article-manifeste :

(...) « nous souhaitons affirmer les positions suivantes, assurés d'exprimer ici les idées de la majorité des psychiatres d'enfants et d'adolescents de notre pays :

- les enfants méritent mieux qu'une approche seulement médicamenteuse de leurs troubles et de leurs difficultés psychiques ;

- une évolution dans ce sens de la pratique pédopsychiatrique ne saurait constituer en soi un critère de modernité. Le réductionnisme opératoire ne peut en rien être comptabilisé comme un progrès de la pensée, ni de la qualité des soins offerts aux patients et nous nous inscrivons en faux contre l'idée que toute référence à la complexité de l'être humain et de sa souffrance serait à mettre au rang des accessoires démodés 

- les développements de la psychiatrie du bébé et de la psychiatrie périnatale nous incitent à une particulière vigilance quant à l'utilisation des chimiothérapies à ces âges ;

- les enfants et leurs familles ont droit à une approche pluridimensionnelle des troubles psychopathologiques et psychiatriques. La prescription de psychotropes peut y trouver sa place, mais une place non exclusive, prudente, modérée et qui soit clairement inscrite au sein d'un projet thérapeutique global et cohérent. Faute de quoi, c'est la population entière qui se verra brutalement spoliée des multiples acquis en matière de troubles mentaux de l'enfance et de l'adolescence, acquis issus des approches phénoménologiques, psychanalytiques, sociologiques, transculturelles...

Le caractère quelque peu abrupt de ces lignes se trouve justifié, à nos yeux, par les dangers qui s'accumulent aujourd'hui quant à l'avenir de la pédopsychiatrie, c'est-à-dire quant à l'avenir de la croissance psychique des enfants auxquels nous devons assistance et soin dans le respect de leur dignité. »

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