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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 13:25


Il faut que je vous parle d'un livre important, lumineux.

Je n'ai rien "appris" via ce bouquin que je ne savais déjà au fond de moi-même, mais l'auteure a su mettre en mots et en idées claires ce que je sentais si fortement au fond de moi sans bien savoir comment le conceptualiser.

Je vous conseille donc, sans restriction, la lecture de

"L'esprit de solitude" de Jacqueline Kelen.


Je vous livre le quatrième de couverture :

"Pour la plupart des contemportains, la solitude est ressentie de façon négative : on la confond avec l'isolement, le manque, l'abandon. Et la société veille à empêcher que l'être humain ne se retrouve seul, face à lui-même. Or, la solitude choisie est loin d'être un enfermement, une pauvreté : c'est un état d'heureuse plénitude. Non seulement parce qu'elle offre la clef de la vie intérieure et créative, mais parce qu'elle est disponibilité et chemin d'apprentissage de l'amour. Il n'est pas de liberté de l'individu sans ce recueillement de la pensée, sans cet ermitage du coeur.

Pourquoi tant de philosophes, d'artistes, de saints et de mystiques furent-ils de grands solitaires ? Quelle force, quelle inspiration puisèrent-ils dans une vie d'austère apparence ? Et pourquoi notre monde lutte-t-il avec tant d'ardeur contre un état propice à la connaissance de soi ? Spécialiste des mythes, auteur entre autres de "Divine Blessure", Jaqueline Kelen invite ici chacun à découvrir son immense liberté."


Attention, qu'on ne se méprenne pas, ce livre ne fait pas l'apologie de la vie solitaire, et n'encourage pas chacun à vivre en ermite ou à atteindre la sainteté par une vie de réclusion, bien au contraire ! Il nous fait simplement découvrir que la première richesse est en nous, que l'on ne peut aller vers l'autre avec plénitude et sérénité qu'à partir du moment où l'on se sent en paix avec soi-même. Et cette connaissance de soi, cette paix ne s'acquièrent que par l'acceptation de cette intimité indispensable avec soi-même, dans le silence et la discrétion.

Extraits :

"La solitude représente l'épreuve majeure de l'existence humaine. Autrement dit : l'épreuve grâce à laquelle un exemplaire de l'espèce humaine va se constituer sujet, grâce à laquelle un être immature va devenir majeur. Lorsque je dis "épreuve", cela signifie : rencontre, porte, invitation à se connaître, à surmonter le difficile.
Ou bien je reste devant la porte à déplorer ou à ressasser, ou bien j'entrouvre la porte, je franchis le seuil et je découvre un espace inexploré, nouveau, en moi et autour de moi. Je me surprends moi-même, je m'étire et m'ébroue au-delà des lisières qui attachaient mes premiers pas d'enfant."


"Libre de tout pouvoir et de toute dépendance, le solitaire sait être heureux sans attendre l'approbation d'autrui. Il a conscience que les jours passent vite, qu'il ne faut pas remettre à plus tard d'aimer, de rire, de connaître, de bâtir. Il se tient volontiers à l'écart d'un monde où règne le cynisme, où s'oublie la ferveur. Il ne se dissout pas dans le genre humain ni dans une vague génération, mais il a le sens de l'amitié - relation d'égalité par excellence - , il favorise les rencontres désintéressées, il aime les personnes avec lesquelles il peut aussi bien se taire que converser. Et il apprécie autant la présence d'un chat, d'un arbre, d'une pierre, que la compagnie des hommes, car tout a valeur a ses yeux. Il se moque bien de plaire ou d'avoir raison. Ce qui lui importe surtout est de ne pas s'avilir, de ne pas abjurer. Ce qu'il déteste le plus a nom insignifiance."


Bref ... si ces passages vous parlent, je vous laisse le bonheur de découvrir le reste par vous-même. Cela vaut la peine, vraiment.

Je vous mets également en lien une interview de Jacqueline Kelen sur laquelle je viens de tomber. Intéressant à découvrir avant de se décider à acheter le bouquin, éventuellement :

Interview Jacqueline kelen
(cliquer sur "Emission" en haut à gauche de l'image)

Allez, pour le plaisir aussi, quelques extraits de l'interview :

"La place que chacun accorde dans sa vie à la solitude et au silence reflète exactement la place qu'il accorde à son âme, à sa vie intérieure"

"Tant qu'un être humain se questionne, il ouvre l'espace devant lui, il marche ! Les certitudes sont aussi des servitudes. Plus on va à l'intérieur de soi, plus le paysage s'ouvre".

"La parole de l'esprit est celle qui dit que tout est possible, même au fond du désespoir".



Et en dernier lieu, un lien que j'ai découvert par hasard sur le sujet de la solitude, traitée dans le même esprit : Un temps de solitude


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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 23:36


Voici un texte de Jacques Salomé que j'aime beaucoup. Je vous le fais partager.

 



"Quand je te demande de m'écouter !


Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.

Quand je te demande de m'écouter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes  quand tu tentes de m'expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressé.

Quand je te demande de m'écouter et que tu t'empares de ce que je dis pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème, aussi étrange que cela puisse paraître, je me sens parfois encore plus en perdition.

Si tu veux faire pour moi, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation et peut-être renforces-tu ma dépendance.

Quand je te demande ton écoute, je te demande d'être là, au présent, dans cet instant si fragile où je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiétante, injuste ou chaotique. J'ai besoin de ton oreille, de ta tolérance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger.

Oui simplement m'écouter... sans excusation, ni accusation, sans dépossession de ma parole, sans tentative d'appropriation de ce que je te dis.

Écoute, écoute-moi quelquefois !

Tout ce que je te demande, c'est de m'écouter. Au plus proche de moi.

Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j'essaie de me dire car c'est cela le plus difficile.

Ne m'interromps pas dans mon murmure, n'aie pas peur de mes
tâtonnements ou de mes imprécations. Mes contradictions comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi. Je ne me sers pas de toi, mais c'est vrai, j'ai besoin de toi à ce moment-là.

Par ton écoute, je tente de dire ma différence, j'essaie de me faire
entendre surtout de moi-même. J'accède ainsi à une parole propre, à une parole mienne, celle dont j'ai été longtemps dépossédé.

Oh non ! Je n'ai pas besoin de conseils ou de rassurances dans ces
moments-là! Je peux agir par moi-même et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent.

Quand je me sens écouté, je peux enfin m'entendre.

Quand je me sens écouté, je peux entrer en relance. Établir des ponts,
des passerelles, certes incertains et fragiles entre mon histoire et mes histoires, mais j'avance.

Je peux relier des événements, articuler entre elles des situations,
donner du sens à des rencontres ou simplement accepter mes émotions.

Dans la trame de mes interrogations, tisser ainsi l'écoute de ma vie.
Oui, ton écoute peut être passionnante

S'il te plaît écoute et entends-moi.


Et, si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant, que je
puisse terminer et je t'écouterai à mon tour, mieux, surtout si je me suis senti entendu dans cet espace de moi plus ouvert à toi."
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