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Et si on imaginait une politique sociale de la famille, où les priorités et les lois seraient au service de l'être humain, et non du mercantilisme et de la surconsommation pathologique ?

Et si, dans notre société de folie, on inversait nos valeurs, afin de rendre à l'humain sa place ?



Saviez-vous qu'en Norvège, les salariées
et les indépendantes ont le choix entre un congé parental de 52 semaines, avec compensation du revenu à hauteur de 80%, ou un congé parental de 42 semaines, avec compensation du revenu à 100%., que 29 semaines du congé parental peuvent être utilisées au choix par le père ou par la mère. 
Et que de plus, un système de  "compte épargne-temps"  permet aux parents de ne pas utiliser toute la période de congé en une fois, mais de la capitaliser et de l'étaler sur une période de deux ans maximum ?

En Belgique, les mères salariées et les enfants on royalement "droit" à 15 semaines de congé de maternité subsidié, et les indépendantes ... 3 semaines !
Ne parlons pas des pères, ces pourvoyeurs de moyens de subsistance, qui doivent se contenter de ... 10 jours de congé de paternité ! :-(

Pourquoi une telle disparité ? Qu'est-ce qui justifie ces différences invraisemblables ? Pourquoi ces politiques "enfants non-admis" qui transforment les humains en citrons pressés ?

 Ceci causant cela, toujours en Norvège, le taux d'allaitement est de 90% à 3 mois, 78% à 6 mois et encore 31% à 12 mois (chiffres de 1999, Gro Nylander, congrès des Consultantes en lactation, Bâle, 2002), alors qu'il n'est en Belgique que de 70 % à la naissance, chute à 25% à 3 mois et à 10% à 6 mois, et encore ne s'agit-il que d'un allaitement partiel, l'allaitement exclusif ou prédominant ne durant en moyenne que 7 semaines. A 12 mois, n'en parlons même pas, allaiter relève de la marginalité pure.
 (voir : http://www.vbbb.be/BelgianCodeImplementationFR.pdf)

 Bien sûr, comment envisager un allaitement long quand on ne dispose que de 14 semaines post-accouchement, et d'aucune politique d'encouragement à l'allaitement sur le lieu de travail ?

Cherchez l'erreur ...

Qu'est-ce qu'une société qui trouve anormal d'octroyer un salaire au parent qui déciderait de rester au foyer près de son ou ses enfants, mais qui déplore en même temps que nombre de jeunes soient de plus en plus en perte de repères à cause d'un manque "d'encadrement familial" ?

Qu'est-ce qu'une société qui privilégie la productivité au facteur humain ? Qui encourage à parquer les enfants "en garde" dès leur plus jeune âge afin de retourner produire au plus vite.
 Une société où on entend un député néolibéral canadien à la vue courte (Mr Migué)  déclarer, à propos de l'idée d'instaurer un revenu parental : "qu’avoir une famille est un choix. Un enfant n’est pas un bien social et ne rapporte rien à la société».  ?!

Qu'est-ce qu'une société qui discrédite la famille et la fonction fondamentalement constructrice de la mère ou du père au foyer, au profit d'une société formée d'individus isolés, lancés dans une course à la production et la consommation toujours plus enfiévrée ?
Quelles valeurs transmettons-nous ainsi à nos enfants ??

Qu'est-ce qu'une société qui, grâce à la merveilleuse révolution contraceptive et abortive, comptera dans quelques décennies tellement de vieux que c'en sera sinistre, et financièrement ingérable ? 
Et où un couple qui dispose aujourd'hui de deux salaires, qui n'a pas d'enfants (ou n'en a qu'un seul) disposera demain de deux retraites payées par les enfants de celle (la mère au foyer qui a eu plusieurs enfants), qui par une aberration des lois n'y aura pas droit ?!!

Pourtant la famille joue, ou devrait jouer, un rôle capital au sein de notre société, et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que c'est dans la famille que l'enfant reçoit l'amour et la stabilité nécessaires à son développement psycho-affectif. C'est là, avant tout, qu'il va se structurer. La famille en tant que première micro-société au sein de laquelle nous devons apprendre à vivre, est en quelques sortes le révélateur, par anticipation, de la société de demain. C'est elle, d'abord et avant tout, qui fait ou défait les êtres humains. En toute logique, les familles sont généralement à l'image des parents qui la constituent.

Jusqu'ici force est de constater que les restructurations profondes de l'économie ont entraîné de considérables changements dans l'organisation du monde du travail, sans que jamais la famille, en tant que telle, ni les conditions de son épanouissement n'aient été prises en considération.

Pour le monde du travail, l'enfant est une gêne : sa naissance, son existence, son développement requièrent du temps et des soins, ce qui est considéré comme un handicap pour un parent salarié, la mère surtout. Alors le monde du travail exerce une forte pression sur les pères afin qu'ils s'investissent tout entiers dans leur emploi, quitte à ne remplir auprès de leurs enfants que le rôle de pourvoyeurs ; et il demeure méfiant envers les mères, surtout si elles ont plusieurs enfants : elles ont du mal à trouver un emploi, à le conserver et à développer une carrière.

Et hors du monde du travail, si on choisit de s'en abstraire pour s'occuper de ses enfants en bas âge, on n'est plus rien, on perd tout statut social, tout accès à une revenu quelconque, et tout intérêt aux yeux de la frange "active" de la population. 

Le plus paradoxal et le plus choquant restant cela : s'occuper d'enfants, si ce ne sont pas les nôtres, et si l'on est payé pour cela, c'est considéré comme un métier utile et valorisant.
Mais s'occuper d'enfants, si ce sont les nôtres, et qu'on le fait donc gratuitement, cela devient subitement une activité qui perd tout intérêt et toute valeur sociale, pire même : ça peut être nuisible, étant donné qu'on empêche l'enfant de se socialiser dans les merveilleuses crèches dont le personnel - formé et rémunéré - est bien plus à même que nous d'éduquer nos enfants.

En somme, si un enfant devient un délinquant, c'est forcément la faute des parents, mais s'il devient quelqu'un de "bien" selon les valeurs en cours actuellement, c'est forcément malgré eux ...

Ce refus de prendre en compte la famille est responsable de paradoxes absurdes que nous observons de manière quotidienne :

- de très nombreux chômeurs d'un côté et beaucoup de parents absents de leur domicile entre 40 et 50 heures par semaine de l'autre côté;

- des femmes considérées à 45 ans comme trop âgées pour travailler alors que leurs grands enfants leur demandent moins de temps d'un côté;

- des jeunes mères ou pères qui voudraient bien pouvoir remplir leur rôle de manière complète, en restant près de leurs enfants pendant les premières années, mais ne le peuvent pas, sous peine d'une trop grande précarisation de leur conditions de vie.

- de jeunes mères de 25-30 ans contraintes de tout faire à la fois, à raison de semaines de 75 heures de travail réel, sans être sûres de tout bien faire de l'autre;

- des pères-cadres dont les semaines sont dévorées par le travail et qui ne participent pas à l'éducation de leurs enfants d'un côté;

- des mères isolées qui ne parviennent pas à trouver un emploi de l'autre, etc.

Sommes-nous devenus fous ?

Françoise Jeurissen - Mai 2004

 

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Published by Tinuviel - dans FAMILLE ET SOCIETE