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9 septembre 2005 5 09 /09 /septembre /2005 00:00


Bon, en matière d’amélioration de notre  « empreinte écologique », c’est-à-dire entre autres une réduction drastique des déchets que nous relâchons dans notre environnement, il existe un domaine vachement lourd et rarement discuté : le cycle féminin et toutes ses « humides » caractéristiques :-)

Bon, là je sais que je touche à un sujet sensible, et que l’étonnement voire le dégoût que certains éprouveront à la lecture de ce qui suit va chercher ses racines bien profondément dans un certain rapport au corps beaucoup trop aseptisé et déformé à mon goût … mais c’est un vaste débat.

Disons pour faire court que bien peu de femmes – et d’hommes aussi bien sûr, mais ce n’est pas le sujet ici - ont avec leur corps un rapport d’amour et de connaissance réel, bien au contraire.

Il faut éliminer les odeurs, les poils, les humeurs … rien ne doit se voir ni se sentir … bref, on musèle et on rabote tout ça parce que ce n’est « pas propre » et que surtout, surtout, personne ne doit soupçonner sous le vernis propret des femmes actuelles qu’elles aussi peuvent faire des choses aussi triviales qu’uriner, déféquer, roter, avoir des poils et sentir la bête  :-) :-p

Alors les règles ! Je ne vous dis pas … c’est le summum de LA chose à éliminer sans même y toucher, sans un regard, vite vite comme si on planquait un cadavre ! Beurk !


Eh bien non !


Les règles ça fait partie de notre féminité. Au même titre que toutes les manifestations de notre corps et de notre cycle.

Bon d’accord, notre cycle, pour la plupart des femmes ça ne signifie plus grand chose, tout emprisonnées qu’elles sont dans leur armure hormonale (comprendre la pilule contraceptive), incapable de savoir reconnaître en elles une ovulation ou un début de grossesse :-(


Je parlerai dans un autre article de la « vraie » liberté, qui consiste selon moi à ne plus avoir besoin de recours extérieur, qu’il soit chimique ou mécanique, pour gérer sa fertilité et sa féminité, et vivre en harmonie avec soi, s’écouter, connaître son corps sur le bout des doigts …

Mais le sang des règles, et j’y tiens, n’a rien de « sale » ou de dégoûtant.

C’est notre utérus, en bon « nid », qui s’est préparé pendant 15 jours à recevoir un éventuel bébé, qui s’est gorgé de ce sang et s’est conditionné pour protéger et nourrir au mieux un fœtus qui désirerait s’y loger. Bébé n’est pas au rendez-vous, alors tout ce précieux liquide s’écoule, chaud et humide, entre nos cuisses, pour recommencer un nouveau cycle de vie.

C’est beau au contraire, ce sang chaud, c’est la puissance de la vie qui s’exprime !

Ce n’est ni une honte ni une fatalité, c’est au contraire une célébration, une ode à l’univers auquel nous nous relions.

D’ailleurs, dans les cultures plus anciennes et moins cérébrales que la nôtre, le moment des règles était souvent considéré comme un moment de grande puissance et d’ouverture aux messages de la nature.

 

BREF. Venons-en au pratique :

Ces fameuses serviettes hygiéniques et autres tampons avec ou sans applicateur qui sont, eux, les réels « déchets », et non le sang qu’ils ont absorbé.

Et quels déchets !

Histoire de bien se représenter l’importance du sujet, faisons un rapide calcul théorique de la consommation de chaque femme en protections jetables …


Disons pour être raisonnable qu’une femme va utiliser en moyenne 6 protections par 24h, et ce pendant 3 jours (ça me semble vraiment très très modéré comme projection, non ?)

Ca nous donne 18 protections par cycle. Pour 1 an (soit 13 cycles), on arrive à 234 protections « offertes » à la nature. En multipliant cela par … disons 32 années de fécondité (règles débutant à 13 ans et se terminant à 45), ça nous donne 7488 protections au total !!!

Sachant que les dites protections mettent en moyenne 400 à 500 années pour se dégrader entièrement … on a une belle vision d’apocalypse, au milieu de montagnes de Tampax, OB, Vania et autres Always …

Wouaow .....................

Pour continuer la projection : l’europe des 25 représente à l’heure actuelle presque 500 millions d’habitants, tandis que l’Amérique du Nord en compte autant.

Le Japon a 127 millions d’habitants à ce jour …

Si même on ne prenait en compte que ces chiffres là, (en les divisant forcément par deux) et en imaginant que nulle part ailleurs on ne pollue avec ce type de déchets, on en arrive à un chiffre qui ne tient évidemment plus sur ma calculette !!!!!!

Voilà pour l’impact sur l’environnement.


En ce qui concerne l’impact sur la santé des femmes, il ne faut pas négliger non plus le fait que les tampons contiennent des produits qui ne sont pas très bénéfiques au fragile équilibre de la flore vaginale, ni à notre santé tout court : hydrocarbures, aluminium, parfums de synthèse, alcools … qui chez nombre de femmes peuvent être à l’origine d’irritations, de démangeaisons et de réactions allergiques plus ou moins gênantes.

Sans compter la star incontestée de tout cela : la dioxine, dérivé chloré utilisé pour la blanchiment de ces petites choses soi-disant indispensables.

Ah oui : la dioxine (vous savez, ce super truc qui a fait tant de bien aux habitants de Seveso …) se mesure en quantités « presque indécelables » selon les fabricants.

Oui, peut-être. Mais même si on les croyait quand ils nous affirment cela (et pourquoi ils nous mentiraient hein ? ;-)) ... la dioxine, c'est une de ses caractéristiques, ne s’élimine jamais de notre corps. Elle s’y accumule et s’y accumule.

Etant donné que les tampons contiennent, pour être « super absorbants », de la rayonne, laquelle fibre, abrasive par nature, cause souvent de micro-blessures aux parois vaginales, et que dans ces blessures viennent se loger et s’enfermer à la cicatrisation des particules provenant des tampons … personnellement, je ne préfère pas m’amuser à parier sur ce qui s’installe ainsi à demeure dans mon vagin

Il y a aussi les pesticides, utilisé en quantités énormes sur les cultures de coton ( la culture du coton représente à elle seule plus de 40% de l’utilisation MONDIALE de pesticides).

On l’aura compris, il y a moyen de faire mieux pour tout le monde, et c’est une action individuelle que chacune peut prendre pour le bénéfice de tout le monde, à commencer par le sien propre !

Bien entendu, on peut déjà opter pour des protections en coton non blanchis, ce qui limite l’impact sur l’environnement et la santé, mais ne diminue en rien la quantité de déchets produits, malheureusement.


Non, les véritables alternatives sont au nombre de 3 : la coupe menstruelle (Keeper, MoonCup, DivaCup), les éponges menstruelles (mensi) et les serviettes lavables.

Toutes sont efficaces, confortables, bon marché et respectueuses de notre corps et de la nature. A chacune de voir ce qui lui convient le mieux, ou de combiner plusieurs d’entre elles.


La coupe menstruelle

Fabriquée soit en latex (Keeper, avec les risques d'allergie qui y sont liés) soit en silicone (Mooncup et Divacup), cette petite chose qui ressemble à première vue à une sucette géante, ou à quelque gadget pornographique étrange (véridique, je connais des hommes qui ont eu cette interprétation de l’objet en déballant le colis de leur compagne !) est devenue pour moi absolument indispensable.


Elle s’introduit dans le vagin, moyennant un tout petit peu d’entraînement préalable pour certaines femmes moins à l’aise avec leur anatomie, et vient se ventouser autour du col de l’utérus. Elle recueille ensuite le sang qui s’écoule, et se vide aussi souvent que nécessaire (étant donné sa capacité de 28 g, 2 à 4 fois par jour suffisent généralement largement pour des règles « normales »). Il suffit de rincer l’objet à l’eau froide et de le remettre en place immédiatement. On peut le savonner au savon naturel si on le désire, et/ou le faire bouillir entre les cycles, soit encore le faire tremper dans un bol avec quelques gouttes d’H.E. de Tea Tree.

Avec l’habitude, l’opération se déroule en un clin d’œil, et quelques mouvement pelviens suffisent à installer la coupe bien en place.


Pour les déplacements, il est toujours possible d’avoir sur soi une petite bouteille d’eau additionnée d’extrait de pépin de pamplemousse ou d’H.E. de Tea Tree si on craint de ne pas trouver de lavabo pour effectuer l’opération et se laver les mains. Cependant, étant donné que la coupe ne doit vraiment pas se changer souvent, il est rare de se retrouver bloqué avec une mooncup qui déborde !


Les avantages sont multiples, outre bien entendu que c’est entièrement respectueux de notre environnement :

- Economie : investissement d’environ une trentaine d’euros, UNE SEULE FOIS et pour au minimum 10 ans (calculez en combien de mois vous arrivez à cette somme en achetant des protections classiques …)

- Facilité d’utilisation

- Efficacité totale (pas de fuites ni d’odeurs) – Parfait pour la nuit ou pour le sport.

- Confort total (personnellement, je ne la sens absolument plus quand elle est en place, au point qu’il m’arrive fréquemment de l’oublier en fin de cycle ! :-o), alors qu’avec un tampon, quand il commence à être « rempli », ça devient souvent inconfortable.

- Hygiène

- Pas de risque de choc toxique staphyloccoccique, pas de dépôts de fibres étrangères sur les parois vaginales, pas d’absorbtion du mucus naturel, ce qui permet ainsi à celui-ci de continuer à remplir ses fonctions protectrices et nettoyantes.


Les inconvénients :

Je n'en vois franchement pas à priori, mis à part que chez certaines femmes, la cup peut induit une gêne voire une douleur au niveau du col de l'utérus. Je le sais par expérience. Après plusieurs années d'utilisation, j'ai fini par avoir mal au bout de quelques heures de mooncup, de façon parfois très intense. Peut-être est-ce dû à une descente du col de l'utérus, ou à une hypersensibilité de cause inconnue. Toujours est-il que désormais, j'utilise le éponges pour mon plus grand confort.


Pour tout savoir sur le sujet, je vous conseille vivement le WIKI d'On Peut Le Faire :

http://www.onpeutlefaire.com/guide-pratique-des-coupes-menstruelles

Pour en acheter (entre autres) :

http://www.laudamay.com

http://www.mooncup.co.uk/




Les éponges menstruelles


Encore appelées « mensi », il s’agit ici d’éponges naturelles coupées en morceaux plus ou moins petits, de forme bien entendu irrégulière, qu’on introduit dans le vagin exactement de la même manière qu’un tampon sans applicateur.  On les mouille pour bien les imbiber, on les essore et on les introduit bien compressées dans le vagin, où elles vont "s'étaler"  tranquillement et absorber votre flux.

Elles sont très absorbantes, et surtout incroyablement douces.

Quand elles sont pleines, on les retire et on les rince simplement sous l’eau froide d’abord (pour le sang), sous l’eau chaude ensuite (pour dissoudre les glaires), on les tord et on les remet en place. On peut également les savonner au savon naturel, mais il est conseillé de ne pas le faire systématiquement, car cela détruit plus vite l'éponge.


Pour les règles fort abondantes, on peut sans difficulté en mettre deux en même temps, vu que pour les introduire, on les « presse » dans le main, et qu’elles deviennant ainsi minuscules, et ne reprennent « leurs aises » qu’une fois mises en place.

On peut, comme la mooncup, les désinfecter entre les périodes de menstruations, et ensuite on les laisse sécher jusqu’à la prochaine utilisation. On les stocke dans un petit sac en coton.


En tout cas, pour les utiliser à chaque cyclé désormais (je préfère cela à la mooncup pour finir, c'est une question de douceur), je peux attester qu’elles ne deviennent pas des « nids à microbes » comme certaines le craignent, ne sentent absolument pas et ne causent aucune irritation interne.


Les avantages :

- Une extrême douceur et un grand confort.

- En outre, elles permettent d’avoir des rapports sexuels pendant les règles, ce qui peut être un plus pour certains couples. Cela ne gène absolument pas à la pénétration, et permet d'éviter de mettre du sang partout.


- On peut facilement les fabriquer soi-même, en achetant une éponge naturelle entière, non traitée, et en la coupant en morceaux de la taille qui nous convient. C'est d'ailleurs ce que je fais personnellement.  Après un premier "lot" qui a fait son temps, j'ai racheté deux fois une petite éponge naturelle et j'ai découpé à ma convenance. Il faut cependant savoir que certaines "qualité" d'éponges absorbent moins bien que d'autres.

 
Les inconvénients :

- Durée de vie assez limitée. Au bout d’un an environ, elles commencent à « s’effriter » un peu et perdent de leur capacité d’absorption. Il faut donc les renouveler plus fréquemment qu’une coupe menstruelle, mais par contre leur coût est bien moindre (pour 10€, on a une belle grosse éponge qui peut nous faire au minimum une dizaine d'éponges menstruelles, soit plusieurs années d'utilisation).

- Elles ont également le désavantage, comme les tampons, de laisser parfois s’écouler un peu de liquide rosé (glaires mal absorbées teintées d’un peu de sang dilué) dans la culotte. A savoir. Perso , les jours de grand flux, je les combine avec une serviette lavable au cas où.


Les serviettes lavables



Ou "lunapads", pour celles qui préfèrent ne pas avoir affaire à l’intérieur de leur vagin ;-), ou qui préfèrent la sensation d’une protection externe, il existe les serviettes lavables.


On peut également les combiner avec les éponges, pour un confort et une hygiène totale, ou les garder pour les fins de flux quand une protection interne gêne plus qu’autre chose.

 Elles peuvent être en différentes matières : éponge, flannelle, coton, polaire … et de différents modèles : avec une couche imperméable ou non, avec inserts (épaisseur absorbante que l’on rajoute à un support) …

Elles ont généralement des ailettes que l’on fixe sous la culotte, soit par un velcro soit par un bouton pression.

Elles se rincent après usage pour retirer le gros du sang, et se lavent en machine, tout comme les couches lavables, les serviettes de bain ou n’importe quel linge.


Il en existe de différents modèles, mais elles sont souvent sur le même principe que les couches lavables pour bébés : une "base" qui se fixe à la culotte par un velcro ou une pression, sur laquelle on peut ajouter des "trempeurs" à volonté selon l'importance du flux.


Elles peuvent également servir pour les petites fuites d’incontinence, de la même manière que les serviettes du commerce destinées à cet usage.


Il existe des sites qui en vendent bien sûr, mais c’est également extrêmement facile et bon marché à confectionner soi-même. Il suffit de quelques chutes de tissu, d’un peu de velcro,  et le tour est joué. Même pas besoin que les coutures soit droites ou le tissu joli, vu l’usage auquel cet ouvrage est destiné ! ;-))



F. Jeurissen - Tinuviel
septembre 2005

 
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2 septembre 2005 5 02 /09 /septembre /2005 00:00

Proportions pour environ 4 pots de 350 grs:

- 365 têtes de pissenlits fleuries,
- 1 kg de sucre de canne brut
- le jus d' un citron.
- éventuellement de la pectine pour les gens pressés.

Après avoir récolté 365 fleurs de pissenlits (c'est environ l'équivalent d'une grosse passoire, ou d'un petit panier en osier - que les paresseux se rassurent, c'est très vite cueilli, surtout si on fait participer les enfants qui adorent ça ! :-)),  laissez-les sécher, de préférence au soleil, pendant une heure (facultatif).

Plongez ensuite les fleurs dans 1 litre d'eau bouillante pendant 5 minutes
Passez à l' étamine en pressant bien pour en extraire tout
le jus.
Ajoutez à ce jus 1 kg de sucre
cristallisé et 1 jus de citron.
Laissez cuire 1/2 heure à feu
doux, ou plus, jusqu'à ce que la confiture ait une consistance épaisse (test de la soucoupe :-))
Mettre en pots. Chez moi, ça donne environ 4 gros pots bien remplis, plus un petit rabiot à déguster tout de suite.
La préparation doit avoir à peu près la
consistance du  miel, et la couleur est entre le jaune foncé et le vert.
La cramaillote a une saveur très particulière et c'est une confiture très
spéciale, emblème du printemps et du renouveau pour moi.


 
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2 septembre 2005 5 02 /09 /septembre /2005 00:00
Le cynorrodhon, encore appelé "gratte-cul", ou baie d'églantier, est le fruit de l'églantier, encore appelé rosier sauvage.

Propriétés :

Ce petit fruit contient de 500 à 1000 mg de vitamine C pour 100 g de pulpe, un record ! C'est pour ça qu'il est réputé antiscorbutique. Avantage rare et suprême : cette vitamine C se conserve après la cuisson !
C'est dire si cette confiture est une petite merveille en hiver :-)

Recette :
Faire monter a ébullition les baies justes recouvertes d'eau, arrêter et laisser à couvert jusqu'à ce que ça soit tiède, puis passer le tout dans un presse-purée avec la grille fine, pour extraire la pulpe des pépins. Ensuite, faire à peine cuire avec du sucre (quantité selon votre goût), jusqu'à la consistance désirée.
On peut au besoin rajouter de l'eau. Et hop, en pot !

Pour reconnaître l'églantier (ou rosier sauvage) :
C'est un arbuste buissonnant de 2 à 3 m de haut, couvert d'épines acérées, aux grandes fleurs blanches ou roses, feuilles à folioles
profondément divisées, disposées sur deux rangs le long du pétiole. Fruits rouge orangé en forme d'olives ; charnus, ils enferment de nombreux poils irritants dont le but est de protéger les graines. Ils se cueillent de préférence après les premières gelées blanches (prévoyez des gants !)
 
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2 septembre 2005 5 02 /09 /septembre /2005 00:00

Plusieurs solutions existent :

1) Incorporer un ou des blancs battus en neige ferme  (en plus de ceux déjà prévus si la recette en contient) 

--> Le problème des blancs en neige est que l'on crée des bulles d'air qui finissent par remonter en surface, ce qui fait que les blancs retombent à la cuisson.
La solution est de coincer les bulles d'air par un mélange plus épais : il suffit de mettre du sucre dans les blancs. Les blancs sont peut-être un peu plus longs à monter, mais cela les rend plus fermes

2) Utiliser du bicarbonate de soude (environ 1/2 c. à café pour un gâteau)

3) Utiliser du Levain

Il suffit de délayer un peu de farine complète dans de l'eau tiède et du sel jusqu'à obtention d'une pâte molle que l'on laisse 1 à 2 jours dans un endroit chaud. Ajoutez à ce moment-là un peu de farine et de l'eau et laissez reposer encore 2 jours. Lorsque le levain est prêt, il dégage une odeur acide.
Evidemment, ça suppose d'avoir toujours un peu de levain disponible (ce qui est normalement le cas quand on fait son pain au levain), ou bien de prévoir son gâteau 4 jours à l'avance ! :-)

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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 00:00

Main basse sur les produits bio

A l’heure où de grosses firmes et la grande distribution l’investissent, la bio survivra-t-elle ? Une des conséquences de la crise de la « vache folle » est l’essor de l’agriculture biologique (AB) ; la demande des consommateurs n’a jamais été aussi forte. Les grandes surfaces ouvrent de plus en plus leurs rayons aux produits bio. Les boutiques, supérettes et supermarchés bio (du moins s’autoproclamant tels) poussent comme des champignons. Désormais subventionnée et de moins en moins marginalisée, l’agriculture biologique n’est, pour beaucoup d’opportunistes, qu’une niche de marché, juteuse, à exploiter. Face aux industriels qui tentent de s’en emparer, une incertitude sourd : quelles seront les orientations choisies par la bio ?

Par Chantal Le Noallec
Présidente de l’association Union des consommateurs de la Bio (UCBio).


Acheter bio, c’est, en principe, participer au développement d’une agriculture source de vie et lutter contre le saccage de l’environnement ; c’est refuser la consommation à outrance, respecter les animaux, protéger sa santé ; c’est aussi résister à la laideur envahissante, être responsable de ses choix dans un domaine encore relativement préservé, c’est une forme de liberté, un espoir. C’est combattre pour le futur du monde.

Ainsi, au printemps 1998, on pouvait acheter dans plusieurs biocoops (1) de Bretagne des yaourts Grandeur Nature. Or, sous cette marque distribuée par la laiterie Le Gall, dont le nom seul figurait sur l’emballage, se cachait la firme Even, géant de l’industrie agroalimentaire bretonne et fournisseur de pesticides.

Autre exemple significatif : les yaourts de la marque Bio d’Armor, en vente dans les hypermarchés Géant, sont aussi vendus sous une autre étiquette : Grandeur Nature, dans les biocoops. Seule différence : l’emballage et le prix. Quant à l’entreprise bretonne Triballat, elle fabrique des laitages bio sous les marques Vrai, pour la grande distribution, et Les Fromagers de tradition, pour le commerce spécialisé. Mais le nom de Triballat ne figure pas sur les seconds ! C’est aussi le cas de Distriborg, qui distribue la même gamme bio sous les marques Bjorg et Evernat. Où se trouve le choix pour le consommateur, s’il n’est pas informé ?

Vendre ces articles, produits ou distribués dans certains cas par des sociétés dont les buts sont, en premier lieu, lucratifs, ne va guère dans le sens de la bio. « Souhaitons-nous vraiment cautionner une telle évolution par nos achats ? », interroge le rédacteur d’une revue de jardinage bio, Antoine Bosse-Platière (2).

Derrière ces marques-écrans se profile le risque de l’industrialisation de la bio, car la filière agroalimentaire mise de plus en plus sur cette agriculture. Les conversions fleurissent, et l’on voit apparaître une bio-industrie avec des monocultures ou des monoélevages. Plus grave, de nombreux opérateurs font pression pour obtenir un allègement des cahiers des charges sous prétexte d’accélérer les conversions et de pouvoir fournir davantage de produits à des prix toujours plus bas. Bio à moindre coût, standardisée, bas de gamme, est-ce là son avenir ?

« Il faut ouvrir la bio aux revenus plus modestes. » Ainsi s’expriment nombre d’acteurs de la bio. Sous cette intention, louable et souhaitable, perce une mauvaise conscience face au reproche d’élitisme. Même Carrefour s’est engagé à « rendre plus accessible la consommation des produits biologiques ». D’où une pression sur les prix, suivant en cela le système néolibéral qui a conduit l’agriculture conventionnelle à son impasse. Casser les prix signifie diminution de la main-d’oeuvre et des salaires, augmentation du rendement, et ouvre la voie à une agriculture bio-intensive et à une bio-industrie, avec, pour corollaire, la disparition des petites structures.
Une information manipulée

A l’inverse, une juste rémunération du producteur et du transformateur, en relation avec la qualité du travail et du produit, est la seule façon pour que les petites et moyennes entreprises continuent de vivre en toute indépendance. Dans la foulée, il y aura création d’emplois et davantage de gens pour acheter bio. Sinon, il faudra inventer d’autres garanties, un autre label, d’autres lieux d’achat. Quant au prix « excessif » de la bio, c’est un faux problème dès lors que l’on tient compte des coûts des produits conventionnels en termes de santé, dépollutions ou subventions.

Un autre exemple de l’industrialisation de la bio est lié à des dérogations grâce auxquelles des ingrédients non bio, parfois douteux, peuvent être introduits à hauteur de 5 %. A présent, sont souvent ajoutés des épaississants-gélifiants - carraghénanes, farines de guar ou de caroube, gomme xanthanne -, tous rétenteurs d’eau utilisés dans l’alimentation industrielle, dont l’effet sur la santé est loin d’être jugé inoffensif (3).

En outre, dans de nombreux commerces, sont vendus depuis des mois des chocolats et gâteaux où la lécithine n’est pas toujours bio, donc sans garantie sur l’origine du soja : est-il transgénique ou non ? En réponse aux questions, il est avancé comme argument que ces articles ont le logo AB (4), qu’il n’y a pas suffisamment de lécithine de soja bio et donc que de la lécithine non bio peut être utilisée au titre des 5 % de dérogations autorisées. De toute façon, ces produits sont référencés, voire agréés Biocoop (5), et il n’y a aucune raison de les retirer des rayons. Ou bien on explique qu’avec le temps le fournisseur évoluera vers le « bio à 100 % ».

Il ne suffit pas de crier haro sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) et, parmi eux, le maïs de Novartis. La seule cohérence serait le boycottage. Sinon, on abuse de la crédulité de beaucoup de clients qui achètent sans lire les étiquettes, font confiance au logo AB, et croient parfois que toutes les marchandises vendues sont « bio à 100 % » et donc sans risque d’OGM. Au reste, cet additif de l’industrie agroalimentaire est- il indispensable ?

Qui plus est, derrière les produits bio à base de soja de la marque Soy, fabriqués par la société Nutrition et Soja et vendus dans un grand nombre de magasins bio de France, il y a Novartis, multinationale pharmaco-agrochimique planétaire dont le maïs transgénique « antipyrale » est cultivé en France depuis le printemps 1998. Vendre ou acheter Soy, c’est donc participer à l’expansion de Novartis et encourager ce genre d’agriculture, et, au-delà, un certain type de civilisation. Or cette information est étouffée par Biocoop et une partie du milieu bio-écolo pour, disent-ils, « ne pas semer la panique dans les rangs des consommateurs ».

En effet, Biocoop a décidé d’agréer la maison Soy dès octobre 1996 tout en sachant qu’elle appartenait depuis des années à Sandoz, autre géant de la chimie et des semences, « pollueur du Rhin » - se rappeler l’accident survenu aux usines Sandoz de Bâle, le 31 octobre 1986, où des tonnes d’insecticides et de fongicides à base de mercure ont été déversées dans le fleuve -, qui a aussi racheté la marque Céréal ; il a fallu attendre début 1998 pour apprendre le prétendu « cas de conscience » posé par cette décision, selon les termes de la revue Consom’action éditée par la confédération Biocoop. Depuis, nulle trace de la fusion Sandoz-Ciba-Geigy, qui a donné naissance à Novartis en avril 1997, pas même dans la fiche d’agrément Soy du 17 mars 1998.

Afin de justifier cet agrément, Biocoop use de tous les arguments, comme dans cette réponse de juin 1998 aux interrogations d’une consommatrice : « Nous nous retrouvons donc dans la situation où une entreprise appartenant au groupe leader en France sur les OGM collabore avec la filière bio pour la mise en place d’un protocole de traçabilité afin de garantir valablement l’absence d’OGM. » Collaborer avec Novartis pour « protéger les semences de soja » à l’avenir, voilà deux propositions difficilement conciliables ! Même l’information est manipulée : « Soy est actuellement le seul opérateur de la filière à transformer en priorité du soja bio français ; tous les autres transformateurs travaillent avec du soja importé des Etats-Unis ou du Canada (fiche du 17 mars 1998) ».

Affirmation fausse : la scop Tofoulie, dans la Drôme provençale, créée en 1991, a toujours transformé uniquement du soja bio français, alors que Soy utilise aussi du soja non bio (25 % de l’approvisionnement total) et du soja bio étranger (7,5 %) (6). D’où les risques d’OGM par contamination. Enfin, le soja est loin de représenter à lui seul l’ensemble de ces « légumineuses si précieuses pour la rotation des cultures ». Quant à l’« éthique », elle ne pèse pas lourd face au business : « Si l’on arrête de vendre Soy, comment remplir les rayons ? »

A l’évidence, Novartis a trouvé en Soy une clé qui lui ouvre les portes du marché de la bio et lui permet de capter plus ou moins directement dans sa sphère d’influence les producteurs de soja du Sud-Ouest qui cultivent aussi des céréales, et d’autres fournisseurs bio de Soy (Markal, Celnat, Hervé, Lima, Petite, Viver, etc.), les distributeurs (Biocoop, Distriborg, etc.) et les consommateurs. Pour l’instant, la bio sert déjà d’alibi et d’image de marque au « capitalisme écologique » de Novartis.

On parle déjà de bio-industrie, faisant ainsi allusion à la fois à l’industrialisation de la bio et à cette colossale industrialisation du vivant que pourrait devenir la révolution biotechnologique émergente (7), ambiguïté facilement exploitable. Comment peut-on engager de la sorte sa responsabilité face à l’avenir de la bio et croire être de taille à lutter contre une multinationale dont les buts sont la maximalisation des profits et l’expansion illimitée, mais certainement pas le respect de la nature (8) ? En fait, à trop vouloir « sauver le soja », on omet le principal, qui est la survie de l’agriculture biologique dans le monde transgénique qui se dessine.

Pour résister à la récupération par les agro-industriels, la bio n’a-t-elle d’autre voie que de se placer sur leur terrain (concurrence, productivisme, course au profit, etc.) et d’accepter les modèles et les comportements qu’elle a longtemps rejetés au risque de perdre sa spécificité ? L’« éthique » n’est plus souvent qu’un argument publicitaire sans lien avec la réalité : « transparence, qualité, convivialité, écologie, bio, consom’action », etc., ces mots deviennent les slogans d’une langue de bois adoptée par de nombreux professionnels de la bio - de la distribution, notamment - qui se transforment en techniciens du marketing. Concentration des entreprises, prolifération des produits anonymes et des marques de distributeurs, bio-business, ces tendances se généralisent, si bien qu’elles se banalisent et que le milieu bio et écologique tolère désormais des compromissions impensables autrefois. Il y a de moins en moins d’entreprises bio indépendantes. Au- delà, c’est l’autonomie de l’agriculture biologique qui est remise en cause. Une solution serait dans une « agriculture biologique autarcique (9) » retournant à ce qu’elle souhaitait être à l’origine : une agriculture locale, respectueuse de l’environnement, qui préserverait les petites exploitations et restaurerait les espaces ruraux désertés, qui permettrait aussi la rencontre entre consommateur et producteur.

Les dérives présentes d’une fraction de la bio mettent celle-ci en péril. Alors que des sociétés tentaculaires la convoitent, il est urgent que les consommateurs de la bio fassent leur choix : être les simples témoins, voire les complices, de ce qui se prépare, ou bien aller dans le sens de la qualité de la vie et de la bio. Cela passera par la remise en question de ces comportements de consom’acteurs ou d’éco-consommateurs, de mode actuellement (10), et par l’analyse de cette notion de « développement durable (11) » où l’on essaie d’enfermer l’agriculture biologique, développement qui est toujours le même, quel que soit l’adjectif qu’on lui accole.

Il s’agit d’un choix de civilisation car il s’inscrit au coeur d’un débat dont l’issue engagera notre façon de nous nourrir, notre santé, notre façon de percevoir l’univers et de penser.

Chantal Le Noallec.


(1) La confédération Biocoop, créée en 1987, est un réseau de distribution de produits bio regroupant quelque 180 biocoops qui affirment pratiquer autrement la relation avec le consommateur et le producteur.

(2) « Où acheter bio demain ? », Les Quatre Saisons du jardinage, no 110, Editions Terre vivante, mai-juin 1998.

(3) Fabien Perucca et Gérard Pouradier, Des poubelles dans nos assiettes, Michel Lafon, Paris, 1996.

(4) L’agriculture biologique est un mode de production agricole exempt de produits chimiques de synthèse et soumis au contrôle d’un des organismes certificateurs agréés par le ministère de l’agriculture. Un produit bio donne droit, après certification attestant sa conformité aux normes de l’agriculture biologique, à la mention obligatoire « produit de l’AB » ou « produit issu de l’AB » et, facultativement, au logo vert et blanc AB, qui est la propriété du ministère de l’agriculture.

(5) L’agrément Biocoop est accordé aux fournisseurs bio qui en font la demande dès lors qu’ils répondent aux exigences suivantes : indépendance, soutien de la production bio, réduction des intermédiaires, information sur l’origine des approvisionnements. Une fiche d’agrément est alors rédigée par le service produits Biocoop. Ce document, consultable par les consommateurs, donne divers renseignements sur le fournisseur agréé : structure de l’entreprise, politique d’approvisionnement et de distribution, etc.

(6) Cf. la fiche d’agrément Soy du 17 mars 1998.

(7) Lire Jeremy Rifkin, Le Siècle biotech ; le commerce des gènes dans le meilleur des mondes, La Découverte, Paris, 1998.

(8) Voir Dorothée Benoît-Browaeys et Pierre-Henri Gouyon. « Faut-il avoir peur des aliments transgéniques ? », Le Monde diplomatique, mai 1998.

(9) Cf. l’éditorial de Nature & Progrès, mai-juin 1998.

(10) Lire Raoul Vaneigem, Nous qui désirons sans fin, Le Cherche Midi, Paris, 1996. L’auteur fait une analyse du consommateur éclairé qui, argumentant sur la qualité des cassoulets et des réfrigérateurs, et s’inquiétant de nuisances écologiques, sauve un marché concentrationnaire, mais parodie l’être humain qu’il tarde à devenir.

(11) Lire Bernard Charbonneau : une vie entière à dénoncer la grande imposture, Erès, Ramonville-Saint-Agne, 1997. Cet ouvrage collectif est consacré à Bernard Charbonneau (1910-1996), qui, toute sa vie, dénonça « la dictature de l’économie », « le mensonge de la technoscience » et « les errances de l’écologie politique ». Voir en particulier le texte de Serge Latouche, « Le développement, une imposture durable ».

LE MONDE DIPLOMATIQUE | mars 1999 | Page 27
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/03/LE_NOALLEC/11755

 
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Published by Chantal Le Noallec - dans ECOLOGIE AU QUOTIDIEN
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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 00:00
"Riches et pauvres, nord et sud, est ou ouest, tous les pays sont à la fois responsables et victimes de la destruction du milieu naturel" 
(G. RUFFOLO)

Dans la démarche qui sous-tend ce site, il m'a semblé primordial de consacrer un chapitre entier, et bien différencié, à l'écologie dans son sens le plus large. L'édification du monde de demain, pour et par nos enfants, et à travers les valeurs que nous leur transmettons. Les questions soulevées ici ont donc une importance vitale pour notre avenir personnel, celui de nos enfants, celui de l'espèce humaine et celui de notre planète.

Mon propos est donc clairement de sensibiliser et de responsabiliser les enfants (et donc nous, leurs parents, en premier lieu), à tout ce qui touche à l'environnement, aux droits de l'homme et de l'enfant, à la consommation saine, raisonnée et éthique, au développement durable etc ... bref, à un certain humanisme, et à une certaine vision à long terme de la gestion de nos ressources et de la portée de nos choix d'aujourd'hui, tant en matière écologique qu'en matière sociale.
C'est ce que j'appelle la Vie Verte.

Qu'est-ce que la Vie Verte ?

C'est une vie qui tente, au milieu d'une société malade de ses peurs, de ses excès, de son avidité et de sa léthargie, de retrouver ses racines, sa richesse, sa simplicité, sa saveur, sa douceur d'être ...
C'est un mode de vie et de pensée qui essaye de respecter son entourage et son milieu, d'écouter son corps et de lui faire la vie douce, d'ouvrir son âme au son de la terre, et d'œuvrer à l'édification d'un avenir meilleur, tout cela par la prise de conscience de notre responsabilité individuelle dans le devenir de notre monde et dans notre devenir personnel.

Merci de vous attarder parfois à penser au monde que nous préparons à nos descendants, et à tout ce que nous pourrions faire pour le rendre, sinon plus accueillant, du moins pas trop inhospitalier ...

Parce que le monde dans lequel nous vivons est celui que NOUS bâtissons. 

Françoise Jeurissen - Tinuviel
Mai 2004

 
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21 août 2005 7 21 /08 /août /2005 00:00
Environnement et Ecologie

Annuaire belge de l'Environnement : Les services de l'administration de la Région wallonne, les services des administrations communales, intercommunales et provinciales, les différents organismes et institutions, les associations et les entreprises privées (bureaux d'étude, laboratoires, ...) en rapport avec l'environnement.

On Peut le Faire :
L'information est un préambule à une action concrète, une étape vers la réalisation de nos rêves. L'action permet de prendre sa vie en main et de  participer à l'émergence d'une nouvelle Terre.
 
EkoloGeek : un blog humoristique présentant des gestes et actions concrètes à faire au quotidien, avec des dessins et illustrations poilantes. Belle idée, bien réalisée, originale.

Décroissance et Simplicité volontaire

Decroissance.info : Un site dédié à la décroissance et à la simplicité volontaire. Il propose une plateforme collaborative (on peut proposer soi-même des articles à publier) sur le thème d'un meilleur équilibre entre l'homme et la nature. Très complet.


Ecoblogs

Chez Raffa : le Grand Ménage :
Très bon écoblog. Pleins de conseils et recettes pour mener une vie plus saine et plus écologique. Très bien fait, articles de fond avec références et explications fouillées et détaillées (ben voui, la patronne est biochimiste, ça aide !).

Les conseils du géant vert : Des idées et des trucs pour la consommation responsable

Hoolistique Blog :"Blog-notes" au couleurs écolo et épicuriennes. Un peu de tout.

Label Blue : Phyto, aroma, recettes de cosmétiques et cuisine bio ... tout pour plaire.


Société, information alternative

Le Grand Soir. info : Journal alternatif d'information militante. ++

Rezo.net : Portail de compilation d'articles "alternatifs" du net.

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21 août 2005 7 21 /08 /août /2005 00:00

Source : Clotile Warin pour « Le Vif L’Express » du 19 août 2005


Pour satisfaire la politique de réduction de la fécondité décrétée par le régime Fujimori, près de 300.000 Péruviennes ont été opérées de 1996 à 2000. Souvent sous la contrainte.

 

« Je suis allée accoucher au centre de santé d’Izcuchaca, raconte Sabina Uilca. Après l’accouchement, les infirmières ont offert un repas à  mon mari pour le convaincre qu’il fallait m’opérer et il a dit oui. Moi, on m’a juste expliqué que c’était pour faire cesser les douleurs. On m’a attachée à mon lit pour que je m’enfuie pas, puis on m’a endormie. »
Lorsque Sabina Uilca s’est réveillée, on lui avait ligaturé les trompes. C’était en 1998. Cette paysanne de la région de Cuzco, dans les Andes péruviennes, venait d’accoucher de son quatrième enfant, à l’âge de 29 ans.

 
Entre 1996 et 2000, plus de 300.000 Péruviennes ont été stérilisées dans le cadre d’un programme de « planning familial » mis en place par le régime  autoritaire du président Alberto Fujimori. Ce programme bénéficiait de financements des Nations Unies et de l’USAid, l’agence américaine pour le développement international, qui y a consacré 30 millions de dollars de 1993 à 1998. Fujimori avait su, par ses discours volontaristes en faveur du planning familial, séduire aussi bien les organisations féministes que les bailleurs de fonds occidentaux. Mais ceux-ci n’ont pas su voir que la campagne mise en place, massive, a vite dérapé. Nombre de femmes ont été opérées, comme Sabina, sans savoir ce qu’on leur faisait ou contre des promesses d’aide, généralement non tenues, et parfois même de force.

 
Pour convaincre les femmes de se faire opérer, des « festivals de ligature de trompes », sur le modèle des fêtes patronales, étaient organisées et des équipes médicales envoyées jusque dans  les villages éloignés des Andes et d’Amazonie. Puis les femmes étaient opérées à la chaîne, par groupes de 20 ou ! 30, dans les centres de santé ou les hôpitaux, quand ce n’était pas sous des tentes. Pudiquement baptisée « contraception chirurgicale volontaire », la ligature des trompes était présentée comme un moyen de contraception supplémentaire et gratuit. « Nous disions aux femmes qui venaient chercher des ampoules (c’est-à-dire l’injection d’un contraceptif d’une durée de trois mois, très répandu au Pérou) qu’il n’y en avait plus, et qu’elles feraient mieux de se faire opérer », reconnaît Carlos Lozano, alors médecin dans un hôpital d’Iquitos, la capitale de l’Amazonie péruvienne.

 
C’est ce qui est arrivé à Jenny Garcia, qui, comme un quart des 400.000 habitants d’Iquitos, vit à Belen, un bidonville inondé six mois par an par l’Amazone. « En 1996, je suis allée au centre de santé pour demander une ampoule, raconte-t-elle, mais les infirmières m’ont dit qu’à présent le seul moyen de contraception gratuit, c’était la ligature des trompes. On m’a juste expliqué qu’on allait attacher quelque chose dans mon corps. Comme j’étais jeune, les infirmières m’ont affirmé qu’après cette opération je pourrais à nouveau avoir des enfants, dans huit ou neuf ans. Pour moi, c’était bien. »
Jenny, mère de deux enfants, n’avait alors que 24 ans.

 
Pour persuader les femmes d’accepter la stérilisation, le personnel médical a pultiplié fausses promesses et pressions. « Les infirmières ont été tellement insistantes … Elles m’ont promis du pain, des haricots, de l’huile, du blé, du soja. Mais je n’ai jamais rien reçu », raconte Victoria Mejila, de Colcabamba, à 50 kilomètres de Cuzco. Elle avait 24 ans et trois enfants lorsqu’en 1997 les infirmières l’ont exhortée : « Pourquoi veux-tu encore des enfants ? En l’an 2000 viendra la fin du monde. Il va tomber des pluies de feu, iln’y aura plus d’eau, plus de nourriture. » Elles m’ont parlé de monstres de feu qui allaient s’abattre sur le monde. Puis elles ont menacé d’appeler la police si je refusais de me faire opérer. » Victora a cédé.

 
« Il y a eu des excès, on ne peut pas le nier, reconnaît un haut responsable de l’époque, sous convert d’anonymat. Il est possible que le personnel médical ait fait pression sur les femmes ou n’ait pas pris le temps d’expliquer de quel type d'opération il s’agissait. On a aussi profité de jeunes mères qui venaient d’accoucher. Il faut dire que nous avions une forte pression du gouvernement, nous avions des quotas très élevés. »

En effet, chacun, depuis le directeur du programme jusqu’aux infirmières, avait un contingent de femmes à opérer ou à convaincre. Ceux qui y parvenaient étaient récompensés par des jours de repos, des cadeaux (four à micro-ondes ou billets d’avion) ou des primes : 15  sols (3,5€) par opération pour une infirmière, près du double pour un médecin. « Si les quotas n’étaient pas atteints, on risquait d’être viré, explique Carlos Lozano. C’était une dictature. » Le haut responsable déjà cité justifie : « Nous étions des soldats et nous devions exécuter les ordres. Tous les lundis, il fallait rendre un rapport avec le nombre de ligatures effectuées dans la semaine. Fujimori lui-même l’exigeait. On nous appelait du ministère à tout moment pour nous demander où nous en étions. »

 
On ne sait pas exactement, des 300.000 femmes stérilisées, combien l’ont été contre leur volonté. Mais, où qu’on aille, dans les Andes ou en Amazonie, on n’a aucun mal à trouver des victimes. La Dfense du peuple, institution péruvienne indépendante que peut saisir n’importe quel citoyen, a enregistré 939 plaintes pour stérilisation abusive. Pourtant, aucune suite judiciaire n’y a été donnée. Pour Rocio Villanueva, chargé des droits des femmes à la Défense du peuple, c’est une « vieille histoire ».

 En fait, l’affaire a été délaissée par les défenseurs des droits de l’homme – et des femmes – et récupérée par la droite catholique. Depuis 2000, trois commissions d’enquête ont été créées au Congrès pruvien, mais leurs conclusions ont été systématiquement rejetées. Etpour cause, Ces commissions ont été investies par des députés conservateurs qui, à l’instar d’Hector Chavez, un proche de l’Opus Dei, ne dénoncent pas seulement les stérilisations forcées mais toutes les méthodes de contraception, qualifiées de « crimes contre la vie ». « Je crois que, présenté par une personne d’un autre bord, ce rapport aurait abouti », regrette Maria Esther Mogollon, présidente du MAM-Linea Fundacional, la seule organisation féministe à rester mobilisées sur la question. Nous sommes coincées entre les catholiques fondamentalistes, qui instrumentalisent les stérilisations forcées pour remettre en question toute politique de contrôle des naissances, et des féministes, qui minimisent le sujet pour ne pas paraître sur le même banc que l’Eglise. » De fait, les féministes péruviennes s’inquiètent aujourd’hui du manque de contraceptifs, dû à la mainmise des conservateurs sur le ministère de la Santé.

« Le problème dans cette affaire, ce n’est pas le planning familial, c’est que l’Etat a violé les droits de femmes », précise Hilaria Supa. Soutenue par Maria Esther Mogollon, cette dirigeante paysanne de la région de Cuzco a convaincu 12 femmes stérilisées contre leu’r gré, dont Sabina Uilca, d’aller en justice. Mais, trois ans après le dépôt des plaintes, elles attendent toujours d’être reçues par Nelly Calderon, procureur général de la République, censée enquêter sur le sujet. L’an dernier, celle-ci affirmait dans une interview au quotidien espagnol El pais que l’affaire allait lui permettre d’inculper Fujimori pour génocide. Elle évoquait la stérilisation de « communautés entières », notamment en Amazonie. Mais, désormais, elle estime « manquer d’informations », ses 10 enquêteurs n’ayant interrogé, en près de deux ans de travail, qu’une cinquantaine de victimes.

L’inculpation pour génocide aurait pu permettre d’obtenir l’extradition de Fujimori du Japon, où il a pris la fuite en 2000. Mais elle est « inconsistante », selon Francisco Soberon, secrétaire exécutif de la Coordination nationale des droits de l’homme, qui se bat pour que Fujimori soit jugé pour d’autres violences politiques. Certes, nombre de femmes stérilisées sont indiennes, mais « c’est parce que ce sont les indigènes qui sont les plus pauvres et ont le plus d’enfants. Ce n’était pas un racisme planifié », constate Soberon. La motivation était statistique. Pour Alberto Fujimori, ingénieur de formation et grand amateur de chiffres, il s’agissait de faire baisser le taux de natalité afin d’obtenir une augmentation du PIB par habitant. Bref, diminuer le nombre de pauvres plutôt que de s’attaquer aux causes de la pauvreté. « On s’en est pris à nous parce que nous sommes pauvres, estime Sabina Uilca. J’aimerais qu’on dise la vérité, que tout le monde sache le mal que le gouvernement nous a fait en nous traitant comme des animaux. Et je voudrais que cela n’arrive plus à aucune autre femme. »

 


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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 00:00

par Martine Jacot (paru dans « LE MONDE »)

A-t-on absolument besoin de structures scolaires pour l'instruction de ses enfants ? 
De plus en plus de parents – anglo-saxons surtout – répondent par la négative et choisissent de faire eux-mêmes l'école à leur progéniture, sous leur toit. Aux Etats-Unis, les enfants concernés par ce home schooling étaient environ 
50. 000 dans les années 1980 ; ils sont maintenant 1,5 million, d'après les estimations du magazine Education Week. Ces "marginaux" ne représentent qu'à peine 3 % des enfants en âge d'être scolarisés, mais le mouvement s'amplifie, d'autant que le home schooling est maintenant autorisé dans tous les Etats américains.

En Europe au contraire, l'école à la maison n'est souvent tolérée qu'à titre exceptionnel, sauf au Royaume-Uni, où environ 10 000 enfants sont ainsi formés, en Suisse, où le phénomène reste cependant très marginal et… en France. En effet, depuis 1959, la loi française stipule que l'instruction "peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou libres, soit dans les familles par les parents, ou l'un d'entre eux, ou toute personne de leur choix". Un autre texte adopté en 1998 par le Parlement précise que les parents doivent suivre les programmes nationaux et qu'un inspecteur d'académie doit contrôler le travail de l'enfant une fois l'an. Une centaine de familles françaises se plient à ces contraintes, le plus souvent au niveau du primaire.

Pourquoi opter pour l'école à la maison ? Aux Etats-Unis, une partie des parents mettent en avant des considérations religieuses : les protestants pratiquants sont les plus nombreux à vouloir se charger eux-mêmes de l'instruction de leurs enfants. Les autres parents sont, comme en Europe, "mécontents du système scolaire tel qu'il fonctionne, avec son lot de sélections précoces, de compétitions stériles, de médiocrité conformiste, de violences en tous genres, et finalement d'échecs", résument les responsables de l'association Les Enfants d'abord. D'autres familles ont choisi cette solution parce qu'elles se déplacent souvent ou parce que leur enfant traverse une période de grave phobie scolaire.

D'après la seule étude d'envergure réalisée en 1986 à la demande des autorités fédérales américaines, ces élèves "pas comme les autres" ont obtenu des résultats supérieurs à la moyenne nationale dans leurs évaluations. Leur admission à l'Université ne pose en général aucun problème.

L'école à la maison serait-elle une panacée, du moins pour les parents qui ont les talents pédagogiques ou, à défaut, les moyens financiers de l'offrir à leurs enfants ? Aux Etats-Unis, les syndicats d'enseignants estiment que le home schooling "ne peut fournir un enseignement complet aux élèves". De plus, certains redoutent que les enfants soient surprotégés et coupés du reste du monde. Nombre d'élèves instruits à la maison sont "parfaitement capables de démentir les fantasmes d'enfants sauvages ou embrigadés, récurrents dans notre vieille France jacobine et uniformisatrice", opposent les responsables des Enfants d'abord. Dans tous les pays concernés cependant, le débat est ouvert.

 
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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 00:00

Par Bernard Lempert (Extrait de « Les violences de l'école»)
paru dans SUD Education 71, Le Journal, mai 2001

L'école est le lieu de jugement. Chaque jour, plusieurs fois par jour, l'enfant est soumis à une note ou à un substitut de note, à une évaluation ou à des commentaires sur ce qu'il a fait et sur ce qu'il n'a pas fait, sur la part juste et sur la part erronée de son travail, et encore sur ce qu'il aurait pu faire et ce qu'il aurait dû comprendre, et à partir de là sur ses qualités, ses défauts et son comportement et au bout du compte sur presque toute sa vie. 

C'est si ordinaire que ce doit être normal, si répandu et si couramment admis que cela doit faire partie de la nature de l'éducation, voire de la nature des choses. Pas de contestation, pas de révolte. Les litiges existent, mais ils portent sur telle ou telle décision, sur telle note, sur tel commentaire.

L'enfant a si profondément intériorisé le système qu'il a tendance à vérifier presque machinalement la légitimité d'une note ou d'une appréciation. Il ne met pas en cause le jugement en tant que tel. Au contraire, quand il estime qu'une appréciation est injustifiée, il renforce le système, puisqu'il lui demande d'être le meilleur, et pendant qu'il demande au jugement d'être juste, il ne s'insurge pas contre le fait de lui être soumis. Ni lui, ni ses parents, ni les associations de parents d'élèves, ni les syndicats d'enseignants, ni aucun parti politique, ni même la plupart des spécialistes en sciences humaines.

Le jugement ne s'en tient pas aux résultats, il s'en prend au travail. Il ne s'arrête pas au travail, il s'en prend à l'élève. Il ne s'arrête pas à l'élève, il s'en prend à la personne même de l'enfant. Il devrait pourtant se cantonner à la production strictement scolaire, mais il ne peut se retenir, c'est plus fort que lui, il n'arrête pas de sauter par-dessus les limites officielles. Il suit sa pente, qui ne consiste au fond qu'à retrouver son origine : le jugement porte sur l'être.

(…)

Le jugement scolaire, qui n'est rien d'autre qu'une violence sociale, réussit à convaincre la sphère privée de lui prêter main-forte. Il demande aux parents de ne pas rester sur une simple position affective vis-à-vis de la chair de leur chair, mais de prendre du recul et de porter sur leur progéniture un regard circonstancié et raisonnable, afin de mesurer selon les critères en vogue et les normes établies cette fameuse valeur dont chaque jeune citoyen du 20ème (2lème !) siècle doit être pour ainsi dire revêtu.

C'est alors que se produit sur grande échelle la catastrophe : les parents se mettent à juger leurs propres enfants. L'école triomphe et la famille se lézarde. Les parents d'enfants deviennent des parents d'élèves. Le regard tendre peut désormais s'éclipser au bénéfice du regard jugeant.

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