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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:52


Une idée sympa et originale... peut-être ?

Perso j'adore les "vrais" sapins de Noël, ceux qui enbaument la maison et piquent les doigts quand on les décore. Je déteste ces machins en plastoque moches et super chers censés les remplacer. Mais c'est vrai qu'en même temps, l'idée d'acheter un arbre abattu rien que pour mon bon plaisir - un plaisir qui durera maximum trois semaines ! -, et puis de virer son squelette presque nu sans autre forme de procès après avoir bien bamboché autour de son cadavre, j'ai de plus en plus de mal chaque année :-(
Et puis ces centaines de milliers (ça frise le million en Belgique paraît-il) de sapins brûlés chaque année en janvier, même si ça alimente les traditionnels "grands feux" villageois de février/mars, c'est pas l'idéal.

On a bien déjà essayé les sapins avec motte à replanter, mais n'ayant probablement ni la bonne technique, ni le terrain adapté, ça n'a jamais vraiment donné de résultat. Ils mourraient quand même. Je pense que le fait qu'on taille les racines de manière beaucoup trop drastique pour leur permettre de reprendre, mais ce n'est qu'une supposition.

Bref, pas facile de concilier ses convictions et des traditions auxquelles ont tient malgré tout. À Noël, on a déjà viré les emballages cadeaux, les cadeaux ultra commerciaux et tout le bataclan, mais y a rien à faire, certaines choses sont plus tenaces et plus difficiles à éradiquer, je l'avoue. Et le sapin est un bastion auquel nous restons attachés, d'autant que j'aime son côté "païen" justement. Alors que faire pour être cohérent ?

Peut-être ceci constitue-t-il une solution :

Une ASBL  de la province d'Anvers propose tout simplement... d'adopter un sapin le temps des fêtes, et puis de le rendre à la nature ! Pour 40 € (la première année) et 20 € les années suivants, on se fait livrer un épicéa (taille au choix parmi plusieurs possibilités) avec sa motte et son contenant. On fait connaissance avec, on le décore, on l'intègre à la famille, on en profite... et après la période de fêtes, l'ASBL vient reprendre le sapin en question et le replanter sur son lieu d'origine. Ces sapins sont de plus élevés de façon tout à fait "bio", sans rien qui puisse nuire à l'environnement. C'est pas mal, non ?

Mais il y a mieux : on peut réadopter "son" sapin d'une année sur l'autre ! Oui, oui, vous avez bien lu. Chaque arbre est référencé et peut être retrouvé l'année suivante. Ca veut dire que, chaque année pendant 4 ans, on aura le même individu qui viendra partager notre vie de famille pendant quelques semaines, et puis retournera chez lui le reste de l'année. Avouez que c'est un peu magique, non ? :-)
Après 4 ans, malheureusement, les racines et donc la motte deviennent vraiment trop imposants pour pouvoir encore voyager.
Et que devient-il alors ? Malheureusement, apparement il n'est pas replanté une dernière fois pour poursuivre sa vie. Il est broyé pour servir de "nourriture" aux jeunes arbres. Ok, c'est écologique, mais c'est tout de même un peu tristounet. Je m'imagine très bien pleurer le jour du départ de "mon" sapin que je connais depuis quatre ans :-(

Picea glauca 970107 15
Reste la pierre d'achoppement au niveau de la logique écologique de ce projet : le transport des arbres en camion, qui pollue (on a l'aller, mais on a le retour aussi). Il semblerait que la société en question ait en projet des camions électriques. À suivre.

Alors, vraie innovation respectueuse des arbres, ou une nouvelle manière de surfer sur la vague écologique ? A vous de juger.

En attendant, si jamais ça vous dit de devenir "famille d'accueil" pour un épicéa gentil, sociable, propre (ben oui, il perdra nettement moins ses aiguilles, forcément !) et pas farouche, il paraît que la société a déjà enregistré cette année plus de 600 commandes.

Leur site est pour le moment exclusivement en néerlandais  : http://www.bloggen.be/champwell/

Pour commander :

CHAMPWELL
BioPromo vzw
Kloosterbaan 70/1
B-2370 Arendonk

014 770 297
0486 795 815

champwell@telenet.be



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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:59

Voici un article de Michèle Boisvert et Diane Lesage, au titre excellent, qui est une bonne entrée en matière pour parler de l'espèce de racisme larvé "anti-grosse" qui sévit par chez nous, que ce soit à travers des regards, des réflexions, des soupirs ou carrément des brimades....


Voici le début :

"Les plus anciens objets découverts à ce jour et représentant le corps humain remontent de la période du paléolithique supérieur et ce sont pour la plupart des sculptures de nus féminins. Ce sont les premières oeuvres d’art dans l’histoire de l’humanité. Ces statuettes, dont certaines datant de 25,000 ans av. J.C. (ex. : la Déesse de Willendorf), étaient des représentations de Déesses de la Fécondité-Fertilité et sans doute des objets de cultes visant à assurer la reproduction, la survie de l’espèce. Leur particularité est que ces corps sont dotés de formes très généreuses, elles ont de gros ventres, des seins lourds et tombants, des hanches larges et de grosses cuisses. À cette époque, avant l’avènement des premières civilisations patriarcales, les femmes avaient du pouvoir. On parle de la grande religion féminine, celle de la Terre-Mère, qui assure la survie et le bien-être des enfants, qui leur fournit de la nourriture, de l’eau, des vêtements pour survivre à l’hiver, des plantes de pouvoir pour guérir les maladies. On respectait cette divinité protectrice (Grande-Mère) et ces statuettes servaient à exprimer cette vénération. De plus, selon l’historienne Merlin Stone dans son ouvrage mondialement reconnu: « Quand Dieu était femme », les divinités féminines étaient vénérées aussi pour leur courage, leur force et leur sens de la justice.


Au fil des siècles et des cultures, la grosseur féminine a souvent été associée à la fécondité et a été appréciée, valorisée et célébrée par les artistes et la population en général. Dans la culture occidentale actuelle, ces Vénus aux formes exponentielles représentant alors la sexualité sont l’objet de mépris et de moqueries; elles sont exactement ce que les femmes ne veulent pas être, bref tout ce qu’on trouve laid aujourd’hui. Pourquoi?"


Pour la suite : c'est par ici
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 20:52

Un chouette site que je viens de découvrir avec  mes gosses ce mois-ci, qui vulgarise tout un tas de concepts écologiques, à travers de petites animations vidéo, des dossiers informatifs, des "trucs", le fameux jeu "Clim'City", et plein d'autres choses...

Un site vivant, coloré, et qui donne envie aux enfants de comprendre, de participer... sans les abrutir. Chouette initiative je trouve.

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 19:11


Voilà... aujourd'hui c'est le solstice d'été, c'est Litha... alors juste un petit post pour rendre grâce à tout ce qui nous est offert en cette période d'abondance.

Joyeux Litha à tous ceux qui passeront par là !





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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 22:14

Aujourd'hui, on a essayé un truc nouveau, est ça a été une vraie réussite : les rouleaux de printemps. Les vrais. Vous savez, ces machins froids absolument délicieux faits avec des feuilles de riz, des crudités et un peu de viande ou de crevettes, et qu'on trempe dans une sauce divine ?

Souvent, par chez nous, on fait la confusion entre les rouleaux de printemps et les nems (ou croquettes vietnamiennes). Ca n'a rien à voir. Les nems sont frits, c'est un autre monde. Les rouleaux de printemps, c'est une explosion de fraîcheur et de saveurs exotiques. Idéal quand il fait chaud. Très chouette aussi quand on reçoit des amis à mon avis, parce qu'on peut absolument tout faire à l'avance, et c'est convivial.

Alors, non seulement ce plat est une tuerie, mais en plus, c'est vraiment fun à faire avec les enfants, parceque chacun peut faire sa petite popote à table, en choisissant ce qu'il veut mettre dedans, et comble du plaisir : on mange avec les doigts !!  C'est tout bon pour les mômes ça.
Mais le secret de la réussite, la botte secrète, c'est la sauce. Je dois dire que je suis ultra-fière de celle que j'ai concotée au pif, donc je vais m'empresser de noter ça ici pour ne pas oublier pour la fois prochaine. Autant que vous en profitiez aussi donc.
Bon, pour les puristes, je préviens qu'il s'agit de MA version.

Alors, il vous faut :

Pour les rouleaux
1 sachet de feuilles de riz rondes (c'est le plus compliqué à trouver pour qui n'habite pas en ville)
Des vermicelles de riz (pour 6, j'en avais fait à peu près 300g)
2 ou 3 carottes
1 concombre (ou 1 courgette si on aime pas le concombre, comme mon homme)
Du porc cuit ou du jambon
Des crevettes
Quelques feuilles de salade
Des herbes (principalement coriandre et menthe, mais moi j'avais mis aussi ciboulette et mélisse).

Pour la sauce
Du shoyu ou du tamari
Le jus d'un citron
Des cacahuètes non salées
Un peu de vinaigre de riz, de cidre ou balsamique
Du sucre
Du gingembre frais (pas obligatoire, mais c'est meilleur)
Une ou deux gousses d'ail
Eventuellement un peu de semoule de riz pour lier.


Le mieux, c'est de commencer par la préparation de la sauce, qui doit avoir le temps de refroidir avant de manger.
Désolée pour les proportions ou les temps, c'est approximatif, rien ne remplace votre langue pour goûter si c'est bien :-)
J'ai commencé par verser le tamari dans une casserole, environ l'équivalent d'un petit 75 ml, que j'ai largement coupé avec de l'eau, le jus du citron, et un soupçon de vinaigre. Le tout en fait, c'est d'arriver à votre quantité de sauce désirée (attention, on en consomme pas mal) et que ça garde un goût correct, ni trop salé, ni trop dilué. Là-dedans, j'ai fait fondre quelques cuillères de sucre de canne (idem, goûtez pour voir si ça vous plaît). J'ai rajouté un petit morceau de gingembre râpé et une gousse d'ail rapée, et une bonne poignée de cacahuètes (non salées !) que j'avais préalablement moulues dans le robot. Comme la sauce était fort liquide et que je voulais la rendre plus consistante, j'ai amené à ébullition légère et j'ai rajouté un nuage de semoule de riz, juste pour donner un peu de tenue.
A ce stade, il faut goûter pour arriver au goût qu'on aime.
Laisser refroidir le tout.

Ensuite il faut faire bouillir de l'eau pour recouvrir les vermicelles de riz, qu'on laissera gonfler à couvert pendant une dizaine de minutes environ. Après ça, égoutter, passer sous l'eau froide et laisser refroidir complètement.

Pendant que tout ça refroidit, préparer le reste et le disposer dans de petits plats individuels : découper en tout petits bâtonnets les carottes et le concombre, déchirer en fines lanières la salade, idem pour le porc ou le jambon, découper les herbes tout juste ramassées au jardin ou sur le balcon, ou en tout cas très fraîches  (les "indispensables" sont la coriandre et la menthe, pour le reste, laissez parler votre imagination), rincer les crevettes...

Quand tout est découpé, la sauce et les vermicelles refroidis, il ne reste plus qu'à faire chauffer de l'eau dans une grande casserole (pas trop chaud, l'idéal c'est de pouvoir encore y tremper le bout de ses doigts. Trop chaud, les feuilles de riz s'agglomèrent, et en plus, comme on doit maintenir la feuille avec les doigts, soit on se les brûle, soit on laisse un morceau pas ramolli...).
Tremper chaque feuille de riz pendant quelques secondes dans l'eau (une dizaine, pas plus, ça suffit), qu'on va ensuite étaler prudemment sur une assiette (attention, c'est fragile, ça se déchire vite). Là-dessus, on va disposer ce qu'on a envie d'y mettre, en formant un "boudin" environ au tiers inférieur de la feuille, et sans utiliser toute la largeur (difficile à expliquer, mais faites-le, vous comprendrez tout de suite). Quand on a tout mis, on compresse le boudin, on rabat le bas de la feuille par-dessus, les deux côtés vers l'intérieur, et on enroule bien serré.

Chacun disposera d'une petite coupelle pour mettre sa sauce, et y tremper son rouleau de printemps avant de mordre goulument dedans.
Compter pour les adultes et les plus grands enfants 3 à 4 rouleaux par personne.

C'est un délice je vous dis, tout le monde a adoré !

Et puis rien n'empêche de faire ça avec ce que chacun aime. Pourquoi pas imaginer y mettre du saumon fumé, ou des oeufs cuits en fine omlette et coupés en lanières, des pousses de "soja"... que sais-je. Ok, on s'éloigne de la version vietnamienne d'origine, mais l'idée reste la même.
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 15:31

Ben oui, c'est comme ça avec moi : la moindre petite balade de printemps se transforme en sortie botanique et en cueillette gourmande...

Cette fois-ci donc, tout émoustillée devant l'abondance de ce qui s'était mis à pousser en si peu de temps, j'ai fait ma petite récolte afin de préparer une salade de saison à mélanger à la petite feuille de chêne de la ferme : jeunes feuilles de pissenlit évidemment, fleurs de primevère, feuilles et fleurs de violette, feuilles et fleurs de lierre terrestre, alliaire et sommités de lamier pourpre.

Pour le pissenlit, inutile de vous en parler, tout le monde connaît ! Ne cueillir que des feuilles jeunes et tendres, sinon ça devient vite trop amer.

Pour les primevères, je pense que la plupart d'entre-vous connaissent les "fleurs de coucou", impossibles à confondre avec quoi que ce soit d'autre.

Pour les violettes, idem. De toute façon, qu'elles soient odorantes ou non, ou même si vous les confondez avec des pensées sauvages, pas de problèmes, elles sont toutes comestibles (petit truc pour les reconnaître à coup sûr : les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas, les pensées n'en ont qu'une vers le haut et quatre vers le bas).

Le lierre terrestre... ah, j'adore cette plante ! Elle a une odeur et un goût inimitable, balsamique, très aromatique. Il ne faut pas en mettre trop dans la salade, car sa saveur peut surprendre et couvrir le reste. Essayez de froisser des feuilles entre vos doigts et de les renifler pour commencer, et ensuite goûtez-la du bout de la langue. Vous verrez, c'est surprenant, mais moi j'adore.
Attention !! Ca n'a RIEN à voir avec le lierre grimpant, qui lui ne se mange pas ! Qu'on se le dise.

L'alliaire : ah ça, j'adore aussi. A manger crue, parce que cuite elle devient plus amère. Facile à reconnaître également, ses feuilles sont en forme de coeur et ses petites fleurs blanches en forme de croix à 4 pétales. Quand on la froisse, elle a une odeur d'ail assez prononcée, on ne peut pas s'y tromper.  Cueillir les jeunes feuilles dernièrement poussées, plus tendres.

Le lamier : facile à reconnaître, c'est ce que tout le monde confond toujours avec de l'ortie (il y en a du blanc, du pourpre et du jaune), avec de petites fleurs en glomérules étagées le long d'une tige carrée. Bon, cru, ça n'a rien de transcendant et il n'y a pas de quoi se relever la nuit, mais ça peut agrémenter une salade quand même.

Voilà ce que ça donne mélangé :



Et dans le détail :

    
La primevère sur lit de pissenlit :-)          Le lierre terrestre vachement flouté...


Et pour manger avec ça, j'avais fait des bruschette de pain de ferme aux tomates et à l'échalote, le tout confit dans du miel et du vinaigre balsamique, avec une couche de chèvre frais en-dessous.




Ah là là, il faudrait vraiment que je prenne le temps de finaliser ce site sur les plantes sauvages et l'herboristerie que j'ai en chantier depuis tout ce temps... ça m'énerve de survoler le sujet des plantes, alors qu'il y aurait tant à dire pour ceux que ça intéresse. Ca fait un peu amateur comme ça...

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 10:58

Un p'tit coup de fierté, un p'tit coup de vieux aussi... notre p'tit dernier roule à vélo tout seul comme un grand !

Ca fait toujours quelque chose quand le dernier de ses enfants avance d'une étape. On sait que c'est la dernière fois qu'on vit ça, que plus jamais on ne passera par là, on ne ressentira cela. Ca rend un brin nostalgique quand même.

En attendant, quelques photos de l'évènement immortalisé !





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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 12:48


L'écoulement des saisons, sur fond de musique de Loreena McKennitt, à savourer pour un moment d'apaisement...

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 10:52


Vivre et s'épanouir dans un corps de femme, c'est d'abord et avant tout savoir, sentir concrètement tout au fond de soi que la vie est une succession de cycles plus ou moins longs, imbriqués les uns dans les autres, sur fond de saisons intérieures.

Mes cycles, depuis les années que je n'ai plus recours à aucune contraception chimique pour les perturber, je les vis pleinement chaque mois, en voguant plus ou moins tranquillement sur leurs vagues, mais toujours dans le lâcher prise et l'accueil de mes sensations.

J'accepte avec une sorte de ferveur les tiraillements douloureux et la montée de sève de mes prochaines ovulations, cette lourdeur et ce gonflement que je ressens au fond du ventre, la présence battante et humide de ma fécondité approchant de son apogée et qui se manifeste entre mes cuisses, mon désir qui, à cette période, prend parfois les commandes sans crier gare, mes réactions de femelle câline aux attitudes immémoriales... et j'ai appris à en tenir compte dans ma vie de tous les jours, dans ma façon de ressentir les choses et les êtres.

Ensuite vient la lente et paisible redescente. De "possible mère", réceptive, rieuse, chaleureuse, ouverte et offerte au monde et au mâle , je m'en retourne vers l'intérieur de moi, tranquillement, dans une lent et progressif repli sur moi-même, jusqu'au moment de laisser s'échapper mon sang hors de mon temple et de le rendre à la terre en une prière muette. Pendant cette période, j'ai l'âme entièrement tournée vers mes paysages intérieurs, comme pour me protéger, comme pour emballer ma sensibilité,  qui affleure  dans chacune de mes perceptions, dans un cocon qui amortit le choc avec le monde.

C'est un ballet immuable, celui d'une fleur qui s'ouvre et se referme sans cesse, dans la sérénité d'un rythme naturel et éternel. Je m'y sens bien, maintenant que j'ai apprivoisé tout cela. J'ai avec moi, en bagage, toutes ces années de "féminitude", entrecoupées des périodes hors du temps qu'ont été mes maternités.

Mais pendant longtemps, si je me sentais bien dans mon corps et mon vécu de femme, ça m'a fait peur de regarder s'approcher le moment où mon ventre ne serait plus fertile, où je devrais laisser refluer et s'endormir pour toujours ces désirs sauvages de porter la vie, d'avoir le ventre insolemment pointé vers l'avant et les seins voluptueusement alourdis de lait. Pendant longtemps, ma féminité ne s'est définie que par rapport à ce rôle là, mon rôle de mère, laissant un peu de côté, dans un demi-sommeil, les autres aspects.
Mère d'abord, femme ensuite, seulement s'il restait du temps, de la disponibilité... autant dire très peu finalement. Et je me sentais mal à l'aise, effrayée, à l'idée de retrouver un jour ce temps et cette disponibilité, et me demandant quoi en faire, comment y trouver ma place, tout en y aspirant à la fois.

Seulement voilà, j'avance sur mon chemin, et les fruits de mon jardin mûrissent lentement mais sûrement.

Et mon corps commence tout doucement à faire ses caprices d'automne, à se moquer des "horaires" comme d'une guigne et à n'en faire qu'à sa tête. Mes ovulations n'ont plus la politesse de s'annoncer longtemps à l'avance et me surprennent parfois par leur soudaineté, ou bien se font attendre plus longtemps que de raison sans daigner m'avertir du changement de programme... de quoi y perdre son nord parfois. Ca doit être ça qu'on appelle poétiquement la "pré-ménopause", bien que pour l'instant je n'en perçoive que quelques vagues signes avant-coureurs. Et curieusement, maintenant que je me trouve au seuil de ce que j'ai tant redouté, je n'éprouve plus rien de ces angoisses et de ces questions identitaires qui m'ont tellement travaillée.

Depuis quelque temps donc, ça ne me fait plus peur, ça ne me rend plus ni triste, ni nostalgique. Je suis en train de refermer ce livre-là, tout doucement, au même rythme que poussent mes enfants et qu'ils se détachent de leur arbre-mère pour s'en aller chercher ailleurs leur nourriture affective. Je commence à pouvoir ressentir à nouveau "l'appel du large", à me penser femme avant de me penser mère, à jouir de mon temps et de mon corps comme si je me rendais compte tout à coup, émerveillée, que finalement ils m'appartiennent en propre, et non à ma famille. Merveilleuse sensation, cette semi-liberté retrouvée sans remord et sans regret. C'est drôle comme on peu arpenter une route pendant longtemps sans réaliser vers où on va, et ne se rendre compte de la destination qu'une fois rendu sur place, ou en tout cas en vue de l'étape.

Alors évidemment que mes petiots ont encore besoin de moi, et que je ne me prive pas d'être encore pour eux et avec eux cette louve protectrice et dévouée que j'ai tant aimé être... mais progressivement, certains pans de ciel se dégagent, me révélant des paysanges oubliés ou encore inconnus, m'apportant les senteurs d'un monde où je sais que j'ai ma place. Et cette place, c'est d'abord - et enfin - en moi que je l'ai trouvée. J'apprends avec un étonnement candide à m'autoriser une existence en propre, uniquement définie par rapport à moi-même, à mon être profond, et non plus par rapport à un rôle à jouer, aussi gratifiant et doux soit-il. Avant d'être mère, avant d'être compagne, je suis femme, je suis moi. Et de le réaliser, de l'accepter, me confère une sérénité nouvelle et une façon de ressentir les choses moins désespérée, moins pathétique. Ce que je donne de moi, je le donne désormais en pleine lumière, debout sur mes deux pieds, et non plus en tremblant et dans la crainte de déplaire ou de ne pas recevoir en retour.

Je vis.

Voilà... je voulais juste rendre compte de cette évolution-là, pour qu'éventuellement d'autres femmes, traversant la même incertitude que j'ai connue par rapport à l'avancée des saisons, sachent que l'esprit et le corps ont souvent le bon sens de cheminer à peu près de concert, et que ce qui nous paraît punition un jour peut devenir bénédiction quelque temps plus tard, sans crier gare.



Je ne sais pas de qui est ce dessin, mais si quelqu'un peu m'aider à rendre à César ce qui lui appartient... ?



Ici bien entendu, une oeuvre de Josephine Wall, d'un style reconnaissable entre tous.
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 10:57

Voilà, un autre site coup de coeur (ou plutôt deux, mais concernant la même artiste) que j'ai envie de partager avec vous : Instants Suspendus et  kyrsun.net

Ses photos sont à tomber, allez les voir, c'est splendide !

Et en plus, et c'est bien ce qui me séduit également dans sa démarche, Mylène Bressan les propose en libre téléchargement (pour usage non commercial bien entendu, et pour peu qu'on mentionne son nom, ce qui est la BASE du respect sur Internet, faut-il le rappeler.. ?).

Pour vous allécher, je vous mets ci-dessous quelques exemples, parmi tant d'autres...



Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


Photo Mylène Bressan


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