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Mardi 16 août 2005 2 16 /08 /2005 00:00
article paru dans le numéro de l’automne 1990, Earth Island Journal.*

Sur le plancher d’atelier d’équarrissage est empilé " le produit cru " : des montagnes faites de millier de chiens et de chats morts ; des têtes et des sabots de bétail, des moutons, des porcs et des chevaux ; des mouffettes entières; des rats et des ratons laveurs—tous attendant d’être traités. Dans la chaleur de 90 degrés farenheit, les tas d’animaux morts semblent être vivants puisque des millions d’asticots essaiment au-dessus des carcasses.
Deux hommes masqués avec des foulards commencent à actionner des Bobcat mini-dozers, chargeant le cuiseur dans un puits en acier inoxydable profond de 10 pieds. Ce sont des ouvriers non déclarés du Mexique, faisant un sale travail. Une foreuse-broyeuse géante au bas du puits commence à tourner. Les os et la chair sautant par le serrage sont des bruits d’un cauchemar que vous n’oublierez jamais.

L’équarrissage est le processus pour faire cuire la matière première animale pour enlever l’humidité et la graisse. L’atelier d’équarrissage fonctionne comme une cuisine géante. Le cuiseur mélange le produit cru afin de maintenir un certain pourcentage entre les carcasses des animaux de compagnie, bétail, excréments de volaille et rejets de supermarché. Une fois que la masse est coupée en petits morceaux, elle est transportée à une autre foreuse pour un râpage. Elle est alors cuite à 280 degrés farenheit pendant une heure. La cuisson par lots continue sans arrêt 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, faisant fondre la viande des os dans le " potage " chaud. Pendant ce procédé, le potage produit une graisse de suif jaune qui monte à la surface et qui est écumée. La viande cuite et l’os sont envoyés à une presse de percussion qui serre pour extraire l’humidité restante et qui pulvérise le produit dans une poudre graveleuse. Les écrans de dispositif trembleur tamisent pour séparer les poils excessifs et les morceaux d’os. Une fois que le lot est terminé, tout ce qui reste est la graisse jaune, la farine de chair et la farine d’os.

Comme l’" American Journal of Veterinary Research " l’explique, cette farine recyclée de viande et d’os est utilisée en tant que source de protéines et d’autres nutriments dans les régimes de la volaille et des porcs ainsi que dans les aliments pour animaux familiers, avec des quantités plus faibles utilisées dans l’alimentation du bétail et des moutons. La graisse animale est également utilisée dans l’alimentation pour animaux en tant que source d’énergie.

 " Chaque jour, des centaines d’ateliers d’équarrissage à travers des Etats Unis expédient par camion des millions de tonnes de ce " renforceur de nourriture " aux ranchs de volaille, aux parcs d’engraissement (feedlots) de bétail, aux laiteries et aux élevages de porc, aux fabricants d’alimentation pour les poissons et aux fabricants de nourriture pour les animaux de compagnie, où elle est mélangée à d’autres ingrédients pour nourrir les milliards d’animaux que les humains, mangeant de la viande, à leur tour, mangeront.

Les ateliers d’équarrissage ont différentes spécialités. La désignation sur l’étiquette d’un "passage particulier " de produit est définie par la prédominance d’un animal spécifique. Quelques noms de produit-étiqueté sont : la farine de viande, les sous-produits de viande, la farine de volaille, les sous-produits de volaille, la farine de poisson, l’huile de poisson, la graisse jaune, suif, la graisse de bœuf et la graisse de poulet.
Les ateliers d’équarrissage exécutent une des fonctions ‘les plus précieuses’ sur terre : ils recyclent les animaux utilisés. Sans l’équarrissage, nos villes encourraient le risque de se remplir de carcasses malades et pourrissantes. Les virus et les bactéries mortels s’étendraient sans contrôle parmi la population. La mort est la matière première numéro un dans une industrie où la demande des ingrédients d’alimentation dépasse de loin l’approvisionnement en produit cru. Mais ce système raffiné de production de nourriture par la gestion des déchets s’est transformé en un cauchemar de recyclage. Les ateliers d’équarrissage traitent inévitablement les déchets toxiques.

Les animaux morts (" le cru ") sont accompagnés d’un menu entier d’ingrédients indésirables. Les pesticides entrent dans le processus de recyclage par l’intermédiaire du bétail empoisonné, et de l’huile de poissons lacée avec du DDT de contrebande et d’autres organophosphates qui se sont accumulés dans les corps des maquereaux et des thons de la Côte Ouest. Puisque des animaux sont fréquemment poussés dans le puits avec des colliers anti-puce toujours attachés, les insecticides contenant les organophosphates entrent dans le mélange aussi. L’insecticide Dursban arrive sous forme d’insecticides cutanés de bétail. Les pharmaceutiques coulent à partir des antibiotiques dans le bétail, et des drogues d’euthanasie données aux animaux de compagnie sont également incluses. Les métaux lourds s’accumulent d’une variété de sources, les plaquettes d’identification des animaux de compagnie, les broches chirurgicales et les aiguilles.

Même le plastique termine dans le puits. Les viandes, les poulets et les poissons invendus des supermarchés arrivent dans des plateaux de mousse de styrol recouverts de filme plastique. Personne n’a le temps pour la corvée pénible de déballer des milliers de paquets de viande périmée. Encore plus de plastique est ajouté aux puits avec l’arrivée des étiquettes d’identification de bétail, des insecticides plastiques cutanés et des sachets en plastique vert contenant des animaux de compagnie en provenance des vétérinaires. Le coût de la main-d’œuvre montant en flèche est un des facteurs économiques forçant les colporteurs industriels de chair à tricher. Il est trop coûteux pour que le personnel d’usine découpe des colliers anti-puce ou pour déballer les biftecks pourrissants. Chaque semaine des millions de paquets de viande emballés en plastique passent par le processus d’équarrissage et deviennent un des ingrédients non-désiré dans l’alimentation des animaux.

L’état le plus écologiquement conscient aux Etats-Unis est la Californie où les contrôles sur place et l’analyse des ingrédients des aliments pour animaux se produisent à la cadence incertaine d’une fois tous les deux mois et demi. L’agence d’état chargée de la surveillance est le Département (Ministère) de l’Agriculture, la division de la conformité d’alimentation pour animaux et de l’engrais. Son objectif principal est de déterminer la véracité de l’étiquetage : est-ce que le pourcentage de protéines, phosphore et calcium correspondent aux prétentions de l’atelier d’équarrissage, les pourcentages répondent-ils aux exigences de l’état ? Cependant, l’analyse des pesticides et d’autres toxines dans l’alimentation animale est incomplète.

En Californie, huit inspecteurs de terrain contrôlent l’industrie d’équarrissage qui nourrit les animaux qui sont ensuite mangés par les 30 millions de résidents de l’Etat. Cependant quand il s’agit des ateliers d’équarrissage, les agences fédérales et de l’état ont mis à jour une politique de non-intervention permettant à l’industrie de devenir en grande partie autorégulatrice. Un article dans le numéro de février 1990 de Render, la revue nationale de l’industrie, suggère que l’autorégulation de certains problèmes de contamination ne fonctionne pas.

Un programme de surveillance a déjà été entamé après un début précaire : le programme d’Information/Réduction des Salmonelles, élaboré sous les auspices de l’Association Nationale d’Equarrisseurs. La revue déclare que " …à moins que les équarrisseurs américains et canadiens retirent leurs têtes du sol et manifestent leur sérieux au sujet de la réduction d’incidence de la contamination de salmonelles dans leurs farines animales protéinées, ils vont être confrontés… à de nouveaux règlements gouvernementaux excessivement rigoureux ".

Jusqu’ici, le programme d’auto-régulation volontaire ne fonctionne pas. Selon certaines sources, seulement environ 20 pour cent de l’ensemble des compagnies produisant ou chargées de mélanger la farine animale protéinée se sont engagées dans ce programme… " Beaucoup moins encore ont effectué des contrôles concrets. Le journal américain de la recherche vétérinaire (The Americain Journal of Veterinary Research) a conduit une enquête en 1985 dans un atelier d’équarrissage typique, sur la persistance du phénobarbital de sodium dans les carcasses des animaux euthanasiés, et a trouvé que " …pratiquement aucune dégradation de la drogue ne s’est produit pendant le processus d’équarrissage conventionnel… " et que " …le potentiel de dégradation d’autres contaminants chimiques (par exemple les métaux lourds, les pesticides et les toxiques environnementaux qui peuvent causer des mortalités massives de troupeau) pendant l’équarrissage conventionnel a besoin d’être davantage évalué. "

Les équarrisseurs sont les associés muets dans notre chaîne alimentaire. Mais les initiés inquiets commencent à parler, et un sujet qui continue à être soulevé dans la discussion concerne les pesticides. " La possibilité d’empoisonnement pétrochimique de notre nourriture est devenue une réalité. Les organismes gouvernementaux et industriels sont en train de permettre que les toxines soient recyclées par mégarde depuis des rues et des rayons de supermarché vers la chaîne alimentaire. Etant donné que nous abordons une nouvelle décennie de problèmes de pollution de plus en plus complexes, nous devons revoir notre position par rapport à l’environnement. N’étant plus des chasseurs, nous devenons les victimes de notre chaîne alimentaire technologiquement modifiée.*

La possibilité d’empoisonnement pétrochimique de notre nourriture est devenue une réalité.

Maintenant, voici quelques autres points intéressants :

Une étude de l’USDA (ministère de l’agriculture américain), daté de 1991, déclare que "approximativement 3,6 milliard de livres de farine de viande et d’os, farine de sang et farine de plume [ont été] produit en 1983. " De cette quantité, 34 pour cent a été utilisé dans l’alimentation d’animaux de compagnie, 34 pour cent dans l’alimentation de volaille, 20 pour cent dans l’alimentation de porc et 10 pour cent dans l’alimentation du bétail et de vaches de laiterie. La revue Scientific American fait référence à une augmentation dramatique dans l’utilisation de protéine animale dans l’alimentation commerciale de vaches de laiterie depuis 1987.

Le bétail que tant de braves gens mangent tous les jours ne font pas que s’engraisser sur la chair de leurs camarades, mais ils se nourrissent aussi sur le fumier d’autres espèces. Régalez vos yeux sur cette information en provenance de U.S. News and World Report : "Le fumier de volaille en particulier, qui coûte de $15 jusqu’à $45 par tonne par rapport à $125 par tonne pour la luzerne , est employé de plus en plus en tant qu’alimentation par les éleveurs de bétail malgré des risques potentiels pour le consommateur… De plus en plus d’éleveurs ont recours au fumier de volaille en tant qu’alternatif aux céréales et au foin. "

Le même article cite l’éleveur Lamar Carter, qui nourrit ses 800 têtes de bétail avec un brouet de sorcière de son de soja et de fumier de volaille. " Mes vaches sont aussi grosses que des patapoufs. Si je n’avais pas des éjections de volaille, je serais obligé de vendre la moitié de mon troupeau. Une autre alimentation est trop chère. "

L’éleveur Carter ne le mentionne pas, mais les journalistes Satchell et Hedges le font : " Le fumier de volaille contient souvent des bactéries de campylobacter et de salmonelle qui peuvent provoquer la maladie chez l’homme, aussi bien que les parasites intestinaux, les résidus de drogues vétérinaires et des métaux toxiques lourds tels que l’arsénique, le plomb, le cadmium et le mercure. Ces bactéries et toxines sont transmises au bétail et peuvent être transmises à l’homme qui mange du bœuf contaminé par l’excrément lors de l’abattage. "

Si l’on ne les nourrit pas de sous-produits de l’équarrissage ou de fumier de volaille, selon l’article de Satchell et Hedges, " les producteurs de nourriture animale et les éleveurs ont déjà commencé à utiliser ou à expérimenter les ordures d’alimentation déshydratées, les graisses vidées des friteuses de restaurant et des siphons de graisses, la poudre sortie des fours à ciment, même du papier journal et du carton dérivés de la cellulose de plante. En plus, les chercheurs ont expérimentés avec le fumier du bétail et du porc ainsi que des vidanges des excréments humains. De nouveaux additifs à l’alimentation sont en train d’être introduits à une telle vitesse, dit Daniel McChesney, à la tête de la sécurité d’alimentation animale pour l’Administration de la Sécurité Alimentaire et Pharmaceutique (FDA), que le gouvernement est dépassé dans l’effort d’établir une réglementation les concernant.

Le fumier du bétail et du porc ainsi que les vidanges d’excréments humains en tant qu’aliments éventuels pour les animaux, tous mangés par les humains…
 
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Mardi 16 août 2005 2 16 /08 /2005 00:00

"Nous sommes au début du lessivage de notre espèce"

Bernard Herzog est docteur en Médecine, spécialiste en électro-radiologie diagnostique et thérapeutique et licencié ès-Sciences. Ancien chef de travaux de biophysique, il fut également chef de service du CHU de Nantes et professeur à la Faculté de Médecine de Nantes. Après avoir publié "Le transgénique, les premiers signes d'une catastrophe", il récidive avec "Les 7 Fléaux : le péril écologique", un nouvel ouvrage coup de poing* dans lequel il dresse un réquisitoire sans complaisance sur les errements et les déviances de notre société qui, selon lui, sont à l'origine de l'essor des maladies dégénératives et métaboliques.

- Vous lancez un réquisitoire sévère contre les errements de notre société. Quel est son principal crime ?
Son crime est d'avoir rompu son alliance antique avec la nature. Dans les alpages, il n'y a pas de vaches folles. Lorsqu'elles vivent parquées, les vaches mangent toujours la même herbe (nourriture répétitive entraînant des carences) qui pousse sur un sol traité pour accélérer la repousse de l'herbe (les nitrates ingurgités vont perturber le cycle de l'azote de l'animal). De plus, ce sol constamment sollicité s'en trouve appauvri en éléments organiques et minéraux et l'herbe qu'il produit est dégénérée et peu nutritive. Ajoutez à cela les déjections animales qui s'entassent et font grimper la concentration des sols en ammoniaque et vous comprendrez pourquoi ces vaches deviennent "folles". La solution consiste en un retour à une agriculture respectueuse des sols.

- Les maladies de la peau, les maladies bronchiques c'est encore "la faute à la pollution atmosphérique" ?
L'air ambiant est chargé de bactéries que notre système immunitaire est normalement capable de combattre en détruisant les cellules déficientes. Mais la pollution atmosphérique va jouer un rôle insidieux sur ces bactéries en les faisant muter. Elles deviennent plus agressives. Le système immunitaire, débordé, est en détresse et incapable de les contrer. Les maladies de peau et de la sphère ORL se multiplient.

- Vous voulez bannir les céréales responsables de l'envol des maladies respiratoires et cardiovasculaires ?
Jadis, les grains de blé étaient ovales. Aujourd'hui ils sont oblongs, assez plats et parfois totalement ronds. Ce blé "moderne" très riche en gluten, passe très vite dans le tube digestif et se transforme à peine en fibres dans l'intestin. II contient des acides aminés et des vitamines modifiés. De plus, ce blé muté est déficient en oligo-éléments et le pain qui en résulte a une composition chimique particulière (non conforme aux recettes biochi-miques inscrites dans le génome depuis des millénaires et qui permettent de fabriquer les enzymes qui lui sont spécifiques). Pour commencer, ce pain agit en modifiant la composition chimique de la salive qui agressera à son tour la langue, le palais, les glandes amygdaliennes et l'irritation continuera tout au long du tube digestif. Pendant ce temps, le système immunitaire est sans cesse sollicité pour permettre à l'organisme de survivre malgré ses défaillances.
S'il est dépassé on aboutit à des allergies cutanées, des bronchites asthmatiques répétitives qui vont évoluer vers une insuffisance respiratoire avec pour conséquence une ventilation anormale du sang et possibilité d'insuffisance cardiovasculaire ou artérielle.

- Racontez-nous cette croustillante histoire de pain carencé et falsifié.
Pour commencer on ajoute de la farine de fèves qui entraîne des fermentations coliques. Pour faire lever plus vite le pain, on ajoute des levures chimiques hautement toxiques. Pour conserver la pâte, on la congèle à -30 °C : première fermentation des bactéries dites du froid, très nocives. Puis on transporte la pâte à -18 °C : rupture de la chaîne du froid et deuxième fermentation de bactéries qui va continuer "d'exterminer" les nutriments. Pour achever la destruction, les boulangers cuisent la pâte à pain à 230 °C (au lieu des 120 °C dans un four à bois traditionnel) pour arriver à un produit totalement vide de nutriments, dépourvu de vitamines, de minéraux et bourré de bactéries agressives à effets pathogènes notamment sur les amygdales d'où des angines à répétition et des amygdalites.-

Vous affirmez, sans sourciller, que le sucre fera disparaître par dégénérescence l'espèce humaine.
Le massacre commence dans les pots de bébé et continue avec les bonbons distribués aux enfants comme récompense. Nos enzymes cellulaires sont adaptées au galactose (sucre du lait), au fructose (fruits) et au miel. Or, le saccharose est un sucre artificiel d'origine industrielle qui apporte une énergie factice, car elle ne se consume pas mais se caramélise au niveau des muqueuses intestinales. "Ce caramel" ne peut pas intégrer les cycles du métabolisme cellulaire. Ce corps étranger va encombrer l'organisme, modifier les fonctions digestives, les ralentir et, en formant un film sur les enzymes, en bloquer l'action. Résultat : déficiences enzymatiques et carences immunitaires. L'estomac est obligé de fabriquer de plus en plus d'acide chlorhydrique pour dissocier le disaccharide. Il en résulte des aigreurs. Le pancréas s'épuise à éponger l'excès d'acide. Il s'atrophie. Le foie va absorber le sucre sans pouvoir l'éliminer et s'encrasser jusqu'à l'asphyxie. Le cerveau n'étant plus alimenté en glucose, il en résulte une difficulté à l'attention et une baisse de résistance intellectuelle et physique. Cette intoxication sournoise se déroule sur une période de cinq à 25 ans. À l'adolescence, le bilan s'alourdit avec à la clé obésité, perturbation du développement endocrinien et installation d'une véritable toxicomanie.

- Vous accusez, preuves à l'appui, les industriels d'irradier nos aliments.
Nos aliments sont de plus en plus souvent passés dans des chambres d'irradiation pour en éliminer les germes. C'est vrai pour 100 % des conserves et surgelés. Dans les centrales d'achat on utilise des bombes au cobalt et des accélérateurs de particules pour irradier les pommes de terre et les oignons et arrêter leur germination. L'irradiation va éliminer les vitamines A, C, D, E et permettre la formation de radicaux libres avec risque de déboucher sur des tumeurs cancéreuses.

*
" Les 7 fléaux : le péril écologique" de Bernard Herzog, aux Éd. du Cram, 253 pages, 24 € (port compris) auprès de Association Arabel, 34 rue D' P Michaux, 44230 St Sébastien/Loire Tél. 02 40 34 27 48

Par Tinuviel - Publié dans : --> Nutrition, équilibre alimentaire
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Vendredi 12 août 2005 5 12 /08 /2005 00:00
Edifiant ! Si on se demandait encore pourquoi il vaut mieux consommer intelligent, respectueux,  et privilégier les petits producteurs pour ne pas nous empoisonner et empoisonner nos enfants ... voici de quoi ne plus se poser de questions :


(Un article extrait du magazine hebdomadaire Marianne n°406 du 29 janvier 2005, écrit par Jean-Claude Jaillette.)

Voici sans doute l'histoire la plus noire de la malbouffe.

Le scandale du beurre frelaté, aussi appelé «beurre de la mafia italienne », couve depuis l'année 2000. Entre 1997 et 1999, 16 000 tonnes de beurre ont été confectionnées dans la région de Naples à partir d'un tiers de vrai beurre et de deux tiers d'huile de coco et de graisses d'équarrissage.
Le tout amalgamé à l'aide d'hydrocarbures et de divers produits chimiques utilisés dans des cosmétiques importés d'Allemagne.
Déjà la seule composition vous met le cœur au bord des lèvres. Mais le plus sordide reste à venir. Contrairement à ce qui a été écrit jusqu'à présent, ces graisses n'étaient pas du suif, produit particulièrement raffiné de l'équarrissage, mais des graisses fabriquées à partir de déchets de bovins - cervelles, moelle épinière, colonnes vertébrales -, mis à l'écart lors de l'abattage parce que susceptibles de porter des prions responsables de la transmission de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie de la vache folle. L'information figure dans le rapport de la police italienne qui a servi de base au procès de ceux qui se sont livrés à cette fraude. L'agent de transmission de la maladie étant contenu dans les graisses, et pratiquement indestructible, même à très haute température, il y a tout lieu de penser que le faux beurre a été contaminé, si les déchets l'étaient. Or, 80 % de ce mauvais beurre ont été exportés vers la France, 20 % vers l'Allemagne et la Belgique.

Un dossier énorme

Enquêtant sur une série de meurtres dans une fabrique de beurre, la police italienne finit par obtenir les confessions d'un repenti : il révèle qu'une vaste fraude aux subventions européennes a été organisée dans la région de Naples avec le soutien très actif de la Camorra, la branche napolitaine de la Mafia. Il s'agissait de fabriquer une marchandise à prix cassé tout en touchant des subventions réservées à l'exportation de produits laitiers composés à 99 % de beurre. Le repenti a tout balancé : le nom du scientifique italien, expert reconnu en produits laitiers, qui a mis au point la formule chimique, puis certifié le « vrai-faux » beurre ; les noms des fonctionnaires de la police, des douanes et de la répression des fraudes, achetés pour qu'ils ferment les yeux... Puis sont venus les noms des entreprises clientes, françaises notamment. La plus grande partie de la marchandise a transité par un petit courtier, Sodepral (Val-de-Marne), missionné par une entreprise de l'Orne, Fléchard SA, spécialisée dans le beurre destiné à la pâtisserie industrielle et à la biscuiterie, mais aussi en butterghee, ces beurres mous réputés pauvres en cholestérol, et en produits laitiers gras destinés à la reconstitution de lait à partir de poudre. Fléchard fournit de grands groupes laitiers comme Socliaal (Yoplait, Candia) et exporte ses productions vers le Moyen-Orient et l'Afrique. Lorsqu'il exporte hors de l'Europe ou fournit la pâtisserie, Fléchard obtient des subventions de l'Union européenne ... pour des produits authentiques.

La quasi-totalité des grands groupes laitiers ont été cités par le repenti que plus rien ne semblait pouvoir arrêter. A la suite de l'enquête italienne et après une plainte de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) de l'Union européenne, la justice française a été saisie. Une instruction a été ouverte en 2000. Seuls les dirigeants de Sodepral et de Fléchard ont été mis en examen pour «escroquerie en bande organisée et fraude sur la qualité substantielle». Aucune charge n'a été retenue contre les autres entreprises.
Depuis, deux autres juges d'instruction se sont succédé, laissant penser que la justice française traînait les pieds. "Faux", répond-on au tribunal de Créteil, chargé de l'affaire.
Le dossier est énorme, des commissions rogatoires internationales ont été lancées, en Italie notamment, pour connaître le volume et le montant des fraudes.


Vache folle ou pas ?


Evidemment, Fléchard comme Sodepral plaident la bonne foi. «Et, d'ailleurs, 700 analyses commandées par l'Onilait (Office national interprofessionnel du lait et des produits laitiers]) ont été effectuées, 4 seulement sont douteuses. » Certes, mais les prélèvements ont été effectués sur des échantillons témoins de la production conservée par l'industriel lui-même. De plus, des écoutes téléphoniques figurent dans le dossier d'enquête italien qui laissent à penser que Fléchard et Sodepral protestaient auprès de leur fournisseur italien de la mauvaise qualité des livraisons. Avaient-ils décelé, par l'analyse, la présence de graisses d'équarrissage dans le beurre? Ont-ils importé en connaissance de cause ? L'instruction tente de démêler le vrai du faux.
Depuis le début de l'affaire, une eurodéputée allemande, Gabriele Stauner (PPE), n'a eu de cesse d'interroger la Commission européenne sur les risques sanitaires liés à la consommation des biscuits confectionnés à l'aide de ces beurres frelatés. Risques cancérigènes liés aux hydrocarbures ? Vache folle ou pas ? Convenant de l'existence des dangers potentiels, la Commission a renvoyé la responsabilité de l'alerte aux Etats membres qui connaissaient le dossier grâce aux instructions judiciaires.

Quel Etat a organisé le rappel des produits dès 2000 ? Aucun. 
«Aucun n'a voulu prendre le risque d'une nouvelle psychose liée à l'ESB », affirme Paulo Casaca, eurodéputé (PSE) desAçores. Le ministère de la Santé allemand vient tout juste de reconnaître la réalité du risque. «Il y a trois scandales dans cette affaire, dit Jean-Louis Thillier, expert en santé publique auprès de la Commission européenne. La fraude aux subventions, la mise en danger de la santé publique et la passivité des Etats. »
Un détail encore : Gabriele Stauner, l'empêcheuse de baratter en rond, n'a pas été réélue. Elle était en position inéligible sur la liste de son parti. L'entreprise allemande mise en cause dans cette affaire et condamnée à rembourser les subventions indues est installée sur sa circonscription.

 
Par Tinuviel - Publié dans : --> Nutrition, équilibre alimentaire
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