SANTE, EQUILIBRE VITAL

Mardi 23 septembre 2008


Peut-être en avez vous déjà entendu parler, ou lu l'information quelque part : 49 bébés indiens qui subissaient des test pharmaceutiques sont décédés  à l'Institut des Sciences Médicales de New Delhi.

[mode "mauvaise langue" on] Petite parenthèse : on se demande d'ailleurs bien pourquoi, tout à coup, tous les medias s'en émeuvent , alors que les pratiques peu scrupuleuses (et c'est un euphémisme) de l'industrie pharmaceutiques sont pourtant bien connues, et se déroulent généralement dans l'indifférence la plus totale. Ca fait partie des mystères de notre société qui fonctionne par soubresauts successifs, petites phases de réveil brutal au milieu d'un océan de léthargie bovine. Enfin, quand je dis brutal : l'info date quand même du 18 août ... il a donc fallu un bon mois pour sortir du sommeil hein ... ce n'est pas si brutal que ça.[mode "mauvaise langue" off]

Alors, les faits, ou du moins ce que l'on en connaît : des test cliniques ont été initiés voici à peu près 32 mois sur un groupe de 4142 bébés de moins d'un an. 49 d'entre-eux sont décédés au cours de ces essais. De quoi ? On n'en sait encore rien à ce stade.

Nous avons donc plus de 4000 nourrissons ayant servi de cobayes à de grands labos pharmaceutiques (sont cités actuellement : Roche, Novartis et Sankyo Pharma). 4000 enfants provenant de familles dévaforisées (encore un euphémisme, parlons plutôt de misère crasse), dont les parents, illettrés pour l'immense majorité d'entre-eux, n'ont probablement pas compris grand-chose à ce qui leur était proposé, mis à part qu'on allait prendre en charge leur enfant. Merci, merci de tout coeur, oh généreux laboratoires occidentaux, de tant de bonté d'âme. Mais peut-on ici parler de consentement éclairé de la part des parents ? Est-on encore dans l'éthique médicale et pharmaceutique ? Oups, je m'égare : on parle d'argent ... euh, de médicaments ... pas d'éthique ! Où va-t-on si on commence à mélanger tout ...

Aujourd'hui 49 de ces enfants sont morts, mais on ne sait pas de quoi, ni dans quelles conditions. Les essais cliniques sont-ils à mettre en cause ou non ? Les a-t-on soignés pour ce dont ils souffraient réellement, ou bien les a-t-on uniquement utilisés ? Sont-ils décédés des suites des essais ou de l'affection dont ils étaient censés souffrir ? Le flou est de mise.

Ce qui est perçu comme un scandale pour les uns, n'émeut pas forcément tout le monde. On lit même ça et là que de toute manière, ces enfants proviennent de famille n'ayant pas les moyens de s'offrir des thérapies, et qui sont donc trop contentes de pouvoir bénéficier de traitements gratuits dans le cadre d'un essai clinique.
Gratuit ? Je ne vois pas la gratuité là-dedans. En échange de soins que tout être humain, et à fortiori un enfant, est en droit de recevoir, ces parents et ces enfants ont payé le prix fort : ils ont servi de cobayes, à un prix dérisoire, aux industries censées être leurs bienfaitrices. Parce qu'il faut savoir que, pour les labos, faire réaliser des essais cliniques a un coût énorme. Et que quand ces essais sont "délocalisés" (oh, le joli mot) dans des pays comme l'Inde, eh bien ce coût se réduit de ... 40 à 60% ...

On lit aussi de la part de la direction de l'Institut des Sciences Médicales de New Delhi que "de toute manière, ces enfants étaient malades avant le début des protocoles, et qu'on ne peut donc pas imputer tous les décès aux tests". Mais JUSTEMENT !! C'est d'autant plus choquant d'avoir utilisé ces enfants comme cobayes, qu'ils souffraient probablement - et d'après les propres dires de la direction - de maladies graves ! Est-ce le moment, quand un organisme va mal, de l'agresser de telle manière ? Est-ce médicalement raisonnable ?

Si encore il s'était agi de traitements de la dernière chance, de nouveaux médicaments qui auraient pu les soigner et les sauver. Mais de quels tests s'agit-il en réalité ?

Eh bien c'est là où le bât blesse : on parle de molécules contre les carences en zinc, on parle de molécules actives dans des maladies de foie (lesquelles ? Mystère), on parle d'une molécule contre le lymphome non hodgkinien (le Rituximab), et on parle également de molécules contre l'hypertension (Valsartan et Olmesartan). Oui, oui, vous avez bien lu : l'hypertension artérielle. Tout le monde sait que l'hypertension artérielle est fréquente chez les nouveaux-nés n'est-ce pas ? Bref, quelles que soient les affections dont ces enfants souffraient, et quelles que soient les causes de leur décès, on a bel et bien testé sur des NOURRISSONS des médicaments censés combattre certaines maladies graves (maladies du foie, lymphome) et surtout des affections principalement réservées à l'adulte !! Et absolument pas des maladies infantiles ...

Honte sur l'humanité.

Pour être complète, je me dois de préciser que les laboratoires Roche démentent avoir commandé de tels essais ... s'ils le disent ...




Par Tinuviel
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Samedi 1 octobre 2005
Voici un texte de Philippe Rivière, journaliste au  "Monde Diplomatique" (Source), qui date déjà d'octobre 2003, mais qui bien malheureusement n'est absolument pas démodé.

A la suite d'une vague de fusions sans précédent, dix groupes pharmaceutiques se partagent 50 % du marché mondial des médicaments pour le plus grand bénéfice de leurs actionnaires. Ils soulagent la planète et financent la recherche avec le produit des ventes. Voici le visage, lisse et souriant, que les « Big Pharma » présentent au monde. Mais quelques rides commencent à se creuser. On meurt, au Sud, faute de médicaments, souvent trop chers ; on souffre, au Nord, de surconsommation et d'effets secondaires longtemps passés inaperçus. Pourtant, ces firmes semblent ne connaître aucun contre-pouvoir.

Par PHILIPPE RIVIÈRE

Quand il s'agit des turpitudes du marigot politique, la presse adore monter à la « une » les affaires de pots-de-vin. Pourtant, quand Glaxo SmithKline (GSK) fait l'objet, en Italie, d'une gigantesque enquête de police, concernant 2 900 médecins, c'est un silence médiatique quasi absolu : à l'exception du British Medical Journal (BMJ) et du Guardian de Londres (13 février 2003), on ne trouve à peu près rien sur cette énorme affaire. Et pourtant, 37 employés de GSK Italie et 35 médecins ont été inculpés pour «corruption » ; 80 visiteurs médicaux accusés de versements illégaux à des médecins pour qu'ils prescrivent les produits de cette firme plutôt que leurs équivalents génériques. Au cours de son enquête, la police a mis au jour un système informatique élaboré, dénommé Giove (Jupiter), qui permettait aux représentants commerciaux de la firme de suivre, à travers les commandes en pharmacie, les prescriptions des médecins qu'elle avait payés. Et, d'après le BMJ, 13 000 heures d'enregistrements téléphoniques montraient une relation étroite entre les prescriptions et le montant des cadeaux obtenus par les médecins : visites « médicales » au Grand Prix de Monte-Carlo ou aux Caraïbes, versements en liquide de sommes allant jusqu'à 1 500 euros, etc. L'Italie, cas isolé ? Des affaires similaires ont fait surface aux Etats-Unis et en Allemagne...

* * *
En avril 1993, le docteur Nancy Olivieri, de l'Hôpital des enfants malades de Toronto, signe avec la société Apotex Research Inc. un protocole de recherche sur une nouvelle molécule, la défériprone, qui promet d'aider les patients atteints de thalassémie (maladie du sang héréditaire) à éviter les accidents cardiaques dus à une surcharge en fer. Elle est alors loin de se douter que son « cas » fera l'objet, huit ans plus tard, d'un rapport d'enquête de plus de 500 pages. Deux ans après le début des essais thérapeutiques et la publication de premiers résultats encourageants, elle suspecte ce médicament d'aggraver la fibrose hépatique de certains de ses malades. Elle décide alors de faire signer à ses patients une nouvelle lettre de consentement, afin qu'ils soient informés des risques potentiels d'effets secondaires, et soumet celle-ci à sa hiérarchie. Aussitôt, le laboratoire met fin au contrat (sans annuler les recherches en cours dans d'autres hôpitaux) et menace le médecin de poursuites si elle enfreint la clause de confidentialité qu'elle avait imprudemment signée. Ignorant les pressions, au nom de son devoir envers ses patients, elle présente ses résultats lors d'un colloque.

Elle ne sera soutenue, dans ses six années de déboires judiciaires et professionnels, que par l'Association canadienne des professeur(e)s d'université (Acppu). Le directeur d'Apotex, l'un des «philanthropes » les plus influents de Toronto, avait, il est vrai, proposé un don de 20 millions de dollars à l'université de cette ville pour la construction d'un nouveau bâtiment... A force de ténacité, le docteur Olivieri a toutefois fini par obtenir gain de cause. Réintégrée dans son service, avec une compensation pour les années de recherche perdues, elle a également obtenu que la Commission européenne annule l'autorisation de mise sur le marché de la défériprone, en faisant valoir qu'aucune étude scientifique n'était venue lever les craintes qu'elle avait signalées.

* * *
Pour une otite fulgurante, un médecin a prescrit à Roselyne un antibiotique de troisième génération. Deux jours plus tard, elle se traîne chez elle, la tension au plus bas. Consulté, un autre généraliste lui dit avoir « déjà eu des problèmes avec cet antibiotique » et lui conseille de suspendre le traitement. Le surlendemain, ses forces sont revenues. L'incident est bénin, et rien ne prouve qu'il soit lié à ce médicament. Tant mieux ! Car le généraliste ne dispose, de toute façon, d'aucun moyen de le signaler. Depuis l'avènement de la carte Sésame-Vitale, la Sécurité sociale lui impose pourtant à chaque prestation une connexion à Internet. Mais aucun site ne recense ce type d'observations qui, mises en commun, permettraient aux épidémiologistes de détecter des risques passés inaperçus avant la procédure d'agrément. Les appels du collectif Europe et médicament pour que l'on associe plus les patients à la pharmacovigilance n'ont, pour le moment, pas été entendus par la Commission européenne.

L'association de lutte contre le sida Act Up-Paris a longtemps déploré l'absence de financement pour affiner les posologies des trithérapies pour les femmes (les cohortes de patients suivis lors des essais thérapeutiques comprenaient principalement des hommes).
Il n'existe, après l'autorisation de mise sur le marché (AMM), aucune obligation légale de continuer à évaluer les produits ou d'assurer le suivi d'un certain nombre de personnes sous traitement. Sans législation contraignante, les essais post-AMM, dits « de phase IV », ne se font donc qu'au bon vouloir des laboratoires. Toujours à court de fonds publics, certains médecins et chercheurs s'enrôlent ainsi dans ce qu'on nomme parfois des « essais marketing ».

* * *
« Nous, on n'est pas trop embêtés par la pub ! confie en riant un rédacteur du magazine L'Infirmière. Contrairement à la quasi-totalité des publications professionnelles du secteur médical, nous n'intéressons aucunement les laboratoires. Nos lecteurs ne sont ni demandeurs ni prescripteurs de médicaments. Au moins, nous sommes assez libres d'écrire sur les sujets qui nous intéressent : la relation avec le patient, l'état des hôpitaux dans le tiers-monde, les difficultés de la profession... » En dehors de quelques publications comme Pratiques (un trimestriel) ou Prescrire (qui offre un regard critique sur les médicaments mis sur le marché), les journaux destinés aux médecins, bien souvent unique outil d'information (et de formation !) au cours de leur carrière, sont, eux, saturés d'annonces publicitaires.

* * *
Suzanne, journaliste, avait quitté Paris pour le sud de l'Angleterre, où elle espérait vivre de piges  ce qui s'avère plus difficile que prévu. Mais voilà qu'elle reçoit, par courriel, une proposition alléchante : « Nous souhaiterions que vous participiez à la rencontre médicale du 22 janvier à Londres, et que vous écriviez un article pour la presse française. L'objectif est d'informer le public à propos d'une maladie prévalente mais relativement inconnue, et des nouvelles avancées thérapeutiques dans le domaine. » Suit un descriptif détaillé de cette « maladie », et des excellents résultats du nouveau traitement. « Conscients que vous ne pouvez garantir la publication de cet article, nous vous verserons la somme de 500 livres pour participer à cette journée, écrire l'article et le proposer à l'Agence France-Presse, au Monde ou au Quotidien du médecin, par exemple. » Intriguée, Suzanne demande quelques précisions. « Je vous rassure, c'est une pratique très courante : il
y aura là dix journalistes britanniques et quatre viendront de Scandinavie. » La copie d'un confrère est glissée en pièce jointe, à titre d'exemple... ou de modèle. « Bien sûr, si vous réussissez à faire publier cet article, il sera plus facile pour moi de vous réinviter par la suite. »

* * *
Médecin généraliste et romancier, Martin Winckler donne, dans sa chronique radiophonique sur France-Inter, son avis sur tout. Mais, le 15 mai 2003, il ose évoquer le dernier livre de Philippe Pignarre, ancien cadre de l'industrie pharmaceutique, qui décrypte la « crise » vécue, selon lui, par les laboratoires : leurs perspectives de développement de nouveautés thérapeutiques majeures s'amenuisent, compromettant à terme la rentabilité financière jusque-là exceptionnelle  du secteur. Sur la chaîne de service public, cela ne fait pas bon ménage avec la publi-information du syndicat patronal des entreprises du médicament (LEEM), pour qui «la recherche avance, la vie progresse » (une campagne déclinée sur France-Info et Radio Classique ainsi que sur les trois chaînes de France Télévisions). Le 4 juillet, la chronique est remplacée, sans explications, par un interlude musical. Le 11, un « droit de réponse » du LEEM s'en prend aux « accusations sans fondements » de Winckler. Depuis lors, face aux questions répétées des auditeurs, les explications des responsables de la chaîne paraissent bien embarrassées.

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A la surprise générale, c'est M. Randall Tobias, l'ancien PDG d'Eli Lilly  heureux fabricant du Viagra , que M. George Bush a désigné pour diriger le fonds américain de lutte contre le sida (15 milliards de dollars sur cinq ans). « Ses connexions avec l'industrie pharmaceutique ont suscité des craintes : M. Tobias s'engagera-t-il à assurer l'accès aux médicaments génériques à bas coûts, s'interroge The Lancet, un des principaux journaux de recherche médicale, dans son éditorial du 12 juillet 2003, ou achètera- t-il des versions sous brevet, protégeant ainsi les intérêts des firmes des Etats-Unis ? »

Le formidable bras de fer commercial sur les brevets pharmaceutiques, qui oppose depuis plusieurs années certains pays du Sud à la triade Etats-Unis - Union européenne  Japon (88 % de la consommation totale de médicaments dans le monde), s'est achevé, à la veille de la réunion de l'Organisation mondiale du commerce à Cancun, par la victoire des « Big Pharma », emmenées par la firme américaine Pfizer ; le chapelet de contraintes qui entourera le commerce des génériques leur garantit un contrôle étroit sur ce marché.

* * *
A Washington, le vote du 23 juillet 2003 à la Chambre des représentants était très attendu : le projet de loi visant à autoriser l'importation de médicaments vendus moins cher à l'étranger qu'aux Etats-Unis transcendait l'habituel clivage politique. Quatre-vingt-sept républicains s'étaient joints à 155 démocrates pour approuver ce qui constituait un défi aux laboratoires  des médicaments aussi courants que l'Augmentin pouvant coûter, aux Etats-Unis, le triple de leur prix en Europe. Editeur de Capital Eye.org (une lettre spécialisée dans l'analyse des contributions électorales), Steven Weiss n'éprouve guère de difficultés à reconstituer les camps politiques : entre 1989 et 2002, les élus qui ont voté « non », conformément aux intérêts des firmes pharmaceutiques, avaient reçu de la part de celles-ci des contributions de campagne trois fois supérieures, en moyenne, à ceux qui ont voté « oui ». En 2002, et si l'on regarde uniquement le camp démocrate, les élus qui votèrent « non » avaient reçu cinq fois plus de dons que les autres ! De qui sont-ils les représentants ?

* * *
Bombardés de slogans assimilant « la recherche » et « la vie », on s'interroge rarement sur le lien réel entre les besoins sociaux de santé et les priorités de développement de tel ou tel nouveau médicament. Les maladies tropicales ne figurent plus sur le radar des laboratoires depuis la décolonisation. Quelles recherches indispensables à la vie mais ne disposant pas en aval d'un marché suffisant sont-elles sacrifiées à la débauche de frais de promotion qui entourent les «blockbusters», ces médicaments à plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires ?

La puissance publique, qui forme les médecins pour les abandonner ensuite à un travail souvent solitaire, sans guère d'outils indépendants pour maintenir à jour leurs connaissances, porte une lourde responsabilité dans cette dérive ; mais elle fait face à un lobby puissamment organisé, jouant sans hésiter du chantage (à l'emploi ou à l'arrivée des nouveautés thérapeutiques) et de l'intimidation. Le patient, quant à lui, ne dispose d'aucun moyen pour se forger une opinion informée (en dehors de la publicité).
L'éventuelle légalisation, par l'Union européenne, de la publicité directe auprès du public risque d'accroître encore la confusion.

Cette mise à l'écart du politique (qui n'est que l'autre nom du «trou » de la Sécurité sociale) n'est pas irrémédiable : diverses propositions permettraient de réintégrer patients et médecins dans les choix de santé  comme l'ont fait, sans attendre d'invitation, les malades du sida. Il faudra en premier lieu faire sauter les verrous intellectuels solidement mis en place par les laboratoires, qui assurent la carrière des chercheurs scientifiques leur ouvrant des marchés et répriment les autres, achètent la bienveillance ou la complicité de certains médias, flattent les « bons prescripteurs » et se défient des médecins « passéistes » qui se contentent de donner de bons vieux médicaments éprouvés... L'industrie  mise en coupe réglée par la finance et disposant de fabuleuses réserves de cash  fait régner, sur l'ensemble des protagonistes, une effrayante police de la pensée. La petite corruption ordinaire instillée par ces pratiques a fini par gangrener, à tous les échelons, le contrat social signé autour de la santé publique.

Par Tinuviel
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Lundi 26 septembre 2005

Voici une lecture que je recommande chaudement à toute personne en réflexion par rapport à la notion de santé autonome et de bien-être.


"Accompagner la santé", suivi de "A propos des engourdissements" et "Croire en ses tensions" de Andréine Bel.

En voici le début ...


De tous temps, lorsqu’une personne reçoit un coup, elle porte immédiatement et spontanément sa main là où elle a mal. S’il s’agit de son enfant, elle pose sa main là où elle sent qu’il en a besoin. Cela fait du bien. Lorsqu’on a froid, on se couvre. On évite ainsi de « prendre froid ». Lorsqu’on est fatigué, on se met
dans un bon bain chaud. Cela détend. On ne peut pas parler de « thérapie » pour tous ces actes de la vie domestique, et pourtant ils préservent notre bienêtre, ou nous aident à le retrouver.
vers un accompagnement conscient et sensible de la faculté qu’a l’être humain de se régénérer, et donc de s’adapter à son vécu et   son environnement. Il s’agit ici d’un « savoir domestique autonome », basé sur l’observation et l’expérience, visant à accompagner la santé. Il ne se substitue pas aux recettes de vie saine et recommandations transmises par les médecines « douces » et l’écologie. IlCet essai retrace le cheminement de ces gestes instinctifs et culturels à la fois,explore plutôt le domaine encore méconnu des mécanismes involontaires qui permettent aux êtres vivants de réagir spontanément aux sollicitations de leur environnement.

Qu’est-ce que la santé dans l’optique physiologique ?

J’appelle « santé » la faculté d’adaptation et de régénération de l’être vivant. Ce n’est donc pas un état que l’on quitte à l’apparition de tout symptôme. La santé se rappelle justement à nous par ces capacités d’adaptation qui provoquent des symptômes de régénération.
Le rôle des processus d’adaptation et de régénération est de permettre au corps de réajuster sa température, sa consistance et sa mobilité interne, qui forment selon moi le « terrain » de la personne. Notre capacité de réajustement est révélatrice de notre état de santé.
Lorsque l’on prend sa température, il s’agit de la température la plus représentative du corps. Mais certaines parties du corps ou des organes sont de température différente de celle que l’on prend avec le thermomètre. Le froid et le chaud se régulent en « voyageant » dans le corps. Les mains et les pieds froids, la tête chaude, le ventre froid correspondent à autant d’efforts du corps pour retrouver « sa » température normale et globale du moment, en évacuant les excès de chaud ou de froid. Ces excès sont les premières manifestations d’une perturbation physique ou mentale qui cherche à se normaliser.
Liée à la température, la consistance du corps chemine vers sa souplesse, entre dureté et mollesse, vers son élasticité, entre rigidité et avachissement, vers sa détente, entre tension et relâchement. Dépendante de la consistance, la mobilité, elle, résulte du jeu subtil des équilibres et déséquilibres des fluides et des chairs, sculpteurs inventifs du corps et de sa posture.
La vie s’ajuste à chaque mouvement, à chaque instant…

Comment répondre aux besoins simples ?

Une personne sensible entretient à chaque instant sa santé en répondant aux besoins simples que lui indique son corps : chaud ou froid ? Tension ou détente ? Mouvement ou immobilité ? Elle « écoute » son corps. Dans notre activité quotidienne, ce ne peut être que par tâtonnements que s’élabore ce que j’appelle ce « savoir domestique ».
Affiner la réponse à ces besoins simples, c’est reconnaître au corps sa compétence à sélectionner et utiliser au mieux les éléments qui lui correspondent. C’est lui permettre de se régénérer.
La vie est mouvement. Nous avons dit que la mobilité interne du corps dépend de sa consistance, qui dépend de sa température. On pourrait résumer la santé à une histoire de températures.
La chaleur n’a pas le même effet selon son origine et notre état du moment. Le soleil direct, lorsqu’on a de la fièvre, occasionne un malaise plus ou moins immédiat. Mais boire chaud lorsqu’on est fiévreux est agréable. En aidant le corps dans son effort d’échauffement interne, la sensation devient confortable et apaisante. H. Noguchi (le fondateur du seitai) parlait de compresses chaudes derrière la nuque. Les enfants « préparent » souvent la fièvre en s’agitant. Ils s’échauffent spontanément.
Les rayons du soleil matinal revigorent. L’après-midi, ils apaisent. Filtrés par une feuille végétale, ils calment et régénèrent. Les « sages » d’antan le savaient, les pieds au soleil et la tête à l’ombre d’un tilleul ou d’un platane. L’ombre du noyer était redoutée, trop froide ; celle du marronnier, trop épaisse. La bouillotte « accompagnait » les douleurs articulaires, les refroidissements multiples. Elle favorisait les échanges de la lymphe et du sang et assouplissait ainsi le « terrain ».
Le plus extraordinaire apport interne en chaud ou froid chez l’être vivant, c’est l’alimentation qui en est la garante. Selon la façon dont nous assimilons chaque
aliment, nous nous apercevons que les fruits et les légumes d’été apportent du froid, ceux d’hiver apportent du chaud. Le yaourt dilué aide à lutter contre la chaleur, le fromage gras contre le froid. Le sarrasin est un aliment plus « chaud » que le riz, etc. Le goût pour les aliments est ainsi guidé par la pertinence de leur accord avec la saison, le climat, le lieu où l’on se trouve, et sa correspondance avec l’état dans lequel on se sent.
Les exemples sont légion de ce « savoir faire » ancien toujours renouvelé
(Dextreit 1998).
La main « sait » accompagner les besoins en mouvements. C’est la partie à la fois la plus sensible et la plus mobile de notre corps. Même avec un bâton pour intermédiaire, la main est capable de percevoir le doux et le rude, d’évaluer l’épaisseur, la résistance. Le toucher de la main décèle la moindre variation de température, de consistance ou de mouvement. Son geste peut être d’une subtilité sans égal. Les rebouteux, sans connaissance anatomique, arrivent ainsi à remettre en place des articulations, les chaînes nerveuses, à réduire des fractures.
Le savoir domestique a en cela une part d’autonomie. Il est communicable, tout en étant toujours réadapté au vécu global et à l’instant présent. On peut dire que ce savoir ressensibilise l’organisme, la ressensibilisation nourrit l’autoapprentissage, qui nourrit le savoir, qui incite à communiquer. Pour une fois que le cercle tourne dans le bon sens !

Le corps peut-il s’adapter ?

Pour lire la suite
ACCOMPAGNER LA SANTE

Par Andréine Bel
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Vendredi 9 septembre 2005

Quelques réflexions personnelles pour aborder la question


Avant tout, je voudrais ici remercier, en la personne d'Andréine Bel, quelqu'un qui a largement contribué au développement de ma réflexion dans le domaine de la santé, et a donné à l'éveil timide de ma conscience en ce domaine l'occasion de se nourrir de quelques idées particulièrement riches et intéressantes.
Qu'elle se rassure, il ne s'agit pas ici de saluer un maître à penser, mais bien d'exprimer ma reconnaissance à quelqu'un qui m'a aidée à débrouissailler un chemin qui m'est propre.

L'OMS a, depuis 1946, une définition de la santé qui est la suivante :

"La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité."

Simple, clair, concis en apparence.
Oui bon, mais personnellement je ne trouve pas ça tout à fait convaincant.

L'état de "santé" serait donc, dans la vision mécaniste actuelle des choses,  la satisfaction de tous les besoins : les besoins somatiques (liés au corps : alimentation, respiration etc ...), neurostructurels (liés au système nerveux : sommeil ...) et psycho-dynamiques (besoins "psychiques" : affection, sécurité ...), caractérisée par un état de "bien-être" général de l'organisme.

Et l'état de "maladie" ?
Assez communément admise, la définition en serait à peu près " l'existence d'un dysfonctionnement d'un processus psychobiologique, qui entraînerait un déséquilibre de cet état de santé globale."
Oui mais, dysfonctionnement par rapport à quoi, en référence à quoi, à quelle norme ?
Généralement, en référence à des fonctions physiologiques théoriques, statistiques, modélisées à partir des principes fondamentaux des systèmes biologiques.

Et quels seraient les "signes" d'un tel dysfonctionnement ? Eh bien, des symptômes et manifestations pathologiques / douloureux / inhabituels / anormaux.
Et ces symptômes signaleraient qu'il existe quelque part une altération physiologique ou psychique à laquelle il conviendrait de remédier pour retrouver l'état de bien-être et d'équilibre qui caractérise la santé.

Toute cela semble assez simple et évident au premier abord.

Oui, mais alors, si je ne ressens pas en permanence cet état de "bien-être" (notion assez vague tout de même), suis-je malade ? Dois-je être soigné ?
Si je "dysfonctionne" par moments, à partir de quel seuil de "dysfonctionnement" dois-je me considérer comme "malade" ?
Une fièvre isolée, une diarrhée, une toux, des vomissements, une crise de nerfs, une dépression,  ... constituent-ils des dysfonctionnements de notre corps qui nécessitent des soins extérieurs ?
Et si oui, à partir de quel seuil de "gravité" ? Et pourquoi ?
Pourquoi "dysfonctionne"-t-on à partir de 39 de fièvre, et pas 37.5 ? Pourquoi à partir de 10 selles liquides et pas 3 ? Pourquoi une déprime "légère" est-elle normale, et une dépression plus sévère devient-elle une altération pathologique ?

Petit à petit j'en suis venue à considérer les choses un peu différemment ...

Ne peut-on pas également penser que beaucoup de symptômes généralement étiquettés "pathologiques", et donc à traiter, soigner, faire disparaître ... ne sont justement que des manifestations de la parfaite santé de notre corps, qui s'arrange pour trouver lui-même les moyens de se rééquilibrer, tendre vers son bien-être, réajuster son "terrain". ?

Un équilibre, après tout, n'est jamais qu'un perpétuel réajustement, un mouvement permanent pour compenser, non ?
Et que de tenter par tous les moyens d'éradiquer ces symptômes, et donc leur raison d'être et d'agir, c'est justement faire preuve de violence envers notre corps, et nier nos propres capacités d'auto-guérison ?

Que se passe-t-il si on laisse agir la fièvre, la diarrhée, les vomissements, la toux, la crise de nerfs, la crise d'urticaire etc ... ? Sans intervention, sans médicament, juste en laissant faire tranquillement son corps, et en prenant le temps de se poser, de s'écouter, de répondre à nos besoins intimes ? Jeûner quand on n'a pas faim, se réchauffrer quand on frissonne, prendre un bain chaud ou une douche fraîche quand on en ressent le besoin, pleurer, trembler, dormir,  se lover, s'étirer ... ?
Eh bien on constate la plupart du temps que l'on "guérit" spontanément, que notre corps sait très bien trouver tout seul les réajustements qui lui sont nécessaires, et que ces symptômes SONT précisément les réajustements qui lui étaient indispensables à ce moment précis, et que les accompagner plutôt que les combattre semble beaucoup plus "juste".

On pourrait donc modifier un peu notre point de vue, et considérer que le "bien-être" constant et l'absence de symptômes  ne sont pas automatiquement synonymes de santé, que ces symptômes dits "pathologiques" sont également des manifestations de bonne santé, qu'ils font "du bon boulot" afin de rééquilibrer, réajuster ce qui cloche momentanément

On peut se dire que les maladies, principalement les maladies infantiles, ont leur raison d'être dans "l'histoire" du corps de cet enfant là, dans la construction de son système immunitaire, de sa personne. Que cette rougeole ou cette varicelle s'inscrivent dans sa physiologie comme autant d'évènements personnels normaux, avec lesquels il n'est pas anodin,  ni même bénéfique, d'interférer.

La fièvre aide et accompagne le système immunitaire dans sa lutte contre des bactéries, ou dans ses tentatives de compenser un déséquilibre thermique ou de répondre à un besoin de chaleur de l'organisme.
La diarrhée et/ou les vomissements font leur boulot de "nettoyage" de nos viscères surchargées ou empoisonnées par un aliment avarié ou allergène, par une surcharge de toxines ou par une infection de notre système digestif.
La toux nous débarrasse efficacement des mucosités qui nous encombrent et stimule les voies aériennes.
La crise de nerfs nous permet d'évacuer une souffrance, une surcharge émotionnelle et/ou nerveuse, et nous empêche d'intérioriser et de somatiser le problème sous une forme plus insidieuse et peut-être plus grave.
La dépression nous oblige à nous pencher sur nous-même, à nous arrêter, à refuser le stress, nous reposer, évacuer ce trop-plein de difficultés ou de souffrances qui alourdit notre vie.
La crise d'urticaire aide à extérioriser une intolérance physique ou psychologique qui, de toute manière, va devoir s'exprimer d'une manière ou d'une autre.

...

Bien sûr tous ces symptômes sont parfois désagréables, voire parfois douloureux à vivre. Mais tout d'abord on s'aperçoit que, quand on les accepte en tant qu'alliés au lieu de les combattre en tant qu'ennemis, ils paraissent déjà beaucoup moins pénibles.
Ensuite, la douleur ou le malaise passagers sont-ils pour autant les signe d'un organisme malade et hors d'état de s'auto-guérir ?
J'aurais plutôt tendance à trouver qu'ils sont une réaction très saine au contraire.
La maladie serait plutôt, à mon sens, le fait que l'organisme ne réagisse pas ! Un apparent "bien-être" n'est pas forcément garant, selon moi, d'une "bonne santé" !

Pour conclure ma pensée, je dirais que de la même manière que pour les accouchements, il n'est nécessaire d'intervenir médicalement qu'à partir du moment où le corps semble débordé, et ne parvient manifestement plus à "s'en sortir" tout seul. 
Et c'est précisément là que la médecine prend tout son sens et a sa raison d'être, et que ses ressources sont indispensables.

Et là, que l'on parle de médecine "douce" ou non, que l'on parle d'allopathie, d'homéopathie, de naturopathie, d'ostéopathie etc  ... cela demeure toujours des "techniques de guérison" et des interventions, c'est-à-dire des outils, qui, comme tous les outils, peuvent représenter le pire comme le meilleur en fonction des circonstances et de la façon dont on les emploie.

A chacun de sentir ce qui lui convient ou correspond le mieux s'il juge qu'une aide extérieure est indispensable à son bien-être, tout en gardant présent à l'esprit qu'il ne s'agira jamais que d'une aide, d'une béquille, et pas d'une solution miracle, et que la plupart des ressources sont d'abord en nous.


Françoise Jeurissen - Mai 2004

 
Par Tinuviel
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Vendredi 2 septembre 2005
Non, il ne s'agit pas d'un traitement contre la chute des cheveux ! :-))

En fait, il s'agit de la méthode recommandée par le Dr Salmanoff (un médecin qui a beaucoup travaillé sur le système capillaire, les humeurs, l'hydrothérapie ...) pour lutter contre les otites débutantes, et que l'on peut trouver dans le livre de Michel Dogna "Prenez en main votre santé".
Aaaah, les otites, vaste sujets qui touche tellement de parents de petits enfants, victimes d'overdoses d'antibiotiques bien inutiles au vu des résultats ... j'y reviendrai dans un article plus complet.

En attendant, je voulais mentionner la méthode de la capillothérapie, étant donné qu'elle a déjà donné des résultats étonnants sur mes propres enfants, qu'elle ne coûte rien et est absolument douce. Pourquoi dès lors ne pas l'essayer avant toute chose, si l'on désire soulager des douleurs d'otite ?

- Trempez un linge (serviette de bain) dans de l'eau très froide et entortillez-le (sans serrer !) autour du cou du malade.
- Placez aussitôt un linge épais (gant de toilette) trempé dans de l'eau chaude (40 - 43°) sur toute l'oreille
- Changez et retrempez ces linges toutes les 5 minutes, le plus rapidement possible, car le chaud refroidit et le froid se réchauffe.
- Faites 4 passes, soit 20 minutes de traitement.

Au bout de 5 minutes, l'enfant se calme généralement déjà, mais faites les 20 minutes prévues. Une capillothérapie c'est 20 minutes, même 21 minutes exactement.

- Mettez ensuite 2 gouttes de citron dans l'oreille en question. C'est fini.

Il est recommandé de refaire une séance le lendemain même si tout va bien pour consolider, et de continuer à mettre du citron 2 fois par jour pendant 2 ou 3 jours.

Pour approfondir :

Livres du Dr Salmanoff :

"Le miracle de la vie",
 "Secrets et sagesse du corps : médecine des profondeurs",
"1000 chemins de la guérison"

 
Par Tinuviel
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Mardi 16 août 2005
Voici un livre, malheureusement plus réédité en français, que tout parent devrait toujours avoir à portée de main quand survient un problème de santé chez son ou ses enfants.
Il est absolument incontournable.

En voici le 4è de couverture :

Un pédiatre vous dit : PARENTS, A VOUS D'AGIR !

Le professeur Mendelsohn, médecin pédiatre, s'est affirmé comme tête de file de la nouvelle pédiatrie aux Etats-Unis. Il a fortement influencé la pratique médicale dans son pays. S'appuyant sur trente années d'expérience, il affirme que dans 95 % des cas d'indisposi­tion enfantine, il est inutile, voire dangereux, d'appeler le médecin.

Sous la plume d'un médecin, de telles idées revêtent une tonalité explosive. Le docteur Mendelsohn se présente toutefois comme un homme de bon sens, qui n'est pas aveuglé par des préjugés, ni pri­sonnier des principes qui lui ont été enseignés. Il n'a pas peur de regar­der les faits en face, au risque de se remettre en question et de déran­ger ses confrères.

Le docteur Mendelsohn ne part pourtant pas en guerre contre la médecine. Il s'applique simplement à modérer son rôle à l'égard de la santé des enfants pour réhabiliter les parents dans le leur.

Dans ce livre indispensable aux parents, qui se termine par un petit guide très utile, vous trouverez toutes les informa­tions pratiques pour comprendre et éva­luer la gravité des problèmes et maladies des enfants, de la naissance à l'adoles­cence. Vous disposerez aussi des indications nécessaires pour agir vous-­même, avec des moyens simples et sans danger, chaque fois que cela est possible.


Je vous livre ici un lien ami où l'intégralité du texte de ce livre peut être consultée.
Je vous conseille même vivement de l'imprimer pour vous-même au cas où il disparaîtrait de la toile, et de le faire circuler autour de vous, vous rendrez service à pas mal de gens :-)

 
Par Tinuviel
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