ENFANTER

Dimanche 14 octobre 2007

Un film très prochainement en salle au cinéma, sur le thème de l'enfantement à travers le monde. A découvrir. Je vous cite quelques passages du synopsis et du projet du film :

"Dans un intervalle de 48 heures sur la terre, le destin de plusieurs personnages réels se croise dans un moment unique et universel : la mise au monde d'un enfant. C'est l'éblouissante histoire vraie du tout premier cri de la vie. Nous l'avons tous vécue. Elle se répète 364.501 fois par jour sur tous les continents. C'est l'hstoire de notre venue au monde. Contraste des terres, constraste des peuples, contraste des cultures pour le plus beau et le plus insolite des voyages. La naissance sur grand écran."


"Pas de reconstitution, mais un atout inégalable : l'histoire vraie, vécue au présent sous nos yeux."


"Sans concession, il met en images la poésie du passage : quand la femme accède à la maternité, quand l'homme accède à la paternité, quand l'enfant entre dans la vie.

C'est une dramaturgie universelle, qui éveille notre émotion et réactive notre mémoire. S'y mêlent l'amour et le suspense, la gravité et l'action, l'exotisme et la haute technicité.

Riche de cette trame puisée dans la réalité, ce film documentaire nous emmène pour un voyage intense qui nous parle du monde, qui nous parle de nous."


Pour découvrir le reste, commentaires, textes, photos et la très belle chanson du film 


J'ignore comment la naissance en occident sera présentée, mais je serais curieuse de découvrir, ne serait-ce que pour la beauté des images.
Par Tinuviel
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Samedi 30 juillet 2005
Naître... voilà bien le premier - mais non le moindre - évènement de notre vie, en tout cas de cette vie-ci.
Et accoucher... un jalon primordial et bouleversant dans une vie de femme, une vie de couple.

Naître, émerger du ventre de sa mère, émerger de neuf mois de vie foetale ... pour être accueilli comment ? Peut-on même qualifier d'accueil la façon dont on traite les nouveaux-nés et leurs parents ? Et de "naissance" ce qui se déroule derrière les murs de nos institutions "civilisées", dévolues à la mise au monde, ou plutôt à l'extraction à la chaîne de nos bébés ?
Pour comprendre ce qui se joue ici, pour le comprendre vraiment, je vous invite avant tout à un peu d'empathie, à un peu d'imagination. Je vous invite à vous fondre, le temps d'une naissance, dans la peau d'un bébé. Essayez... vous verrez, ça change un peu l'angle de vue...



Voyage au coeur des émotions d'un nouveau-né

Imaginez... imaginez être ce petit corps qui flotte depuis toujours, depuis votre éveil à la vie et aux sensations, enveloppé dans une chaleur constante, nourri et oxygéné en permanence, bercé par les bruits familiers des battements de coeur, des gargouillis occasionnels, de la respiration rythmée de votre mère. Habitué au son de sa voix qui résonne à vos oreilles, vous percevez la présence assourdie d'un entourage bienveillant, vous jouez avec le goût connu du liquide amniotique dans votre bouche, vous abandonnant aux rassurants mouvement du corps qui vous porte, à la caresse des parois utérines qui se font forteresse pour vous protéger...
Depuis que vous existez, vous n'avez jamais rien connu d'autre, rien ressenti d'autre. Votre corps ne vit qu'accroché à celui de votre mère, seul repère connu. Votre vie est en elle, et sa vie est en vous. Vous et elle, deux entités en une seule, la symbiose parfaite...
Et puis survient un évènement bouleversant, primordial. Peut-être terrifiant, peut-être difficile, peut-être pas... mais en tout cas connu de toute éternité, probablement inscrit quelque part dans votre "mémoire ancestrale", induit par vous-même, ou plutôt par votre corps qui sait exactement ce qu'il fait et le fait très bien : Votre naissance est en train de commencer. Votre naissance, ce long chemin vers la lumière et l'air libre, cette fracture, cette dissociation progressive au terme de laquelle ce corps qui vous englobe vous laissera définitivement vous affranchir de lui, en douceur.
Quelle étape ! Quelle signification à ce qui vous arrive !

Mais que se passe-t-il alors ?
Pourquoi et comment ce ballet si magique et si précis que vous vous apprêtiez à danser avec votre mère, cet évènement hautement intime se voit-il ainsi confisqué, profané, saccagé ?
Qui sont ces gens, ces étrangers qui ne respectent rien, ni votre rythme, ni votre position, ni votre façon de naître ? Qui ne connaissent ou ne reconnaissent ni la spontanéité ni l'évidence de l'évènement que vous vivez ?
Qui sont-ils pour se permettre de décider à votre place du moment où vous devez venir au monde, sans tenir compte que vous vous sentiez prêt ou non ?
Qui sont-ils pour décréter que vous ne venez pas assez vite, et accélérer de force votre parcours en faisant se contracter votre refuge à coups de produits chimiques, de manière si anarchique et violente ?
Qui sont-ils pour proposer avec insistance de droguer le corps de votre mère, et par là même le vôtre, s'épargnant ainsi la peine d'accompagner un évènement signifiant de manière réellement humaine, en préférant leur confort à leur implication ?
Qui sont-ils pour s'arroger le droit de toucher sans arrêt l'intérieur de ce corps qui vous porte, de toucher votre crâne, de percer volontairement la bulle de liquide dans laquelle vous vous ressourcez avant de plonger vers l'inconnu ?
Qui sont-ils pour s'autoriser à obliger votre mère à vous expulser plus vite que nécessaire, plus vite que vous n'en avez besoin ? Pour vous martyriser avec des instruments terribles qui vous aspirent ou vous écrasent le crâne, vous arrachent de force à ce corps-abri, vous abîment le visage "pour votre bien" ?
Qui sont-il enfin pour prendre la liberté de couper immédiatement, avant même votre première inspiration, ce cordon qui vous relie à votre mère, vous forçant ainsi à un déploiement immédiat et douloureux de vos poumons tout neufs, brûlés par cette arrivée massive et subite d'oxygène ?
Qu'est-ce qui justifie, qu'est-ce qui excuse ce "droit d'ingérence" total qu'ils prennent sur votre vie ?

Ils font ça parce qu’ils ont peur, si peur… peur de la vie et de ses inconnues, de la vie et de son explosion incontrôlable. Alors ils se rassurent, se cachent derrière des protocoles, s’entourent de forteresses techniques afin que la situation ne leur échappe surtout pas.
Il ne faut pas leur en vouloir, ils dégoulinent tellement de leur bonne conscience et de leur certitude de bien faire qu’ils ne vous voient et vous entendent même pas.
Ils font tout cela parce qu'ils se prétendent, et se croient sincèrement "responsables" de ce qui vous arrive, et par là même maîtres absolus de l'évènement.
Mais qui peut se permettre de voler à quelqu'un, fût-ce un bébé, la responsabilité de sa vie ?

Mais votre qualité d'être humain entier et sensible pèse bien peu dans la balance à ce moment là...
Non content de vous avoir ainsi fait violence en vous forçant à naître comme il convient de naître selon les manuels d'obstétrique, on va vous arracher très vite aux bras de votre mère, encore et toujours au nom de la sacro-sainte sécurité.
On va vous emmener loin de l'odeur et des mouvements du seul corps que vous pourriez reconnaître dans cet univers absurde et effrayant où vous venez de faire votre entrée. On va vous aveugler de lumières agressives, vous glacer dans une pièce insuffisamment chauffée, vous torturer d'une manière incompréhensible pour vous, tout ça après 9 mois d'obscurité, de chaleur, de calme...

Vous y êtes toujours, dans l'imaginaire de ce moment ?
Vous pouvez vous représenter, ne serait-ce qu'un instant, le choc éprouvé ? Vous vous sentez bien ? Que dites-vous ? "Torturer" est un grand mot ?
Mais c'est que n'avez pas encore tout vu, attendez !
Continuez le voyage, je vous en prie, et ressentez maintenant l'aspiration trachéale, qui vous brûle les narines et vous bloque la respiration que vous venez de mettre en route ; ensuite éventuellement la sonde gastrique qui vous suce et vous retourne l'estomac ; et puis cet objet froid et terrible, ce thermomètre qui vous viole l'anus ; et ces mains gantées, au contact indifférent, qui vous manipulent comme un morceau de viande humaine et vous déposent, au milieu du vide et du rien, dans une balance ; et qui étirent ensuite douloureusement vos petits membres, ces bras et ces jambes que vous gardiez repliés contre vous depuis la nuit des temps, pour vous mesurer, tout cela afin de connaître, information capitale s'il en est, votre poids et votre taille ; ces mains qui instillent dans vos petits yeux éblouis aux paupières à peine ouvertes des gouttes brûlantes, ces mains qui piquent à l'aide d'une seringue votre peau si fragile et si neuve, douleur fulgurante que vous ne pouvez pas comprendre...
Et c'est ainsi que la première prise de conscience de la réalité de votre corps va avoir lieu : dans l'irrespect, dans l'effraction, dans la souffrance, dans le non-amour.
Quel message, quelle image de votre corps et du monde cet "accueil" imprime-t-il de manière indélébile dans votre inconscient ?

Ensuite on va se faire fort de vous laver... évidemment, vous êtes si sale de l'odeur et des sécrétions de l'intérieur de votre mère ! C'est important que vous soyez aseptisé au plus vite, que vous sentiez le savon, et plus "cette odeur là" qui pourtant vous est si familière et rassurante
Si vous avez de la chance, c'est votre père, maladroit et intimidé par son "incompétence", qui se chargera de l'opération. Ensuite, bien sûr, on vous habillera, il n'y a aucune raison qu'on vous laisse profiter peau à peau du contact de votre mère, on ne sait jamais ce qui pourrait vous arriver à vous frotter ainsi à sa peau non désinfectée. Des habits qui grattent et engoncent feront bien mieux l'affaire, une armure sensitive en somme.

Enfin, après tout ça, on se rendra compte que bien évidemment vous n'avez pas réussi à maintenir une température suffisante dans votre petit corps martyrisé, et qu'il convient de vous réchauffer sous une lampe à la lumière crue, avant de vous confier à votre mère.
Car, tout le monde le sait, celle-ci est bien incapable de prendre soin de vous et de vous réchauffer correctement contre elle.
Et si malheureusement ce "moment" se prolonge un peu trop, on va à nouveau "devoir" intervenir, puisque vous ne vous êtes pas nourri depuis tout ce temps ! Et l'on va décider de vous "faire prendre" votre première tétée. On va vous réveiller, vous sortir de votre premier sommeil réparateur après cette aventure éprouvante, en vous grattant les pieds, en vous pinçant "gentiment" les joues, pour ensuite plaquer votre visage contre le sein de votre mère, ce sein même duquel on vous avait retiré au moment où vous en aviez le plus besoin. On va vous frotter stupidement la bouche sur son mammelon en faisant remuer votre tête de droite à gauche, vous maintenir de force le crâne contre ce corps sans que vous compreniez ce qu'on vous veut, vous coacher comme un joueur avant un match afin que vous daigniez mettre en bouche ce sein dont vous n'avez aucune envie pour l'instant... Mais il convient que vous tétiez, pourtant, selon les horaires que l'on a préétablis pour vous, incapable que vous êtes de savoir quand vous avez faim ou non. Qui a encore, parmi le personnel des maternités, le temps de vous laisser apprivoiser l’odeur et le goût du mammelon en vous permettant de le renifler, de le léchouiller tranquillement tout en regardant votre mère en plein dans les yeux pour mieux vous l’attacher ?

Voilà… j’espère que cette petite aventure vous a plu. Non ? Dommage. On fera mieux la prochaine fois j’imagine. Quand on fabriquera les bébés directement en machines, on n’aura plus d’ennuis avec ces parasitages émotionnels.
Mais ne vous en faites pas, « la mère et le bébé vont bien » dit-on… n’est-ce pas le principal ?

 

Françoise Jeurissen - Tinuviell

Par Tinuviel
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Samedi 30 juillet 2005

"L'obstétrique traditionnelle consiste à surveiller un phénomène physiologique en se tenant prêt à intervenir à tous les instants. L'obstétrique moderne consiste à perturber le dit phénomène de telle sorte que l'intervention devienne indispensable à l'heure exacte où le personnel est disponible. C'est beaucoup plus difficile." 
Prof. Malinas, gynécologue-obstétricien. Le Dauphiné Libéré, 8 mai 1994.


Le désir de conditions de naissance plus humaines et plus saines relève-t-il de l'inconscience ou de la prise de conscience ?
     L'accueil de l'enfant...


Ce que l'on peut dire de la situation actuelle de la naissance en occident :

Dès la grossesse, voire même dès avant la conception de leur enfant, les parents se trouvent déjà virtuellement dépossédés de leur parentalité. Dépossédés et mis en échec dans leur rôle.

Brièvement exposé, et sorti d'un contexte beaucoup plus large, l'historique de ce constat est simple :
 
A peine pubère, toute jeune fille se voit conseiller de s'en remettre à la médecine  pour tout ce qui concerne la "gestion" de sa fécondité. Cette autorité médicale qui s'exerce sur sa féminité, souvent et rapidement couplée à la prescription d'hormones qui vont en modifier le fonctionnement naturel, va avoir pour conséquence d'empêcher la jeune femme d'entrer vraiment en contact avec son corps et sa fertilité,  et d'apprendre à en décoder le langage.

Suivant cette logique de déresponsabilisation et de méconnaissance, à peine enceinte, la mère "moderne", ainsi que son accessoire décoratif, le père, sont déclarés officieusement en incapacité par rapport à ce fœtus, pourtant porté et nourri par le corps maternel, si mal connu de l'un comme de l'autre. 
Totalement prise en charge par les instances médicales, gentiment infantilisée, culpabilisée au moindre "caprice", personne n’imagine plus, et la mère encore moins que les autres, qu’elle puisse être la première garante et la première responsable de la vie qu’elle porte. 
Prenant bien garde de ne pas lui laisser soupçonner sa puissance  et ses capacités, on la maintient  dans la certitude qu'elle et son bébé vivent une aventure à haut risque, et que leur fragilité mutuelle nécessite une mainmise totale du corps médical sur leur histoire. En contrepartie, les parents se pensent légitimés à exiger de la médecine un résultat parfait dans la prise en charge de leur grossesse et de leur accouchement. Le fameux "risque zéro", qui est une utopie, quel que soient les conditions d'accouchement, mais qui sert de cautionnement direct à n'importe quelle ingérence.

Mais les risques ! Les dangers imprévisibles que représentent la naissance ! ...

Ce discours là, quand vous êtes un parent en attente d'enfanter, vous l'entendez partout.  La nécessité de parer à tout, de vouloir tout contrôler, tout prévoir, tout régenter ... au cas où.  Et pour ce petit pourcentage "d'au cas où", cette petite parcelle d'inconnu qui nous effraie tant, cette confusion délibérément entretenue entre risque réel et parapluie médico-légal, on va enfermer la naissance dans un protocole rigide, codifié, inébranlable, hautement technique, ne s'embarrassant pas de complications telles que l'aspect affectif de l'évènement, ou les désirs personnels de chaque couple.
Un véritable rouleau compresseur se met en marche. Avec les dégâts collatéraux parfois énormes que cela suppose, tant au niveau physique qu'au niveau émotionnel, et tant pour la mère que pour le père et l'enfant, et par extension l'ensemble de la famille. Dégâts d'autant plus grands qu'ils sont généralement minimisés, niés, ou simplement étiquettés "déprimes post-partum", sans susciter le moindre questionnement ou la moindre remise en question des protocoles. Dégâts enfin qui ont une action "en dominos", et vont donc se répercuter à d'autre domaines, compromettant ainsi la relation avec le nouveau-né, et mettant en péril le délicat équilibre de la nouvelle famille : fragilisation des parents dans leur compétences, risque de voir capoter l'allaitement, difficultés d'attachement à l'enfant, mauvaise image de soi, déception refoulée etc ... 

Et le pire de tout, c'est qu'on vous fait croire - en toute sincérité - que tout ça a été mis en place POUR VOTRE BIEN et celui de votre enfant ! Et vous allez le croire, et vous allez même en répandre l'idée avec conviction, perpétuant ainsi cette duperie de génération en génération.
Et pour cause : comme toute perversion, cela se passe si "gentiment" ... C'est le propre de la perversion : faire croire à la victime qu'elle est coupable de se sentir victime, coupable d'ingratitude, et la faire mettre en place elle-même le piège dans lequel elle va se retrouver engluée, plus personne n'étant conscient, au bout du compte, de participer à une manipulation  :-(

 

Ce qu'exigent de plus en plus de parents conscients et responsables :

- Que soit redonné à l'accouchement, tant dans l'esprit des parents que dans celui des professionnels, sa place d'évènement avant tout intime et familial. La naissance fait partie de - et appartient à - la vie affective et sexuelle d'un couple, d'une famille.  Elle nécessite à ce titre, et pour en garantir le déroulement serein, que soit préservé autant que possible son caractère privé, quelles que soient les circonstances qui l'entourent.

- Que l'on cesse d'induire chez les couples qui vont enfanter des craintes excessives et irraisonnées - qui justifient tous les abus de pouvoir - en prenant sans cesse pour référence l'accouchement pathologique, qui constitue l'exception, en lieu et place de l'accouchement physiologique, qui représente la norme. 
Statistiquement parlant, c'est un non-sens. Humainement parlant, c'est une prise d'otages et une escroquerie émotionnelle.

- Que la pratique obstétricale évolue vers une pratique factuelle ("evidence-based") et individualisée par rapport au vécu des parents, et que ses actes cessent d'être basés sur des croyances érigées en certitudes et en protocoles rigides et impersonnels.
 De nombreuses habitudes intrusives et néfastes pour la mère et l'enfant pourraient ainsi être évitées, ou en tout cas fortement raréfiées. 
 
- Que soit mieux connue, reconnue et respectée la physiologie de la naissance et des premiers moments de l'attachement mère-enfant, qui ne peut réellement prendre place qu'en-dehors de toute intervention préventive et intrusive : que l'on nomme cela accouchement "naturel", "physiologique", "eutocique", "spontané", "non perturbé" ...  nous voulons établir (et non rétablir, car il n'en a quasiment jamais été ainsi) l'évidence qu'accoucher est un processus qui, dans la majorité des cas, ne nécessite pas d'acte médical, et pour l'accomplissement duquel chaque femme - et chaque couple -  possède les ressources nécessaires.

- Que les parents prennent et ASSUMENT, en conscience, sans culpabilité et sans être regardés comme de dangereux anarchistes ou de doux rêveurs, leur statut de décideurs et d'acteurs, responsables de LEUR enfantement. 

- Que les parents aient la possibilité de choisir de manière éclairée et autonome le lieu et la façon de vivre leur enfantement, ainsi que les personnes, professionnelles ou non, qu'ils désirent à leurs côtés. Nous voulons qu'ils soient soutenus, accompagnés et respectés dans ces choix, qu'ils ne soient pas marginalisés, et qu'ils aient  à tout moment le loisir de changer d'avis sans en être pénalisés ni culpabilisés.

- Que les parents puissent décider en toute connaissance de cause, et pour cela, que cesse la manipulation et la rétention de l'information dans le domaine de la conception, de la grossesse et de la naissance, (notamment la naissance à domicile), qui consistent à ne dire que des demi-vérités, qui sont aussi des demi-mensonges. 
Informer N'EST PAS dire aux gens ce qu'ils doivent penser et choisir ! Informer n'est pas entretenir la peur afin de conforter son pouvoir de contrôle. Informer, c'est se baser sur des faits, c'est prendre le temps d'expliquer, de façon complète et neutre. 
Etre informés est un droit des parents et des patients de manière générale. Informer, et S'INFORMER eux-mêmes,  est également un devoir de la part des soignants.
Nous voulons que circulent l'information et les expériences, et nous nous y employons avec d'autres parents.

-  Que l'on cesse de confondre risque médical réel et garde-fou médico-légal, ce qui est à l'origine d'une confusion regrettable quant à cette notion de "sécurité, et fausse la juste appréciation de l'enjeu dans l'esprit des parents. 

- Que les soignants reprennent la place qu'ils ne devraient jamais quitter : c'est-à-dire celle d'être au service de l'être humain, et non au service d'un protocole ou d'une institution médicale.  Et que leurs interventions, si elles s'avèrent nécessaires, soient effectuées dans le plus grand respect possible de l'histoire et des émotions de chaque couple qui enfante. 

- Que l'on cesse cette insulte à l'humanité qui consiste, en cas de naissance médicalisée, à évacuer la dimension affective de cet évènement au nom de la sacro-sainte sécurité. Sécurité ET empathie peuvent également se côtoyer, et devraient toujours aller de pair chez tout professionnel, tout être humain digne de ce nom. 

- Qu'à tout moment, en cas de naissance médicalisée,  les professionnels INFORMENT les couples de la situation qui est la leur, sans omettre une possibilité en faveur d'une autre par préférence personnelle ou par facilité, qu'ils CONSULTENT les parents, et ne se substituent pas à eux,  lors de toute prise de décision concernant leur santé et la naissance de leur enfant.

- Que l'institution médicale (maternité, hôpital, clinique) et ses représentants reprennent leur rôle premier et unique, qui est de ne traiter que les urgences et les pathologies. La naissance n'étant pas, à priori, une pathologie, il n'y a aucune raison pour en influencer le déroulement par des mesures protocolaires préventives. Ces mêmes mesures "préventives" devenant bien souvent des causes iatrogènes aux complications qu'elles étaient censées éviter ...

-Qu'en structure médicale, les parents ayant vécu des difficultés d'enfantement (césarienne, extraction instrumentale, maladie ou décès d'un enfant, expériences difficiles) soient écoutés, considérés et reçus dans leur souffrance, leur besoin d'exprimer leurs émotions et leur déception, et leur droit d'obtenir des explications et d'avoir accès à leur dossier médical.

En corrolaire de tout cela, les parents, ainsi rendus à leur conscience et leur responsabilité, doivent accepter d'assumer les conséquences des choix qu'ils ont posés en toute connaissance de cause, et ne pas chercher à en déléguer la responsabilité à des tiers.
Ils doivent réaliser et accepter que les professionnels sont également des humains, respectables ... et faillibles, et qu'accueillir la vie signifie aussi parfois accueillir la douleur, la souffrance, la maladie ou la mort.

Ce n'est qu'à ces conditions que les compétences des professionnels  seront mises au service de l'accompagnement respectueux des nouveaux-nés et des couples qui enfantent, et non au service d'une médecine souvent dirigiste, paternaliste et déshumanisée, toute empreinte de bonne volonté qu'elle soit.
Et ce n'est qu'ainsi que parents et professionnels pourront établir une relation saine, empreinte de considération  - et pourquoi pas de confiance - mutuelles.

 

Ce que nous ne sommes pas :

Afin d'éviter tout réductivisme simpliste et toute récupération de ces idées, je précise que les parents qui y adhèrent ne sont pas :

  Passéistes et rétrogrades
Le concept de naissance respectée et naturelle tel que nous l'entendons n'est pas un retour à l'âge des accouchements sur terre battue, au milieu des mouches et des incantations de matrones aux mains sales. Il s'agit d'en venir à une conception de la naissance qui n'a jamais été à l'honneur : la reconnaissance de la puissance, de la compétence et de l'autonomie de la femme et du couple dans leur enfantement, et le recours à la technologie rétabli dans de justes proportions.

 Irresponsables et Inconscients
L'ensemble de cette rubrique, ainsi que les nombreux liens que nous mentionnons à ce sujet sont là pour vous démontrer, information et études à l'appui, qu'il n'est pas irresponsable et inconscient d'accoucher chez soi ou de refuser un recours outrancier à la médicalisation. Il s'agit simplement de remettre les choses à leur juste place et de ne plus jouer sur les peurs pour conforter un pouvoir en place et alimenter naïvement les juteuses affaires des multinationales de la santé.

 Egoïstes et égocentriques 
Nos enfants, et la préoccupation de leur bien-être et de leur intégrité physique et psychologique, se trouvent précisément au centre de notre démarche. Il ne s'agit pas de "caprices", mais de modifier fondamentalement notre approche de l'accueil du nouveau-né.

Fanatiques, religieux ou sectaires

Nous ne faisons partie et ne défendons aucun mouvement religieux, philosophique ou sectaire, quel qu'il soit. Notre pensée est absolument libre de toute influence "unique", et notre seul credo est que tout être humain devrait user et abuser de sa responsabilité individuelle, et mettre en oeuvre le principe du choix éclairé dans tous les domaines de son existence.

Françoise Jeurissen - Tinuviel
Février 2004

 

Par Tinuviel
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