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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 00:00

Remarque : Je vous recommande vivement la lecture de cette conversation, qui résume à elle seule un grand nombre de points et de réflexions très intéressants.
Merci aux participants d'avoir accepté de voir leurs propos publiés ici.

Je l'ai scindée en deux articles vu la longueur.


V :
Bonjour,
Je me permets d'intervenir...l'école n'est pas obligatoire. vous pouvez choisir d'instruire votre enfant à domicile. Le collège n'a pas à le mettre dehors. Vous pouvez choisir de l'en retirer. Il vous suffit d'envoyer dans les huit jours une lettre à votre mairie et une autre à l'inspection académique. Et dans un premier temps une lettre recommandé au collège. Enfin c'est légal. J'ai 5 enfants que j'instruis à la maison sans cours par correspondance. si cela vous intéresse je peux vous orienter vers des associations qui soutiennent ce choix.
Amicalement

V. et B., parents de H. 13 ans, et bientôt 11 pour O., 9 pour B., 7 pour J., 5 pour E ...

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N :  (…)
Par contre, pour mes petits derniers (4 ans, 3 ans, 1 an) je ne sais pas encore s'il continueront dans le primaire (les garçons de 3 et 4 ans sont en maternelle, cela leur convient bien mais me déplait en partie). Nous en reparlerons certainement.

Je sais que la scolarisation entre 6 et 16 ans n'est pas obligatoire, et ce depuis longtemps... mais je sais aussi que pour mes aînés, il n'est pas possible de les sortir si facilement de ce système... J. est le 'problème' actuel. Sa soeur cadette S., 12 ans en 4° se plait énormément dans ce système, je n'imagine pas l'enlever, elle est parfaitement intégrée dans le collège, et ses résultats le prouvent, sa joie de vivre aussi... Chaque enfant est différent, et je me trouve aujourd'hui face à un choix tardif et difficile...

Ce sujet de l'école me touche beaucoup, merci à toi d'être parmi nous pour me faire profiter de tes expériences, surtout avec des ados toi aussi ;-)
Bises
N.
Maman de J. (15 ans), S. (12 ans), B (4 ans), T. (3 ans) et J. 1 an.

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A :
D'ailleurs je me pose la question : est-ce que l'école *socialise* vraiment ? Qu'est-ce que la socialisation, au fait ?
Parce que pour moi, l'école "socialise" surtout vis-à-vis de la vie en groupe, qui ne se retrouve pas tant que ça, après, dans la vraie vie (i.e. après l'école).  A part dans les équipes sportives ou les militaires... Ce sont les seules structures, avec l'école, qui fonctionnent sur le schéma "une masse + un supérieur (ou guide...)". non ?

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V :
Bonjour,
En instruisant nos enfants à domicile, la question "et la socialisation alors ? Vous n'avez pas peur que ... ?" est récurrente. Socialiser, "c'est réaliser la socialisation de ...", social "qui vit en société", mon dico est un peu court... j'ai la flemme d'ouvrir le très gros aujourd'hui...
Nous vivons en société indépendamment de nos choix. Mes enfants ont des activités régulières avec d'autres enfants et d'autres adultes. Et nous même à l'intérieur de notre propre famille, il y a une organisation avec ses "règles". Je pense que la plupart des enfants "subissent" l'école, "subissent" les choix des adultes qui les entourent. Il n'y a pas de questionnement d'une façon générale ou de remise en question puisque beaucoup pensent que l'école est obligatoire et que c'est la seule alternative. Je ne dis pas que tout se passe mal à l'école. Mon intention n'est pas du tout d'opposer l'école et l'instruction à domicile. J'ai toujours fait confiance à l'école d'emblée mais peu à peu je me suis rendue compte que la façon d'enseigner, d'y vivre en société également (les cours de récréation à taux de décibels incroyables élevés entre autres), ..., ne nous convenait pas spécialement. les enfants faisaient avec mais pouvions-nous être plus proches de ce que nous pensions ?
De plus certains de nos enfants étaient soit en avance, soit sous pression soit pas du tout intéressés par les apprentissages scolaires... petit panel tout de même avec 5...
Ce que je constate depuis, c'est que mon aîné qui n'avait pas du tout confiance en lui devient de plus en plus à l'aise et notamment en société justement (beaucoup l'ont noté autour de nous). Ma fille aînée avance à son propre rythme et apprécie la qualité de ses rendez-vous avec ses copines.
Mes enfants ont le temps de se regarder, de s'observer, de prendre du recul. Il y a eu des moments électriques car ma fille "angoissait" par rapport aux copines justement, eh bien nous nous sommes organisés pour qu'il y ait un véritable roulement et puis maintenant elle est moins conditionnée et sait rester seule. Elle était prise dans un tel tourbillon, elle qui a tendance à être hyperactive, qu'elle angoissait à l'idée d'être seule, de ne rien avoir à faire et aujourd'hui elle y est parvenue et je suis très heureuse de cela. Ce que j'ai constaté c'est ce "conditionnement insidieux" qui s'installait d'année en année. Nous vivions les uns à côté des autres, tout passait si vite et pourtant je m'occupe de mes enfants toute la journée. Il n'y avait plus de temps vrais et longs pour vraiment communiquer même si nous communiquions quand même. Nous étions pris dans une spirale. Métro-boulot-dodo et encore nous avions privilégié l'école, pas trop d'activités, etc...
Mais l'essentiel n'y était presque pas. Le temps de vivre le moment présent, d'apprécier ce que nous faisons. De demander comment nous aimerions le faire et le faire. Se regarder dans les yeux, se remettre en question. Avoir le temps d'être confronté à soi-même. Apprendre à maîtriser sa vie du moins comprendre qu'il est possible de la maîtriser et que nous sommes responsables de nos actes.
Je ne me suis jamais sentie à l'aise à l'école. je n'y ai pas trouvé chaleur, compréhension, partage, amour... j'y ai beaucoup pleuré, y ai eu peur beaucoup aussi, ... c'est ensuite que je me suis réalisée et encore je ne me suis engagée sur un chemin plus conscient qu'à 30 ans !
Je ne suis pas du tout de nature à faire partie d'un groupe pourtant il me semble que j'en connaisse l'organisation, je sais que je choisis de respecter l'autre... ce n'est pas l'école qui m'a appris cela ni tout autre organisation sociale... Je suis plutôt effarée la plupart du temps de la manière dont nous nous comportons les uns avec les autres. J'ai mes accès de colères, mes beuglantes (je ne tape pas), mes enfants aussi ont leurs accès de colère, de beuglantes (moi cela m'arrive quand même plus souvent que eux pris séparément)... Je n'aime pas les pensées parfois que je projette sur d'autres. J'ai cherché auprès d'autres individus l'accompagnement qui me permet de me rapprocher chaque jour davantage de ce que je ressens comme "juste". Je rencontre plus de situations, de personnes qui me font dire je ne veux pas être ainsi plutôt que le contraire. C'est ma façon de me construire. Enfin c'est celle que j'ai trouvée pour accepter le comportement de certains.

V. et B., parents de H. 13 ans, et bientôt 11 pour O., 9 pour B., 7 pour J., 5 pour E ...

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A : Yes...
je vais embrayer sur les choix qu'on fait pour nos enfants. A quel point pouvons-nous ne pas les mettre à l'école parce que *nous* on ne trouve pas ça satisfaisant ? Cf V. qui a pleuré, qui a eu peur à l'école : plus tard, ses enfants ne vont pas à l'école.
Pour moi, si je ne mettais pas J. à l'école, ce ne serait pas le même topo : moi j'ai aimé l'école, très longtemps, mais
idéologiquement je ne trouve pas ça idéal. Mais finalement, on est un peu dans le même cas, car c'est notre choix. Je crois que ce qui pourrait me gêner c'est que je pense que J. se plairait à l'école (bon, bien sûr, on ne va pas imaginer le
pire cas de l'enseignant-bourreau).
Mais on ne va pas non plus essayer de mettre nos enfants à l'école et les enlever une fois que le mal est fait !!

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V :
Bonsoir,
Et bien c'est parce que justement je n'ai pas aimé l'école que j'ai mis mes enfants à l'école parce que je me disais que ça n'est pas parce que je n'avais pas aimé l'école que cela se passerait ainsi avec mes enfants. Il n'y avait pas que l'école, il y avait surtout mon contexte familial.
Nous avons proposé à H. (l'aîné) la possibilité d'être instruit à la maison. Il a été d'accord puis à 15 jours de la fin d'année au moment où nous devions annoncer officiellement cette décision il a dit non. Donc il a entamé une autre année à l'école et au bout de 15 jours il regrettait déjà son "choix" mais il a poursuivi jusqu'au bout de l'année. Il a ressenti sa décision, il l'a vécue. C'est difficile de donner des possibilités à nos enfants parce qu'inévitablement il y va de notre façon de voir la vie. Nous avons beau en parler tous ensemble, être clairs dans ce que nous disons en essayant le plus possible de mettre en scène pour imaginer ce qui se passerait si, si et si... mais il y a un moment où il faut mettre son choix
en pratique...
Je pense qu'il n'y a pas de solution définitive et que des solutions il y en a toujours. en tout cas chez nous c'est ce que j'essaie de montrer à mes enfants.

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M
Au sujet du ludique à l'école Moi je l'ai partout, c'est à dire en société... Parce que la société c'est pas que l'école et l'armée et l'entreprise (trois lieux que je ne fréquente pas et pourtant je vis en société !) La famille est une forme de société non ? La vie en groupe, c'est une chose, mais la socialisation c'est aussi vivre en communauté élargie (pas en groupe restreint spatialement)...
Exemple : ben le village où je vis forme une société qui est aussi une masse (bien pensante) et un chef (l'état représenté par le maire)... et tu t'en rends bien compte dès que tu bêles pas avec le troupeau !

Mais est-ce si dramatique que ça d'apprendre à vivre en société ? L'homme est-il un animal solitaire ou social ? Et vivre en société ou apprendre à vivre en société c'est forcément synonyme de brimades et d'annihilation (ça se dit ?) de l'individu ?

Ma famille est une société où il fait bon vivre pour nous, on n'a pas l'impression d'être renié ou bafoué dans notre individualité, pourtant on a des règles .. dues au fait qu'on est simplement plusieurs, avec des envies variées etc... et que "ma liberté s'arrête là où commence celle des autres" sans que je sente cela comme une contrainte, mais plutôt
comme une ouverture vers l'autre... vers le respect et la vie harmonieuse ensemble...
Parce que je prend du plaisir à vivre ensemble (en choisissant mon ensemble c'est mieux !) Sinon, je fais ermite !

Mais qu'on ne me fasse pas dire qu'il n'y a que l'école ou la crèche pour sociabiliser les enfants et qu'il faut les y mettre dès deux mois etc...
Je pense, perso, que la socialisation dans son sens de "apprendre à vivre dans telle société, càd en connaître les règles (et savoir aussi pour quoi ces règles, quel but, intérêt les sous-tend...)" est utile... voire indispensable puisqu'on vit en société...
Par contre, je pense qu'il y a beaucoup de manières de découvrir cette socialisation, qu'elle revêt divers aspects et que tout cela peut se faire en respectant l'individu...
J'ai pas franchement le sentiment que cette découverte soit correctement permise à l'heure actuelle autour de moi, ou en peu d'endroits... L'école, en mettant plusieurs individus ensemble, sociabilise ou socialise (je sais pas trop , je maîtrise pas ces subtilités linguistiques !) defait. Par contre il s'y pratique aussi un "formatage" qui pour moi n'a rien à voir avec la socialisation etc ... et qui bousille les individus, bien sûr... Vivre en société ne veut pas dire vivre comme un troupeau de moutons panurgiens... l'école (entre autres) n'a pas l'air d'accord avec moi sur ce point :-)

Je ne pense que ce soit non plus une solution de refuser toute forme de socialisation et de ne jurer que par l'individualisme ... pour moi le bonheur est de parvenir à concilier les deux... sinon on tombe dans les extrêmes qui m'insupportent ;-)...
Bref entre l'ermite et le "japonais" (caricatural) je suis persuadée qu'il y a bien des entre-deux intéressants à découvrir et explorer.

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A : Ecole et socialisation
Bon, j'ai pas dû être super compréhensible, en fait. parce qu'à te lire j'ai bien l'impression qu'on est d'accord.
alors... Ce que je voulais dire c'est que l'école ne prépare qu'à la vie en groupe (qu'on retrouve dans l'armée et dans les équipes sportives), qui est une forme de socialisation mais une forme seulement. C'est une forme de socialisation basée sur le schéma "un qui commande, la masse qui suit", et même si on retrouve un peu ça dans d'autres organisations (état..) je trouve vraiment que c'est dans l'école (et les bidasses) que c'est le + marqué. Donc pour moi la vraie vie ne ressemble pas à ça, enfin c'est pas aussi caricatural. Dans la vraie vie, quand même, on peut trouver la place pour avoir notre mot à dire... enfin, je la prends, moi cette place. et à l'école, je crois pas que ça soit possible.
Donc je ne trouve pas que l'école sache sociabiliser, de la forme de socialisation qui sera utile dans la vraie vie : en gros, c'est pas parce qu'on a fait le mouton en étant regroupés avec des gens dont la seule caractéristique est d'être nés la même année que nous, qu'on est sociabilisés de manière à pouvoir "affronter" la vraie vie...
Euh, je ne sais pas si je suis claire ?
Illustration : si jamais on décide de ne pas scolariser J. (on va devoir se poser la question, maintenant qu'on peut, si on veut !), j'aimerais beaucoup "traîner" avec des personnes âgées, par exemple. Aller dans une maison de retraite une demi-journée par semaine, par exemple... parce que la vie, c'est pas juste rester avec des gens qui ont le même âge que nous, et qui sont d'une couche sociale proche, par dessus le marché (quoi qu'on dise, même s'il y a un certain mélange à l'école, on retrouve quand même des écoles de riches, des écoles de pauvres...).
Hihihi... ça me force à remettre plein de sujets de réflexion sur le tapis, d'être maintenant "juste" maman :oD

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C :
Ben moi je ne trouve pas que l'on retrouve le schéma de l'école dans la société ou même dans l'entreprise( à moins de certaines entreprises à certains postes peut-être) Je me suis du coup retrouvée un peu décalée, moi qui me trouvais
bien dans le cadre de l'école, quand j'ai dû fonctionner avec un cadre différent, et cela me gêne encore après 4 ans déjà de vie active.

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A :
je trouve ça très intéressant !
Et irais-tu jusqu'à franchir le pas et dire que le système scolaire est trop structuré, trop rigide ?

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C :
Non ce n'ai pas tant la rigidité que je reproche à l'école que le manque de prise d'autonomie individuelle: tout nous est dicté et si on tente de s'éloigner un chouia de la tâche imposée, on a tout de suite quelqu'un pour vous remettre dans le droit chemin . C'est ce qui me manque au boulot pour m'empêcher de vous écrire au lieu de bosser lol

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V :
Bonjour,
Je disais hier que c'est parce que j'avais mal vécu ma scolarisation que j'avais accepté de faire confiance au corps enseignant...en me disant que ce n'était pas parce que je l'avais vécu ainsi que mes enfants le vivraient ainsi aussi...le contexte familial n'étant pas le même non plus.
Mais au bout du compte, j'ai commencé à me dire que je n'étais pas obligée de les y mettre et que l'école avait aussi sa part de responsabilité.
Je ne sais pas ce que tu attends de l'école. C'est vrai que pour les copains c'est plutôt bien surtout dans une structure à dimension humaine (mais aujourd'hui la qualité est privilégiée par rapport à la quantité et mes enfants apprécient), mais quant aux méthodes employées, à l'échange enseignant-élève, respect, etc... j'ai "osé" me dire que cela n'était pas ce que je désirais. Bien sur que cela pouvait fonctionner, mes enfants se sont toujours adaptés mais quand je les ai déscolarisés leurs langues se sont déliées et j'ai appris pas mal de choses. Je veux que nous puissions prendre notre temps, suivre notre rythme, apprendre avec des méthodes "intelligentes" et adaptées pas uniformes. Elles foisonnent et les apprentissages prennent une autre coloration. B. réussit parfois à être conscient que cela peut être "plaisant", que l'on peut réellement éprouver du plaisir même si avec lui qui nous a rejoint plus tard c'est encore difficile.

J'ai essayé autant que possible à ce que mes enfants, notamment les plus grands, soient conscients de notre choix. Ils ont toujours la possibilité de retourner à l'école mais je crois qu'ils ont compris que le débat ne se situe pas là. Il y a un réel conditionnement, un "désir" de faire comme tout le monde et cela déstabilise les enfants de se sentir "marginalisés" notamment et surtout par les questions des gens qu'ils rencontrent mais maintenant je pense qu'ils sont fiers de cette "originalité".
Mais je reste convaincue de la nécessité de lieux de rencontres pour les enfants et les enseignants. Je ne suis pas contre le principe de l'école bien au contraire j'aimerais pouvoir un jour créer ce lieu de vie où l'enfant et l'adulte apprendraient ensemble.
J'ai beaucoup aimé "Libres enfants de summerhill" de Neill.

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N
Ben moi je me suis toujours plu à l'école... c'est pour çà que j'ai du mal avec la déscolarisation. est ce que tu penses que pour toi, avec ton vécu, tu as influencé d'une façon ou d'une autre le choix de tes enfants ? Je me pose vraiment la question, parce que moi je sais que je leur dis souvent que j'aimais bien l'école. juste cette phrase fait pencher la
balance, non ?

Merci à toi pour tes témoignages qui m'apportent beaucoup ;-)

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M :
Ben moi aussi j'ai aimé l'école 
Un an d'avance, élève paresseuse mais brillante (ça énerve les profs), toujours parmi ceux qui font des conneries... et faisant 10 000 choses en dehors de l'école (merci les parents) plutôt que ses devoirs...)
Mais bon moi c'est moi et ma fille, même si elle semble me ressembler pas mal, c'est pas moi... Pis elle n'aura ni la même école, ni les mêmes profs, ni les mêmes potes etc... donc sa vie ne peut se calquer sur ce que j'ai vécu.

Je n'ai pas du tout l'intention de la mettre à l'école pour le moment parce que je ne suis pas du tout convaincue par ce que propose les écoles du coin et que je pense qu'elle sera mieux à s'épanouir avec nous. J'ai envie d'épanouissement pour elle, pas du tout d'instruction, d'apprentissage et autre... Et ça, je ne vois que ses parents les plus capables pour veiller à son épanouissement personnel.

Mes choix ne sont pas toujours dictés par mon vécu personnel, ou celui de mon mari etc...
Parfois je fais juste confiance à mon ressenti. Et là, l'école, je la sens pas pour le moment. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'y ira jamais, mon ressenti peut changer puisque ma fille change, elle !

Pour moi l'école est une option possible, ni plus ni moins. Je ne me sens pas plus obligée de passer par la case école que par la case télé...
Quant à se sentir marginal (enfant ou ado) ou marginalisé... y'a toujours un truc qu'on ne fait pas comme les autres... mais lorsqu'on comprend qu'il est plus intéressant d'avoir une personnalité que de jouer au mouton de panurge, on s'en fiche de pas faire exactement tout comme tout le monde...
Ceci dit, j'ai l'impression qu'il y a un (court ?) passage à l'adolescence où le besoin de s'identifier au groupe est fort et où l'on voit un intérêt marqué pour les fringues à la mode, les sorties comme les potes, la cigarette comme les potes, le flirt comme les autres, etc etc... ils ne passent peut-être pas tous par là, ou pas de façon aussi marquée ?
mais si c'est propre à l'adolescence, c'est vrai que ce peut être un moment délicat pour opérer des grands chamboulements de vie vers le non-conformisme..

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A :
Ca ne m'étais pas adressé mais je me mêle, j'espère que ça ne dérangera pas...
Moi, je me suis toujours plu à l'école. je n'ai jamais traîné les pieds pour y aller (enfin, pas avant le lycée !), j'aimais mes instits, mes profs au collège. Je comprenais bien, je participais, chaque rentrée scolaire était un grande joie... J'avais de bonnes notes, j'étais première de la classe ; je foutais quand même un peu le bazar, je n'étais pas l'intello type, même avec mon année d'avance... bref, pas de problème.
Et pourtant, aujourd'hui, je me pose des questions quant à la scolarisation de mon fils. Je précise que je suis quasiment certaine que l'école pourrait lui convenir... oui, mais est-ce dans une école "différente", ou à la maison (pas d'école de ce genre par ici), ça ne pourrait pas être **encore mieux** ?
Par exemple je suis sûre que ses 14 mois (de 9 mois 1/2 à 2 ans) passés chez sa nounou ont été très bien, mais est-ce qu'une nounou a autant de capacité à répondre aux besoins d'un petit enfant que ses propres parents ?
En même temps, comment puis-je me permettre de dire ça ? Sans même parler du danger de la mère qui étouffe ses enfants, comment puis-je avoir la prétention de dire que MOI, je serais mieux que la nounou, mieux que l'école, pour élever mes enfants ?
Parce qu'il s'agit bien de prétention... quand ma mère (institutrice) me dit que l'école a encore, pour certains enfants,
le rôle de les "sauver" de leur condition (enfants qui n'ont pas un seul bouquin chez eux... enfants de parents alcooliques,
dépressifs...), je suis d'accord.
Alors ? pour certains c'est le mieux à faire, de les mettre à l'école, et pour d'autres (pour moi !) non ???
C'est ce que M., mon marié, reproche à cette solution : d'être "élitiste".
Et vous ?

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V :
Bonjour,
Qu'entends-tu par élitiste exactement ?
Je connais des familles avec très peu de moyens qui ont fait ce choix. 
Pourquoi parler de prétention...je pense que nous connaissons nos enfants mieux que quiconque. Les apprentissages scolaires restent tout de même à notre portée et en tout cas rien ne nous empêche d'apprendre en même temps. Au-delà il y a des cours par correspondance qui existes et qui sont corrigés par des profs.
Savoir comment on apprend est pour moi la plus grande des richesses. Parce qu'une fois que l'on a compris comment l'on comprend on connaît ses propres stratégies d'apprentissage et ensuite qu'importe la matière étudiée. L'éducation nationale entretient un mythe que seules des personnes formées sont aptes à enseigner, je parlerais plutôt de la détention d'un pouvoir qui s'exprime aussi dans le corps médical et notamment au niveau de la naissance. Combien sont les personnes qui me disent "je n'en suis pas capable"... et moi quand je vois ce qui est étudié en IUFM...à part la méthode de l'éducation nationale...si peu... et pourtant il y en a tant... Cuisenaire, Montessori, Gattegno, etc...

Bien sur que l'école est "indiquée" quand le contexte familial est défavorable au développement de l'enfant mais est-ce pour autant qu'il faille en rester à cette seule appréciation. Je me disais aussi c'est l'école de la vie, c'est comme ça... c'est ce que l'on veut nous faire croire en disant notamment que c'est élitiste. L'école va plutôt mal, je ne suis pas du tout la seule à le reconnaître, de plus en plus de professeurs s'orientent vers la correction de cours par correspondance avec relation privilégiée avec l'étudiant et les sociétés qui proposent ces cours de soutien croulent sous la demande... Combien peuvent se les payer ?

Je pense qu'il y a des faits objectifs et que chaque cas est particulier. Cela dépend aussi de notre point de départ... à quel état de conscience sommes-nous ?
Ensuite je pense que nous sommes juges, à un certain stade, d'aller au-delà du consensuel, de ce qui se fait... mes enfants auraient "survécu" à l'école et c'est tout ce que je leur demande, de survivre ??? Moi, je veux vivre et faire vivre ce que je pense de meilleur pour les miens et moi-même. Mais je pense que c'est un "défaut" pour beaucoup... trop protecteur, élitiste, etc... mais n'y a t-il pas toujours des détracteurs face à ceux qui vont de l'avant et ne s'en tiennent pas à ce qui se fait mais à ce qu'ils veulent faire ?
J'ai déjà tant perdu de temps, j'ai tant douté, je me suis blessée, et si j'estime que ma vie est unique aujourd'hui et que le temps passe, je prends la décision de la vivre jusqu'au bout. Si j'ai survécu à l'école, mes enfants survivront à mes efforts, à mes erreurs, à mes doutes, mes convictions, mes joies, mes persévérances, mes batailles, etc...

Amicalement.

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M :
Est-ce vraiment un mal d'être élitiste ? Si oui, pourquoi...
Si non pourquoi aussi...
Bref, vous pensez quoi de l'élitisme ?

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S :
A mon sens, élitiste veut dire élire certains (soit personnes, soit modes de vie) et exclure d'autres, oui? Alors dans ce cas, oui je suis élitiste.
Pourquoi?
Parce qu'on ne peut pas s'entendre, voire aimer tout le monde. Parce que j'en ai soupé de faire des sourires de convenance en pensant "je suis en train de perdre mon après midi/soirée". Parce que si on ne veut pas être élitiste, alors ne rentre-t-on pas dans ce fameux moule dont tout le monde parle ici?

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A :
Oui, je me pose la question. Il se trouve que c'est l'argument de mon chéri "contre" l'instruction à la maison : c'est dégueulasse, nous, on peut se le permettre, alors que d'autres non... en gros ce qu'il dit c'est que si on a des idées "contre" l'école ou pour "changer" l'école, autant y aller, à l'école, et faire bouger les choses de l'intérieur.
Moi, je pense que si tout le monde se met à "boycotter" le système scolaire classique, ou tout du moins assez de monde pour que ça se voie, là, ça peut faire bouger les choses aussi... et sans avoir à mener un combat limite perdu d'avance. mais c'est peut-être que je suis défaitiste ?
Donc dans ce que je pense, non, ça ne serait pas un mal d'être élitiste.
Ca me fait penser à ce que j'ai écrit à mes directeurs de thèse, que malgré tous ceux qui crèvent de faim dans le monde, je ne me force pas à finir mon assiette.

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A :
A V. qui a laissé le choix à son fils H. d'être scolarisé ou non

Pour l'instant ma fille B. (9 ans) a un maître qui lui plaît bien et donc reste à l'école Mais le collège est un peu trop violent à mon goût et j'ai bien envie de poursuivre à la maison...
On verra ça en temps et en heure seulement je me demande déjà comment , moi qui suis nulle en sciences, je pourrais assurer de ce côté là Je précise que B. veut être biochimiste...

Comment fais-tu ? Es-tu spécialiste en tout ?

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V :
Bonsoir,
J'apprends et je me régale... moi, la nulle en chimie, en physique...qui n'y voyais goutte... et bien j'ai le programme jusqu'en troisième pour l'instant. Je fais comme eux, j'apprends. Pour l'instant je n'ai buté sur rien. Et puis il y a les cours du CNED à la carte au cas où pour les matières "effrayantes". Nous corrigeons même les fautes dans les manuels. Mais sincèrement moi qui n'ai jamais aimé les maths quand j'étais à l'école à part l'algèbre, je me rends compte que la façon d'enseigner y est pour beaucoup. J'ai compris des notions qui me semblaient inaccessibles. Et quand je vois comment je les explique à mes enfants et comment ils les comprennent. Eux aussi sont surpris de pouvoir comprendre des notions qui correspondent à des niveaux "supérieurs". ah, c'est facile comme ça ! Ils ont même faits des devoirs de seconde alors qu'ils sont en quatrième.
Cela nous arrive aussi de faire du cm1 ou autre...
C'est vraiment récurrent cette question que se pose les parents : serais-je à la hauteur ? mais après tout nous sommes nous aussi allés à l'école.
Comment se fait-il que nous soyons si nombreux à douter de nos acquis ?
Comment se fait-il que nous puissions penser que seuls les professeurs peuvent enseigner à nos enfants ? `
Ce dont il faut se rendre compte c'est que toutes les matières sont liées.
Une fois de plus ces apprentissages ont été cloisonnés et nous avons l'impression qu'il faut être un spécialiste.
En travaillant sur les plantes nous avons fait des maths en calculant la forme géométrique qui contient le plus grand volume. tout est lié et du coup les enseignements prennent un sens et de ce fait sont à la portée de tous. Désacraliser le corps enseignant c'est se donner les moyens d'avoir aussi confiance en soi. Je suis sure qu'à l'heure actuelle j'en connais autant qu'un professeur du primaire et je pense que je suis surtout plus polyvalente. Et si je ne sais pas je cherche et je trouve. Du coup les enfants voient comment je fonctionne et que je ne détiens pas le pouvoir absolu.

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M :
Ben moi j'ai appris plein de trucs dans des livres ou des manuels qu'on ne terminait jamais... et pour certaines choses j'en savais plus que le prof devant moi.
Y'a plein de matières où je me sens pas "pro", mais ma fille elle apprendra seule... à moi de l'aider à trouver le max d'info et lui faire rencontrer des gens qui sont calés dans d'autres matières que moi, pis c'est tout.

Y'a tellement de prof nuls dans leur matière à l'école, que je ne m'inquiète pas du tout quant à ne pas mettre ma fille à l'école et ... ne pas être moi-même SA prof :-)

Voili mon point de vue de maman d'une fille de seulement 2 ans il est vrai.

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H
Juste pour mettre ma petite goutte d'eau dans cette conversation que je prends en route, nous à la maison on est six à apprendre ce qu'on choisit d'apprendre quand on choisit de l'apprendre...
C'est un choix très influencé par moi, mais que nous n'avons fait qu'à partir du moment où les grands ont rejeté le collège.

Pour moi, cela va bien plus loin qu'une question d'apprentissage de ceci ou cela ou de ma capacité à enseigner. Pour ça, je fais complètement confiance aux enfants. Ils en savent déjà beaucoup, et ce n'est pas à l'école qu'ils ont acquis la plus grande partie de leurs connaissances.
Non, le vrai problème, c'est les comportements qu'on apprend et ceux qu'on désapprend, d'abord à l'école, puis ensuite de façon de plus en plus prononcée, au collège, au lycée, et pendant les études. J'en cite quelques uns. Ce qu'on désapprend : l'entraide, la confiance en soi, comment apprendre, la confiance dans les autres, la créativité dans la recherche de solutions...
Ce qu'on apprend : que l'autorité détient la vérité, que l'autorité sait mieux que nous ce que nous valons, ce que nous sommes capables de faire ou non, comment on doit résoudre un problème, comment on doit se comporter, qu'il faut rester immobile et muet pour apprendre, que l'intellect et le corps sont deux choses différentes et que le premier est plus important que le second...
Et, cerise sur le gâteau, l'école nuit gravement à la santé de l'enfant, en l'obligeant à rester immobile et dans une position non naturelle des heures par jour, en réduisant son champ visuel, en l'empêchant de s'exprimer, en créant des situations de stress...

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Suite dans la seconde partie.

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