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18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 23:05


Que l’on veuille commencer à utiliser des protections menstruelles non polluantes (comme la coupe menstruelle), que l’on veuille se lancer dans l’aventure de la contraception naturelle, ou bien vivre une grossesse et un accouchement les plus autonomes possibles, on en revient toujours à un premier et même point de départ : il est utile que nous connaissions notre corps et notre mode de fonctionnement, pour pouvoir dialoguer avec lui et être à l’écoute de ses messages.

 

Oh bien sûr, ce n’est pas un passage obligatoire ! Chacune se vit comme elle le sent, et certaine n’auront que très peu, voire pas besoin de connaissances précises pour se « connecter » à leur vécu intime. On peut privilégier l’approche intuitive, on peut préférer garder une part de mystère et laisser les choses éclore à leur rythme et à leur manière, attendre de les ressentir sans nécessairement devoir les « savoir ». C’est un langage avec soi qui est merveilleux ! Il n’en reste pas moins que beaucoup d’entre-nous, du fait de cette déconnexion « socio-culturelle » d’avec notre corps et ses instincts animaux, auront besoin d’une approche plus rationnelle et technique, pour pouvoir par après se sentir plus à l’aise dans le lâcher prise.

 

Mon premier propos dans le cadre de cette « odyssée intérieure » sera donc d’aborder cette connaissance de notre géographie intime, et si possible de faire sauter un tabou encore solidement ancré en nous : mesdemoiselles, mesdames : TOUCHEZ-VOUS ! :-)

 

Je ne parle pas ici de toucher « auto-érotique », autrement dit de masturbation, même si il y aurait aussi beaucoup à dire sur le sujet … Pour l’instant, même si les deux ne sont pas indissociables, j’ai simplement envie de parler d’un toucher que très peu de femmes pensent à – ou tout simplement osent – pratiquer. Un toucher de simple prise de contact, de découverte, de dialogue avec soi. Touchons-nous à l’intérieur, et apprenons à reconnaître nos vallées et nos méandres vaginaux :-)

Bien entendu, rien n’empêche pas que ce toucher soit agréable de surcroît, mais étant donné la force du verrou existant chez bon nombre de femme concernant ce sujet, il y a fort à parier que ce ne sera pas vraiment le cas les premières fois …

 

Pourtant, cette connaissance intime de nous-même est primordiale dans le cadre d’une démarche de responsabilisation (dans le sens « je » suis en charge de moi-même), et de réappropriation de notre corps et de notre fécondité – quand ce n’est pas de notre liberté, de notre féminité et de notre plaisir !

 

De plus, nous possédons un avantage unique et décisif sur toute personne extérieure, fût-elle professionnelle et bardée de diplômes et de connaissances : nous percevons ce que nous touchons non seulement de manière « externe », mais également avec notre sensorialité interne. Autrement dit, nous recevons les sensations tant par nos doigts que par notre vagin, et ça, c’est irremplaçable pour aboutir à une perception globale.

Il ne s’agit pas en fait d’un geste précis et unique, mais bien d’un ensemble de perceptions, de visualisations et de ressentis qui vont se combiner pour aboutir à un tout.

 

La première chose est de trouver quelle est, pour soi, la meilleure position pour « s’examiner » (bouh, le vilain mot), celle où l’on se sent le plus à l’aise physiquement et psychologiquement.

Pour certaines, ce sera accroupie, le dos en appui. Pour d’autres ce sera assise sur la toilette. Et pour d’autres encore ça pourra être allongée, le bassin surélevé sur des coussins … bien que cette position rende les choses un peu plus compliquées.

 

Quoi qu’il en soit, et une fois cette position de confort trouvée, il s’agit de faire pénétrer un ou deux doigts à l’intérieur du vagin (ceux qu’on préfère encore une fois), et de partir à la découverte du paysage que l’on va explorer. On va rencontrer des parois, un plancher, un plafond, ceux-ci plus ou moins spongieux, plus ou moins « ridés » ou grumeleux, plus ou moins lubrifiés, plus ou moins sensibles au toucher … tout autant de sensations à explorer, à apprivoiser. Ensuite, si l’on enfonce encore un peu plus loin ses doigts, on va finir par rencontrer un fond. Si l’on explore ce fond avec le doigt, on sentira qu’il est principalement composé en son centre (ou parfois un peu décentré) d’une « excroissance » à la texture assez dure et évoquant un peu un bec : le col de l’utérus. Tout autour de ce bec, des renfoncements mous, comme des cul-de-sac.

 

Ce col est important à découvrir et à connaître. En effet, c’est lui qui nous renseignera sur notre fertilité si nous désirons concevoir ou ne pas concevoir un enfant, ou sur l’état de notre grossesse, ou sur l’avancée de notre dilatation lors d’un accouchement quand parfois cela s’avère utile.

 

Pour poursuivre, je vais emprunter à un ami sage-femme une de ses images, qui m’a été très parlante pour visualiser ce que je vais expliquer maintenant :

Imaginez tout cela comme une bouteille de Chianti renversée :-) La bouteille représente l’utérus. On appelle « l’isthme » la partie rétrécie du goulot de la bouteille, et « col » l’embouchure. Cet ensemble est normalement long de plus ou moins 2 cm et épais d’un peu moins d’un cm. Et assez dur sur toute sa longueur.

 

Ce col n’est pas figé, il se modifie sans cesse selon nos saisons intérieure. Pendant la grossesse par exemple, il se verrouille sur son précieux fardeau et se déplace légèrement vers l’arrière (on dit qu’il est plus postérieur). Lorsque la fin de la grossesse approche, et sous l’effet des hormones qui inondent le corps de la mère, il se ramollit plus ou moins, revient parfois un peu vers l’avant et/ou s’entrouvre légèrement. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il est dangereux et absurde de forcer un accouchement pour lequel le corps n’est pas encore prêt (en-dehors d’une urgence extrême bien entendu) : il s’agit bel et bien d’une effraction à laquelle le corps et l’enfant réagiront souvent très mal et douloureusement. Les déclenchements de confort sont un non-sens. Lors d’un accouchement survenant naturellement, ce col va s’amollir, s’effacer (c’est-à-dire se raccourcir et disparaître jusqu’à ne plus former ce goulot de bouteille) et puis s’ouvrir - progressivement ou par à-coups, vite ou lentement selon les femmes - afin de laisser passage au bébé qui fait sa route vers l’air libre. Ces étapes seront d’ailleurs différentes selon qu’il s’agit d’un premier accouchements ou non, et varient prodigieusement d’une femme à l’autre et d’un accouchement à l’autre. Mais j’en parlerai dans un autre chapitre.

 

Lors de la période pré-ovulatoire et ovulatoire, ce col va également se modifier et nous communiquer des informations sur notre état de fertilité. Il va s’amollir légèrement (c’est parfois tellement subtil que j’appelle ça « s’alanguir »), il va parfois très légèrement s’entrouvrir jusqu’à ce qu’on puisse sentir nettement un petit rond creux en son centre, et il va sécréter des glaires d’une texture particulière. Tous ces changements étant destinés à favoriser la montée des spermatozoïdes vers l’utérus et les trompes. J’en parlerai également en détail dans le chapitre consacré à la contraception.

 

Quoi qu’il en soit, ce col et son état sont des indices précieux pour nous, et apprendre à connaître « notre » normalité, notre fonctionnement particulier nous sera d’un enseignement précieux et ne peut que nous être bénéfique, tant sur le plan physiologique que sur le plan psychologique.

 

Toujours dans cet esprit de découverte de soi, on peut également faire meilleure connaissance avec notre périnée, ce plancher composés de fibres musculaires interactives organisées en faisceaux, et dont la tonicité et les particularités locales varient fortement d’une femme à l’autre, selon ses habitudes de vie et de mouvement. Le périnée n’est pas uniquement – comme on le présente souvent - « un  muscle » qu’il suffit d’entraîner comme les biceps d’un culturiste pour le rendre « tonique » (mot à la mode) et de là éviter les ennuis d’accouchement et de suites d’accouchement (incontinence, prolapsus …). Le périnée est le socle sur lequel reposent tous nos organes internes. Il peut effectuer des mouvements très localisés et précis, pour peu qu’on soit un peu attentive et qu’on explore un peu toutes ses possibilités. Il peut se contracter sur différents niveaux, à différents endroits et de manière plus ou moins forte, et une bonne connaissance de cette zone et de ses subtilités – si elle n’est pas indispensable - est quand même bienvenue, tant pour la grossesse et l’accouchement que pour la « vie sexuelle » (encore un concept porteur ça ;-)).

C’est amusant en tout cas de découvrir des zones musculaires insoupçonnées et des mouvements qu’on n’avait jamais fait, et qui tout à coup se mettent à vivre parce qu’on y prête attention :-) Tous ceux qui ont un jour essayé – et réussi – à bouger leurs oreilles peuvent imaginer de quoi je parle :-) :-)

 

Il est ainsi possible de contracter uniquement la zone du méat urinaire et/ou du clitoris, ou bien celle de l’anus, ou bien de contracter latéralement un côté ou l’autre … cela fait partie des choses qu’on « apprend » lors d’une rééducation périnéale post-partum, mais il me semble plus intéressant de l’avoir découvert avant, et de pouvoir réaliser tout cela à son rythme et selon ses envies/besoins.

 

Voilà, je pense avoir fait le tour du propriétaire, si je puis dire :-D

 

La suite dans un prochaine épisode, probablement consacré à la conception et à la contraception.

 
F. Jeurissen

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Published by Tinuviel - dans FEMINITUDE
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commentaires

rachel 08/10/2008 17:25

moi c'est bizarre, j'ose pas trop aller vers le col, ça me fait peur de le titiller (mauvais souvenir de la pose du stérilet, peur de me faire mal...) le vagin, ça va, je maitrise à fond la mooncup... mais là pour mon accouchement j'aimerais bien m'autoexaminé pour savoir où j'en suis... mais j'ose pas m'entraîner...je trouve que c'est pas facile, peut être à cause de mon utérus dit "rétroversé" que je pige pas trop  quelle différence d'inclinaison il a par rapport aux schémas standart que l'on voit...

Tinuviel 14/10/2008 14:49


Je te comprends. Moi-même, au début, j'avais peur de me faire mal, peur de ce sanctuaire qui était enfoui au plus intime de moi. Et puis en fait, en y allant petit à petit, on s'aperçoit que
finalement, on n'abîme rien, on n'a pas mal, et que c'est tout naturel :-)
Cela dit, perso, pour mes accouchements à domicile, je n'ai jamais pratiqué de toucher moi-même (et pour le dernier accouchement, pas de TV du tout d'ailleurs, ni de moi ni de la SF), parce que
franchement, pendant le travail, ça ne me dit franchement rien qu'on farfouille à l'intérieur tant qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter et qu'on sent bien le bébé descendre et s'engager.


elef 18/07/2008 12:09

Bonjour, je suis arrivée sur ce site en suivant un lien sur le blog de Séléne, et je viens de lire toute cette categorie avec beaucoup de plaisir et d'interet. j'attends avec impatience l'ouverture de ta rubrique herboristerie, annoncée dans ton dernier article!...

Tinuviel 18/07/2008 13:18


Merci pour ton passage, Elef ! Je reprends ce blog "en main" alors qu'il dormait depuis assez longtemps, et ça fait plaisir de lire ton intérêt.

Pour l'herbo, plus qu'une nouvelle rubrique, il s'agit carrément d'un site à part, car le sujet est trop vaste pour tenir ici, je préfère séparer les deux choses. Mais dès que je l'ouvrirai, je
l'anonncerai ici de toute manière, c'est promis.


krollyoli 19/02/2006 22:18

Bonjour Tinuviel,Bon, tout d'abord, j'aime bien venir lire ton blog, un petit espace de douceur, de ciel bleu (comme les nouvelles couleurs).Oui, je suis dans cette démarche qui me trotte dans la tête (moins d'un an) et je n'en reviens pas de mon ignorance à me connaître. Celle-ci va diminuer au fil du temps. Et ton article va y contribuer. Je n'en reviens pas moi-même de cette non-connaissance, pendant tout ce temps. au plaisir de te lire.