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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 10:25


Parlons un peu de notre ventre de femme.

 

Celui qui abrite notre fécondité de femelles, et qui pulse, bat, vit, et « se » vit en termes de cycles, lunes, ovulations, accueils, orgasmes, dons, créations, menstruations, grossesse, enfantement …

 

Ce ventre que les femmes connaissent au fond si mal, et respectent si peu, parce qu’elles n’ont jamais appris à en décoder le langage, à en aimer les fluctuations et les vibrations, les flux et les reflux. Ce ventre qui nous fait femmes, qui influence par vagues régulières et sans cesse renouvelées nos humeurs, notre ressenti, nos désirs …

 

Ce ventre que nous muselons dans ses expressions, que nous stérilisons quand nous n’en avons pas besoin, que nous enfermons sous camisole chimique, et empêchons d’exprimer ses humeurs, ses fertilités, son limon, et que nous laissons fouiller et gérer par des étrangers investis d’un passe-droit magique leur donnant accès et autorité sur le plus intime de nous-même.

Ce ventre dont nous ne comprenons pas qu’il se révolte parfois, dont nous ne tolérons pas qu’il se manifeste hors de notre contrôle, que nous n’avons pas appris à aimer, toucher, écouter, comprendre.

 
Parlons-en.
 

On évoque de plus en plus, et c’est tant mieux, le sujet des accouchements « naturels », en opposition à l’hypermédicalisation de la naissance. Ou la contraception tout aussi « naturelle », en opposition avec l’utilisation d’une technologie extérieure pour contrôler sa fertilité.

 

Mais s’interroge-t-on suffisamment sur les origines de cette mainmise médicale ou technologique sur notre corps et ses expressions ?

Comment en arrive-t-on à tolérer, et même à trouver normal, que des personnes tout à fait étrangères à notre intimité puissent se sentir investies du « contrôle » de notre fonctionnement interne ou de notre fécondité ?!

 

Un simple exemple : presque toutes les femmes, à quelques rares exceptions près, se sont déjà vues fourrer plusieurs doigts et instruments désagréables dans le vagin par leur gynécologue. Cela fait partie de la routine des consultations gynécologiques conseillées aux femmes au moins deux fois par an. Et à côté de cela, combien de ces mêmes femmes ont-elles déjà eu la curiosité, je dirais presque l’audace, de se palper elles-mêmes l’intérieur du vagin, de ressentir la texture de leurs muqueuses, l’arrondi bien dur du col de leur utérus, la texture de leurs sécrétions internes ?

 

Nous ne savons pour la plupart même pas comment nous fonctionnons ! Oh bien sûr, beaucoup ont des connaissances biologiques suffisantes, enseignées à l’école ou dans un quelconque planning familial, pour pouvoir expliquer comment fonctionne en gros « l’appareil génital féminin ». Mais combien ont la connaissance de LEUR fonctionnement intime, si propre à chaque femme dans ses expressions et ses manifestations, dans ses régularités ou irrégularités ? Combien s’écoutent suffisamment pour percevoir leurs ressentis profonds et pouvoir dire « je me connais ».

 

Alors je me propose, en quelques textes qui viendront l’un après l’autre (le temps de leur gestation :-)), d’accomplir petit à petit un voyage – une odyssée – au travers de notre ventre féminin, de parler aussi bien de notre « géographie intime » que de tous les aspects de nos cycles et notre fécondité, de la subtilité de certaines réactions physico-psychologiques de la grossesse et de l’enfantement, où chaque élément interagit avec les autres pour aboutir à un tout, dans un ballet subtil qui échappe complètement à l’entendement de la médecine et de son approche cloisonnée des choses.

 

J’ai un rêve – moi aussi – qui est que chaque femme accède à cette connaissance intime, prenne ou reprenne le pouvoir sur son corps, la souveraineté sur sa fécondité. Et que cette connaissance et ce pouvoir soient transmis entre femmes, et de mères en filles, naturellement. Pour que nos filles ne se laissent plus déposséder de cette immense part d’elles-mêmes sous de faux prétextes, et ne délèguent plus cette responsabilité qu’éventuellement par choix ou par paresse, mais en tout cas jamais plus par méconnaissance.


F. Jeurissen

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Published by Tinuviel - dans FEMINITUDE
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commentaires

mama quilla 21/09/2009 10:04

c'est beau ce que tu écris !reviens vite ! tes posts me manquent !!