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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 01:24


On entend très souvent affirmer - avec raison - que l'allaitement est "bon pour les bébés", qu'il les protège, qu'il les empêche d'attraper des maladies etc ...


Mais sait-on pourquoi et comment agit cette protection ? Voici,  pour le comprendre, quelques notions de base.

A la naissance, le système immunitaire du nourrisson est loin d'être en possession de tous ses moyens et ne confère pas au bébé toute la protection nécessaire. Ce système immunitaire n'attendra ses pleines potentialités que vers l'âge de 4 à 5 ans, d'après les ce qu'on en sait actuellement.
Avant cela, il reste immature (la production des interleukines régulatrices de la réponse immunitaire notamment, ainsi que la production des anticorps, n'est pas encore au point, en qualité comme en quantité). On peut donc dire que, pendant ses premiers mois, voire ses premières années, le bébé a un fonctionnement immunitaire "déficient", ou en tout cas insuffisant.

Le lait maternel constitue donc une réponse naturelle parfaite à cet état de choses.
Par l'allaitement, la mère va offrir à son enfant une manière efficace de suppléer à son immaturité immunitaire.

Tout d'abord, diverses molécules présentes dans le lait maternel empêchent la fixation des micro-organismes pathogènes sur la muqueuse intestinale du nouveau-né, qui est encore très perméable.  Ces molécules sont :

- des oligosaccharides (molécules de sucres simples assemblées). Ces molécules "trompent" les bactéries par leur ressemblance avec les sites de fixation qu'elles utilisent. Les bactéries viennent donc s'y fixer, et forment ainsi des complexes innofensifs pour l'organisme du nourrisson.

- des mucilages (complexes de protéines et de glucides), qui, en se liant aux bactéries et aux virus, facilient leur élimination.

Ensuite, le lait maternel contient des anticorps, principalement des IgA (les anticorps, ou immunoglobulines, sont répartis en différentes classes. Les IgA se rencontrent essentiellement au niveau des muqueuses - intestins, poumons, salive - et résistent à la digestion par les enzymes de l'estomac et de l'intestin).
Etant donné que les anticorps produits par la mère - et donc transmis à son enfant par le biais de l'allaitement - correspondent aux agents pathogènes rencontrés dans son "milieu naturel", ils lui confèrent ainsi une protection parfaitement adaptée à son environnement.
Remarque : il s'agit d'ailleurs là d'un argument de plus en faveur de l'évitement des maternités et des hôpitaux en matière d'accouchement : dans ces milieux, le nouveau-né se trouvera en contact avec des agents pathogènes - parfois redoutables - contre lesquels sa mère ne peut pas lui transmettre de défense adaptée, n'y ayant elle-même pas été confrontée.

Le lait maternel protège également des virus et bactéries par le fait qu'il  contient :

- de la lactoferrine, une protéine qui a pour particularité de piéger le fer. Or le fer est un élément indispensable à la croissance de certaines bactéries pathogènes (notamment les tristement réputés staphylocoques). La lactoferrine produite a donc pour action d'empêcher, ou en tout cas de diminuer, la multiplication des dites bactéries.

- des acides gras libres, qui abîment l'enveloppe des virus

- de l'interféron (présent essentiellement dans le précieux colostrum), qui est également antiviral.

- des cellules phagocytaires - c'est-à-dire qui "avalent" les agents pathogènes - (polynucléaires neutrophiles, macrophages), et qui secrètent aussi du lysozyme, une substance qui détruit la membrane des bactéries. Ces cellules sont également particulièrement présentes en grand nombre dans le colostrum.

En outre, la structure de la muqueuse intestinale du nourrison se voit resserrée  par diverses hormones contenues dans le lait maternel, qui en garantissent une meilleure résistance et une plus grande étanchéité par rapport au passage de bactéries et de virus.

Voilà, en deux mots et très simplifié, pourquoi le lait artificiel ne pourra jamais remplacer le lait maternel, ne serait-ce que d'un point de vue nutritionnel et sanitaire.

Et voilà pourquoi j'estime qu'une mère, si elle a "techniquement" le choix d'allaiter ou non son enfant, et en évacuant toutes les autres dimensions de l'allaitement (affectives notamment, mais également de prévention de l'allergie), n'a pour autant pas "moralement" la liberté de refuser cela à son bébé et de l'exposer sciemment à des conséquences sanitaires néfastes.

Il s'agit pour moi de non assistance à personne en danger, ni plus ni moins.

Le bébé, lui, n'a aucun autre choix que celui que lui impose sa mère.

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Published by Tinuviel - dans ---> Allaitement
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