Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

Recherche

Archives

14 octobre 2005 5 14 /10 /octobre /2005 00:00
Par Philippe Lamotte.
Source : Le Vif L'Express du 7 au 13 octobre 2005

Le WWF a testé la présence de produits toxiques chez trois générations de femmes. Le but: peser sur " Reach ", un énorme projet de réforme lié aux produits chimiques dans notre environnement.

 

Le 11 octobre prochain, une rencontre insolite se déroulera au Parlement européen, à Bruxelles. Treize familles venues de toute l'Europe - uniquement des femmes et leurs filles - y rencontreront les élus pour les sensibiliser à la pollution chimique qui, depuis au moins deux générations, s'est glissée dans leur sang. Après avoir démontré l'ampleur de cette contamination chez des scientifiques et des personnalités politiques, le World Wide Fund for Nature (WWF) s'est, cette fois, penché sur la présence d'une multitude de produits toxiques chez l'homme de la rue. Ou plutôt chez la femme, histoire de bien taper sur le clou: dès la grossesse, les mères intoxiquent leurs enfants via le cordon ombilical.
Le but ultime de l'association au panda est d'infléchir le cours de "Reach": un surnom donné à un énorme travail d'évaIuation des risques pour la santé et l'environnement de 30000 produits chimiques en circulation. Ceux-ci existent partout (meubles, tapis, vêtements, détergents, parfums, emballages, etc.). Or, pour la plupart d'entre eux, on ne dispose que de très peu de données (éco)toxicologiques.
Qu'ont-elles dans leur sang, ces grands-mères, ces mères et leurs (petites) filles ?
" Une série de produits qui n' ont jamais été conçus pour se retrouver dans le corps", répond Nicolas van Larebeke, conseiller scientifique du WWF. Passons sur la présence de dioxines ou de produits désormais interdits chez nous, comme les PCB ou le pesticide DDT. Le WWF en a retrouvé chez tous les sujets, mais un peu moins chez les fillettes. Bonne nouvelle?  Peut-être, mais ces poisons continuent à être ingérés via les produits cultivés ailleurs. De plus, des produits d'apparition plus récente ont été plus souvent détectés, et à des taux plus élevés, dans le sang des jeunes générations que chez les aînés: des retardateurs de flammes au brome, des produits perfluorés (antitaches) et des muscs synthétiques ( parfums, etc.) "Chez les fœtus et les jeunes enfants, c'est le moment de l'exposition qui compte, plus que la durée." Depuis octobre 2003, des ONG comme Greenpeace et le WWF bataillent ferme pour réglementer la présence de tels produits sur le marché et pour leur trouver des substituts moins dangereux, comme le souhaite d'ailleurs la Commission européenne, initiatrice de la réforme. Au printemps dernier, une étude du bureau KPMG a nettement réduit la portée des appréhensions de l'industrie chimique qui, pour contester la réforme, brandissait le spectre de coûts faramineux et de délocalisations massives. Cet automne sera décisif. Puissamment représentée à la Commission, la chimie réclame diverses formes d'assouplissement lors de la phase d'enregistrement des produits. Il est question, notamment, de supprimer des tests pour les yeux et la peau, jugés superflus ou trop chers pour les PME. De même, la commercialisation de produits dangereux serait tolérée si leurs risques sont correctement " maîtrisés ", selon un des 1500 (!) amendements en négociation.

Partager cet article

Repost 0

commentaires