Avant d’envisager toute réflexion ou discussion autour du principe de la vaccination, de sa pertinence et de ses conséquences à plus
ou moins long terme, il est à mon avis intéressant d’avoir quelques notions de base quant au fonctionnement de ce fameux système immunitaire.
Voici donc en quelques phrases - que j’espère simples sans être simplistes – comment on peut approcher et essayer de comprendre
un peu le principe de l’immunité et de la résistance aux maladies.
Il existe tout d’abord deux types d’immunité : l’immunité naturelle et
l’immunité acquise.
L’immunité naturelle
L’immunité naturelle est constituée par les « barrières » naturelles de notre corps.
Il s’agit d’une immunité non-spécifique, c’est-à-dire qu’elle n’est pas dirigée contre des agents pathogènes particuliers,
que son mode de fonctionnement est indépendant de la nature des agressions auxquelles elle fait face, et que le corps n’en développe aucune mémoire en vue d’une utilisation future.
Les barrières naturelles dont nous disposons sont de deux niveaux :
Une première « ligne de défense » est constituée par la peau, les muqueuses, et la présence au sein de notre organisme,
principalement de nos intestins, d’une flore microbienne non-pathogène.
- La peau, de par sa capacité à se régénérer sans cesse par desquamation (renouvellement
cellulaire par la base et « perte » des cellules de surface), nous protège et nous débarrasse tout simplement d’un très grand nombre de germes s’y déposant.
- Les muqueuses quant à elles sont les tissus qui tapissent l’intérieur de toutes les
parties de notre corps communiquant avec l’extérieur (bouche et tube digestif, cavités nasales et voies respiratoires, voies génitales et urinaires). Elles prolongent la peau, mais sont plus
fragiles. Ces muqueuses secrètent des mucus et des substances, enduits plus ou moins gluants qui contribuent à éliminer les particules étrangères (notamment par la toux grasse, l’écoulement
nasal, le cerumen …). Elles contiennent aussi des cils vibratiles (trachée) ayant pour même fonction de se débarrasser des agresseurs, ou des substances acides et inhospitalières pour les
bactéries (estomac, vagin). De plus, le mucus contient une substance appelée lisozyme, qui est une enzyme apte à détruire nombre de bactéries en s’attaquant à leur enveloppe via un
mécanisme particulier.
- Enfin, les nombreuses bactéries qui vivent en symbiose avec notre organisme (principalement la flore intestinale) contribuent
par leur simple présence à maintenir la population des bactéries pathogènes dans une proportion raisonnable, dans un équilibre naturel favorisé bien entendu par une bonne hygiène de
vie.
Si ces premières barrières ne suffisent plus, entre alors en fonction une deuxième arme : la réaction inflammatoire.
Qu’elle soit localisée (inflammation visible, rougeur, gonflement), ou généralisée à l’ensemble du corps (fièvre), il s’agit d’une
dilatation du flux sanguin destiné à charrier des phagocytes (globules blancs) et des substances chimiques diverses, qui vont se rassembler là où on en a besoin et combattre l’invasion
indésirable. La perméabilité des petits vaisseaux est également accrue, pour permettre le passage des anticorps vers l’endroit nécessaire.
Grâce à ces barrière naturelles, l’organisme sain parvient à se débarrasser tout seul de l’immense majorité des bactéries qui
l’agressent, dans une proportion d’environ 90%.
Une remarque particulière concernant les virus : si l’organisme est agressé par un virus, les cellules infectées vont produire
une substance nommée Interféron, laquelle va induire chez les cellules avoisinantes une résistance au virus incriminé. De plus, les cellules infectées vont voir leur membrane subir des
modifications repérables et interprétables par les cellules NK (Natural Killers, lymphocytes spécifiques aux virus ou aux cellules tumorales), qui dès lors vont pouvoir agir contre les virus et
les éliminer.
L’immunité acquise
En plus de ces mécanismes d’immunité naturelle, il existe un second type d’immunité : l’immunité acquise.
Avant de développer le fonctionnement de l’immunité acquise, il est nécessaire de faire un rapide tour d’horizon des différents
organes et médiateurs du système immunitaire.
J’espère ne pas être trop rébarbative :-)
Les organes du système immunitaires sont :
- La moelle osseuse : c’est là que sont produits les leucocytes (globules blancs)
destinés à reconnaître et à détruire les agents agresseurs. 20% environ des leucocytes sont des lymphocytes, principalement présents dans le système lymphatique.
- Le thymus : petit organe situé au-dessus du cœur (en activité surtout dans
l’enfance, il atteint son maximum d’activité vers 10 à 12 ans pour régresser et disparaître presque totalement vers 40 ans). Il est destiné à « entraîner » les cellules immunitaires à
reconnaître les substances étrangères et à les éliminer.
- Les ganglions lymphatiques, la rate, les amygdales, l’appendice et les plaques de Peyer (intestin)
destinés à protéger l’organisme contre les toxines et les agressions de micro-organismes.
Les cellules spécialisées du système immunitaires, qui prennent toutes
naissance dans la moelle osseuse rouge des os plats (sternum, côtes, bassin) sont :
- Les phagocytes : ces cellules peuvent « avaler » un micro-organisme
étranger ou ses débris (phagocytose), et les digérer, nettoyant ainsi le terrain. Les macrophages, les éosinophiles et les polynucléaires neutrophiles sont des cellules
phagocytaires.
- Les lymphocytes : leucocytes de petite taille présents dans la lymphe, ils se
divisent en plusieurs catégories
--> Les lymphocytes T, qui ont été « entraînés » dans le thymus à
reconnaître les envahisseurs spécifiques.
Après leur entraînement, ils deviennent :
- soit des lymphocytes T4 (ou Th, ou auxiliaires),
- soit des lymphocytes T8 (ou Tc ou lymphocytes cytotoxiques)
destructeurs de cellules,
soit des lymphocytes T suppresseurs (ou Ts) qui stoppent les réactions immunitaires.
--> Les lymphocytes B, capables de fabriquer des anticorps.
--> Des cellules NK (Natural Killer ou cellules tueuses), qui sont des lymphocytes
plus gros que les autres, capables de détruire les cellules infectées par un virus ou les cellules tumorales.
- Les cellules présentatrices de l’antigène : ces dernières « présentent » littéralement les antigènes (molécules « étrangères », faisant partie
de la membrane des bactéries et des virus, ou circulant librement sous forme de toxine par exemple), permettant ainsi la mise en route de la réaction immunitaire.
Les molécules chimiques intermédiaires de l’immunité
sont :
- Le système du complément : ensemble de réactions chimiques complexes, dans lesquelles intervient un grand nombre de
protéines, s’activant et s’enchaînant dans la réponse immunitaire.
- Les cytokines : substances secrétées par les cellules immunitaires, et agissant au niveau des mécanismes de défense et du
contrôle des différents processus immunitaires. Elles sont les molécules de la communication cellulaire.
Parmi les cytokines (une quinzaine de substances différentes environ), on peut citer notamment l’interleukine (ou plutôt les
interleukines, il y en plusieurs sortes) et les interférons.
- Les anticorps, ou immunoglobulines (Ig) : les anticorps sont de grosses
protéines complexes ayant plus ou moins la forme d’un Y, destinées à se fixer d’un côté sur les antigènes des agresseurs, et de l’autre côté à des cellules compétentes pour détruire cet agresseur
(par exemple les macrophages), et à activer le système du complément.
Il en existe de 5 classes, les IgM, les IgG, les IgA, les IgD et les IgE, ayant des fonctions et des missions différentes, et se
rencontrant en plus ou moins grand nombre selon la localisation dans le corps.
Revenons-en à l’immunité acquise.
L’immunité acquise est spécifique, c’est-à-dire qu’elle est adaptée à chaque antigène, et qu’elle développe une mémoire par
rapport à ses interventions.
C’est sur ce principe que repose l’idée de la vaccination, dont je reparlerai dans un article ultérieur.
L’immunité acquise se base sur l’aptitude des lymphocytes T et B à reconnaître des centaines de milliers d’antigènes (molécules
étrangères) différents et à y réagir. Pour chaque type d’antigène, il n’existe que très peu de lymphocytes capables d’y réagir. Mais dès qu’un lymphocyte rencontre l’antigène qui lui correspond
(celui pour lequel il a été « entraîné » à réagir), il va se multiplier très rapidement afin de mettre en route la réaction immunitaire.
Avant toute réaction, il faut d’abord qu’il y ait une phase de « reconnaissance » de l’antigène, afin que la réponse
immunitaire soit adaptée à l’agression.
La reconnaissance de l’antigène :
Sur la membrane des lymphocytes, il existe des récepteurs destinés à identifier la structure moléculaire des antigènes. Les lymphocytes B reconnaissent la totalité
d’un antigène, tandis que les lymphocytes T ne peuvent en reconnaître que des fragments – des sites antigéniques -. Ces sites sont précisément « préparés » par les cellules
présentatrices de l’antigène, que nous avons citées plus haut et qui se situent principalement au niveau des premières barrières de l’organisme : la peau et les muqueuses. Les cellules
présentatrices de l’antigène font en sorte de fragmenter l’antigène et de l’associer à des acides aminés, réalisant ainsi un complexe identifiable par les lymphocytes T.
Ensuite, il existe deux types d’immunité acquise qui agissent lors d’une agression de l’organisme, l’immunité à médiation humorale et
l’immunité à médiation cellulaire.
L’immunité à médiation humorale :
Mécanisme complexe et fortement interactif, reposant principalement sur l’action des lymphocytes B qui, reconnaissant
directement l’antigène, se multiplient et produisent les anticorps nécessaires à l’action immunitaire et à la destruction des cellules, bactéries ou toxines porteuses de cet antigène
étranger.
Les lymphocytes T sont également sollicités, et renforcent l’action immunitaire des lymphocytes B par le biais des cellules
présentatrices de l’antigène et de différents processus faisant intervenir les cytokines et le système du complément.
Remarque : Le prélèvement de sérum sanguin sur un individu ayant produit des anticorps contre une affection particulière, et transmis à une autre
personne, permet de transmettre également une immunité très temporaire (plusieurs jours à plusieurs semaines maximum) au receveur, dénommée également immunité passive. C’est le principe de
la sérothérapie.
L’immunité à médiation cellulaire :
Contrairement à l’immunité humorale, qui s’attaque aux cellules porteuses d’antigènes étrangers par l’extérieur, par l’intermédiaire
des anticorps produits par les lymphocytes B, l’immunité cellulaire agit à l’égard des antigènes intracellulaires, et détruit les cellules déjà infectées. Cette action est réalisée par
les lymphocytes T4 et T8, toujours grâce aux cellules présentatrices de l’antigène et aux cytokines, et par les cellules NK.
Ce mécanisme – complexe et que je ne détaillerai pas - intervient surtout lors d’infection virales. Le fait d’éliminer les
cellules déjà infectées par le virus, l’empêchant par là-même de se reproduire grâce à l’ADN de ces cellules, est primordial pour enrayer l’extension de l’infection.
Arrêt de la réaction immunitaire
Enfin, après la bataille gagnée, il est bien entendu indispensable que cessent ces réactions immunitaires, tant humorales que
cellulaires, sous peine de dégâts collatéraux pour l’organisme. Pour ce faire, la production d’anticorps diminue petit à petit à mesure que diminue la fréquence de « rencontre » avec
les antigènes étrangers, pour cesser entièrement quant toute menace est écartée. Les lymphocytes T suppresseurs interviennent dans ce processus, mais on ne sait pas encore exactement par quel
biais ils agissent.
La mémoire immunitaire
Le système immunitaire conserve donc en mémoire, pour utilisation ultérieure, les informations nécessaires à son plan de bataille
lors d’une prochaine agression par un antigène identique. C’est pour cela que certaines maladies sont dites « immunisantes » et qu’on ne peut les attraper deux fois.
Comment exactement sont stockées et rappelées ces informations, les immunologistes ne s’accordent pas encore tout à fait à ce sujet,
certains pensant que la mémoire repose sur certains lymphocytes spécifiques à grande longévité , et d’autres privilégiant l’hypothèse que le système immunitaire dans son ensemble est capable de
conserver la mémoire de l’agression.
Toujours est-il que cela fonctionne, c’est le principal :-)
Les « déviances » immunitaires
Je ne serais pas complète si je ne parlais pas également des différents problèmes pouvant survenir dans ces mécanismes immunitaires et en affecter la fonction
principale, qui est de protéger l’organisme des agressions étrangères.
L’immunodéficience
Pour des raisons congénitales ou acquises, le système immunitaire peut ne pas ou ne plus pouvoir mettre en place ses processus de défense, que ce soit au niveau de
la production d’anticorps, de phagocytes ou autre. Il se trouve alors incapable, ou en tout cas fortement empêché, de faire face efficacement à une agression extérieure.
L’hypersensibilité et l’allergie
L’hypersensibilité peut prendre plusieurs formes, que l’on classifie en 4 types. Le type le plus connu étant le type 1, celui des allergies. En font partie toutes
les réactions atopiques, les asthmes, eczémas, urticaires, allergies alimentaires ou médicamenteuses, « rhume de foins » etc …, qui dans leur manifestation paroxystique peuvent aller
jusqu’au choc anaphylactique et à la mort.
Certains antigènes de notre environnement (poussière, aliments, pollen …) provoquent lors d’un premier contact une hypersensibilité de l’organisme – non régulée et
non contrôlée comme elle devrait l’être par notre organisme - et la production d’IgE (anticorps ou immunoglobulines de type E). Lors d’un contact ultérieur avec la même substance, les IgE
vont causer la libération d’une substance nommée histamine et déclencher une réaction inflammatoire plus ou moins importante au contact de ces antigènes normalement
« inoffensifs ».
Les phénomènes d’allergie et la production d’IgE sont en outre soumis en partie à des caractéristiques transmises génétiquement.
Les maladies auto-immunes
On désigne sous ce terme le fait que le système immunitaire se retourne contre l’organisme qu’il est censé défendre (il fabrique des auto-anticorps), causant par là
des maladies spécifiques à certains organes ou des maladies systémiques affectant l’ensemble du corps et causant des réactions inflammatoires diffuses et généralisées.
Cette déviance dans le fonctionnement du système immunitaire peut être imputée à l’accumulation et au dépôt dans l’organisme de complexes dits
« auto-immuns », c’est-à-dire à des associations antigène+anticorps consécutives à une réaction immunitaire. Ces complexes sont normalement détruits, mais parfois il arrive qu’ils ne le
soient pas et déclenchent, à l’endroit de leur accumulation, une réaction inflammatoire qui peut détruire les tissus.
Parfois également, il existe une « ressemblance » entre un antigène étranger et une molécule de l’organisme, causant une confusion dans la réponse
immunitaire, qui se dirigera non seulement contre l’antigène étranger, mais également contre le constituant de son propre organisme.
Les maladies auto-immunes ont fréquemment une origine génétique, mais sont également fortement tributaires du statut hormonal (les femmes y sont beaucoup plus
sujettes que les hommes), des conditions environnementales, et de l’exposition à certaines substances pouvant altérer nos tissus et causer une confusion dans notre réponse immunitaire (nous y
reviendrons concernant – vous l’avez deviné – les vaccins).
F. Jeurissen
Références ayant servi à rédiger cet article :
Vaccinations, les vérités indésirables, Michel Georget, Dangles 2000
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